MATTEUCCI Louis, Dominique

Par Jacques Girault

Né le 1er juillet 1895 à Bastia (Corse), mort le 9 décembre 1967 à Toulon (Var) ; ouvrier à l’Arsenal maritime de Toulon ; militant socialiste SFIO ; président du Comité local de Libération de Villecroze (Var).

Son père, Auguste Matteucci (Bastia, 30 janvier 1871-Toulon, 23 février 1956), travaillait comme mécanicien à Bastia à la fin du XIXeme siècle, puis entra comme ouvrier à l’Arsenal maritime de Toulon et termina sa carrière comme agent technique. Militant socialiste SFIO, il avait dix enfants. L’un d’entre eux mourut dans les combats de la Première Guerre mondiale et son nom fut donné à une place de Toulon, « Place boyscout Pierre Matteucci ». Plusieurs autres fils appartinrent au Parti socialiste SFIO à partir des années 1930. Auguste Matteucci fit partie des bureaux de plusieurs réunions socialistes dans les quartiers Est de Toulon et présidait, à la fin les années 1930, le comité d’intérêt local du quartier de la Serinette où il demeurait. Selon des rapports de police, anglophile, il était partisan du Maréchal Pétain en 1940.

Un de ses fils, Louis Matteucci s’engagea pendant la Première guerre mondiale. Marié en août 1919 à Marseille (Bouches-du-Rhône), il habitait le quartier du Port Marchand à Toulon et travaillait à l’Arsenal maritime comme ouvrier électricien. Adhérent au Parti socialiste SFIO en 1925, franc-maçon, il participa en 1932 au comité central qui soutenait le candidat socialiste SFIO aux élections législatives. En novembre 1933, il décida de rester à la SFIO lors de la scission. Avec un de ses frères, habitant du quartier de Siblas, adhérent des Jeunesses socialistes SFIO, il participa comme délégué au congrès de reconstitution de la fédération socialiste SFIO, le 3 décembre 1933. Membre du bureau de la sous-section des Vieux-Quartiers, régulièrement militant dans les comités électoraux socialistes SFIO, à partir de 1936, il siégea au conseil d’administration de la section de Toulon puis, en décembre 1937, exerça la responsabilité de trésorier adjoint du comité local de Front populaire tout en figurant parmi les responsables de l’Amicale socialiste de l’Arsenal et des Faucons rouges. Non membre du conseil d’administration de la section, il figura sur la liste des nouveaux élus, le 7 janvier 1938, au conseil d’administration de la section

Parti à la fin de 1940 pour Villecroze, Louis Matteucci, bien que membre de la Légion française des combattants, était surveillé puisque des réunions socialistes se déroulaient chez lui. Il fut interpellé lors de la manifestation patriotique du 14 juillet 1942, place de la Liberté à Toulon, porteur d’une cocarde tricolore. Il hébergea à Villecroze l’émetteur-radio du réseau de renseignements F2, à partir de janvier 1943. Plus tard, recherché par la Gestapo après une perquisition à son domicile, le 15 mars 1944, il échappa à l’arrestation, le 10 juin, et gagna le maquis CFL Vallier où il combattit jusqu’à la fin de la guerre. Il présida le comité local de Libération de Villecroze et fit partie de la délégation municipale chargée d’administrer cette commune. Après la guerre, il militait dans la section socialiste SFIO de Draguignan.

Son frère, Dominique Matteucci travaillait à l’Arsenal. Retraité, il devint employé comme photographe de l’agence toulonnaise pour la région dans les années 1930. Militant socialiste SFIO, il participa activement à la Résistance de l’édition toulonnaise. « Combattant volontaire de la Résistance », sur la liste « d’action municipale républicaine et socialiste » pour les élections municipales de Toulon, le 22 mai 1955, il obtint 9 355 voix et signes préférentiels sur 68 767 inscrits.

Un autre frère, Louis, Laurent, François Matteucci, né le 19 mai 1901 à Toulon, ouvrier électricien à l’Arsenal, se maria en janvier 1926 à Toulon avec la fille d’un mécanicien-pompier. Divorcé, il se remaria en décembre 1931 à Villecroze (Var). Il habitait le quartier Besagne et participait aux activités de la section socialiste SFIO. Lors de l’élection municipale complémentaire du 22 novembre 1936, il fut accusé d’avoir brutalisé le président du bureau de vote de l’école Rouvière à Toulon. Il décéda le 7 janvier 1972 à Tourrettes (Var).

Se confondaient-ils avec le secrétaire de la section socialiste SFIO de Besse (Var) et 1957 prénommé Louis, l’année suivante ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121109, notice MATTEUCCI Louis, Dominique par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 12 mai 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13085. — Arch. Dép. Var, 4 M 49, 50, 59 3, 59 4 4, 6 M 18 8, 18 M 21, 31. — Arch. privées : Julien Sauli. — Arch. Jean Charlot (Centre d’histoire sociale du XXeme siècle). — Presse locale. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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