MAUGÉ Alexandre, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 7 août 1886 à Saint-Célerin (Sarthe), mort le 17 juillet 1960 à Lombron (Sarthe) ; cultivateur ; maire socialiste de Lombron ; militant de la Confédération générale des paysans travailleurs.

Fils et petit-fils de cultivateurs, tous deux anciens maires de Lombron, Alexandre Maugé, ancien prisonnier de guerre, exploitait une ferme de vingt hectares dans cette commune. Conseiller municipal depuis le 30 mars 1924, il devint maire le 19 mai 1935. La Fédération socialiste de la Sarthe le présenta au conseil d’arrondissement dans le canton de Montfort-le-Rotrou en octobre 1931, puis au conseil général en octobre 1934 et octobre 1937. Il fut candidat aux élections législatives du 1er mai 1932 dans la deuxième circonscription du Mans où il recueillit 2,2 % des voix des électeurs inscrits et aux élections sénatoriales du 20 octobre 1935.

Alexandre Maugé fut un des rares paysans socialistes à militer, non à la Confédération nationale paysanne, mais à la Confédération générale des paysans travailleurs dirigée par des communistes. Délégué par des cultivateurs de son canton au congrès de la CGPT, tenu les 9 et 10 janvier 1937 à Montluçon (Allier), il déclara : « Étant du Parti SFIO, les représentants de la Confédération nationale paysanne lors de la fondation de leur organisation m’ont fait parvenir leurs statuts. Il m’a paru abusif et exorbitant de leur part d’exiger comme condition de l’unité paysanne l’exclusion de la direction de notre mouvement paysan des camarades détenant un mandat parlementaire. Quand on voit ces camarades défendre à la commission de l’Agriculture avec tant de ténacité, de sincérité, de compétence, les revendications agricoles, on ne peut admettre ce point de vue » (l’UOP, 12 février 1937). Le IVe congrès national de la CGPT, réuni à Brive (Corrèze) les 5 et 6 mars 1939, élut Mauger vice-président. Il est identifié à tort par Philippe Gratton avec Hippolyte Mauger. Il s’agit vraisemblablement d’Alexandre Maugé.

L’administration de Vichy le déchut de ses fonctions de maire pour refus de signature d’un document attestant qu’il n’avait jamais appartenu à une société secrète. Dès la libération de Lombron le 8 août 1944, Maugé fut désigné comme maire et président du comité cantonal de Libération. Trois mois plus tard, il fut à nouveau déchu et accusé d’avoir signalé fin 1940 à l’autorité d’occupation les évasions de prisonniers français présents sur sa commune. L’enquête ne put rien prouver. Les conseillers et le personnel municipal jugeant ces accusations calomnieuses démissionnèrent. La population de Lombron élut Alexandre Maugé comme premier magistrat municipal à une très forte majorité, le 18 mai 1945. Il cessa ses fonctions pour raisons de santé le 19 mars 1959. Entré au conseil général avec l’étiquette de socialiste indépendant le 30 septembre 1945, réélu à deux reprises, il démissionna le 21 février 1960.

En 1952, Maugé avait participé au congrès mondial de la paix tenu à Vienne (Autriche). Il organisa de nombreuses conférences à son retour. Resté un syndicaliste paysan actif, il était délégué cantonal de la Confédération générale paysanne et membre du bureau départemental de la Fédération des syndicats d’exploitants. Le ministère de l’Agriculture le nomma chevalier du Mérite agricole le 4 août 1947 et lui fit décerner la Légion d’honneur l’année suivante.

Marié en 1909 et 1926 dans sa commune natale, Alexandre Maugé y fut enterré civilement le 20 juillet 1960.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121142, notice MAUGÉ Alexandre, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 24 mai 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : La République sociale de l’Ouest, 1931-1937. — L’unité ouvrière et paysanne de la Sarthe, 12 février 1937. — Presse locale, 1960. — Philippe Gratton, Les Paysans français contre l’agrarisme, 1972, p. 207-209. — Renseignements recueillis par Michel Dumont, secrétaire de la mairie de Lombron.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément