MAULANDI Louis, François

Par Dominique Olivesi, Marcel Veran

Né le 25 février 1882 à Gorbio (Alpes-Maritimes) ; mort le 19 février 1978 à Embrun (Hautes-Alpes) ; instituteur dans les Alpes-Maritimes ; pionnier du syndicalisme enseignant ; militant socialiste puis communiste.

Louis Maulandi naquit dans une famille paysanne qui tenait aussi un café. Il sortit de l’École normale d’instituteurs de Nice en 1902, en pleine affaire Dreyfus, et participa dans le climat particulier de l’époque à la création d’une section de la Ligue des droits de l’Homme à Menton. En 1903, il entra à l’Amicale de l’enseignement primaire laïque et adhéra au socialisme. Il fit ses premières armes de militant politique aux côtés de Paul Vidal qui lui présenta, en 1905, Marcel Cachin, de passage sur la Côte d’Azur.

Louis Maulandi contribua en 1907 à la naissance de la première Fédération syndicale des instituteurs (CGT) en France et se trouva à compter de cette date étroitement mêlé à l’activité de cette organisation. Il fut ainsi délégué au congrès national de Marseille en 1911. En 1913, conseiller municipal SFIO de Gorbio, il mena ouvertement campagne contre le maintien de la classe libérable sous les drapeaux. L’inspecteur d’académie à cette occasion lui infligea une réprimande. La même année, il épousa Mademoiselle Cauvin, institutrice à Nice. Ils eurent deux enfants.

Mobilisé en 1914, il fit toute la guerre et la termina avec le grade d’adjudant. Il fut signalé blessé et prisonnier de guerre par un bulletin de l’Amicale des instituteurs des Alpes-Maritimes en 1918. Pendant les années 1920, il prolongea son engagement à la CGTU et au Cartel des services publics où il occupa des postes de responsabilité (secrétaire au milieu des années 1920).

Au plan politique, il se déclara, au moment du congrès de Tours de 1920, partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale. Il prit la carte du Parti communiste en 1921 et la renouvela chaque année jusqu’à la fin de sa vie. À l’époque où se dessinait le Front populaire, Louis Maulandi, pourtant proche de la retraite, resta très présent sur le terrain des luttes syndicales. Le 12 février 1934, il versa sa journée de salaire au profit de la grève et en juin de la même année fut inculpé pour outrage à agent lors d’une manifestation contre les camelots du Roi. Relaxé par le tribunal de Nice, il fit néanmoins l’objet, au début de l’année 1935, d’un échange de lettres entre le préfet, l’inspecteur d’académie et le ministre de l’Éducation nationale. Après 1936, il fut un des créateurs de l’Azuréenne, ancêtre de la mutuelle assurance-élèves (MAE). Membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, il faisait partie en 1937 de la commission des affaires corporatives.

Un rapport de police, le 7 février 1940, notait au sujet de ce « communiste militant de la première heure » qu’il était « resté fidèle à son Parti, mais n’a plus fait montre d’activité depuis la dissolution du Parti ». Mis à la retraite d’office, il protesta dans une lettre à l’inspecteur d’Académie, le 1er avril 1940, en indiquant qu’il n’appartenait à aucun parti et à aucun syndicat, étant seulement membre de la Ligue des droits de l’Homme et de l’Association républicaine des anciens combattants. À propos du pacte germano-soviétique, « pierre de touche pour juger si l’on doit être classé suspect », il précisait : « Si dans la guerre actuelle les dirigeants russes sont avec Hitler, ils trahissent le peuple de leur pays, ils trahissent aussi tous ceux qui dans le monde avaient les yeux fixés avec sympathie vers l’URSS. »

Ayant conservé une étonnante vigueur malgré son âge avancé, Louis Maulandi défilait encore à quatre-vingt-dix ans passés, sous les banderoles du SNI au début des années 1970, surtout lors de la fête du 1er Mai. Accidenté en 1976, il se retira dans les Hautes-Alpes. Sans avoir rien perdu de son tempérament contestataire ni rien renié de sa fibre farouchement pacifiste, il dénonçait le 12 août 1977, le revirement du PCF sur la question de la force de frappe française, menaçant même de donner sa démission ! Il mourut quelques mois plus tard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121159, notice MAULANDI Louis, François par Dominique Olivesi, Marcel Veran, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Dominique Olivesi, Marcel Veran

SOURCES : Arch. Dép. Alpes-Maritimes, PC 1/18, série T. — Archives M. Veran et Virgile Barel. — L’Amicale. — Notre Arme. — Note de Louis Fiori.

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