MAURICE Jean [Rouen]

Par Marcel Boivin, Claude Pennetier

Né le 8 septembre 1898 à Plouézoch (Finistère), mort le 15 février 1943 à Auschwitz ; employé des douanes puis cafetier ; militant syndicaliste et communiste de Rouen (Seine-Inférieure).

Jean Maurice dans son dossier du Komintern
Jean Maurice dans son dossier du Komintern

Fils d’un matelot des douanes et d’une petite commerçante catholique pratiquante, Jean Maurice suivit l’école primaire jusqu’à douze ans et obtint le CEP. Timonier breveté de la marine, réformé définitif, il adhéra au Parti communiste en 1924 et fonda la cellule des douanes. Membre du syndicat CGTU des douanes actives de Rouen (Seine-Inférieure), il fut mis en disponibilité au mois de février 1928. Il acheta alors un café place Carnot à Rouen, tout en continuant d’exercer une intense activité syndicale. Il adhéra au comité des « 22 » pour l’indépendance du syndicalisme dès novembre 1930, mais l’année suivante, rejoignit les rangs de la majorité unitaire qui combattait cette initiative (il ne fit pas allusion à cet épisode dans son autobiographie de 1938). Il subit une sanction disciplinaire dans le cadre des douanes en 1931 : une mise à disposition, pour son action syndicale. Il démissionna des douanes en 1934.

Il cessa de militer au Parti communiste entre 1931 et 1937 pour raison de santé dit-il, car il souffrait d’une infection pulmonaire et fit un séjour en Auvergne. Il fut cependant, en 1930, secrétaire départemental du Secours rouge "avec le camarade Pitel, après la liquidation de Caruel Victor Caruel".

Son métier de cafetier le mettant en rapport avec les mariniers (le cas n’est pas unique) l’Union départementale CGT le chargea, en 1936, de réorganiser, avec Jean Jolly, ancien "minoritaire" et ami de Victor Engler, le syndicat de la Marine fluviale dont il fut élu trésorier général (appointé) l’année suivante ; à partir de 1938, il cumula cette fonction avec celle de secrétaire adjoint de l’Union locale de Rouen. Il créa la cellule communiste des mariniers en janvier 1937 et siégea au comité régional en 1938.

Jean Maurice milita au comité de défense du petit commerce et de l’artisanat.

Dans son autobiographie de 1938 pour la commission des cadres, il se rappelait qu’à l’époque du groupe Barbé-Celor il avait "suivi la ligne quoique à ce moment nous étions à Rouen entouré d’éléments de ce groupe à la tête de la région (André Trouillard, Odette Brière). Il se réclamait de Jean Pasqualini et de Charles Delval.


Il s’était marié en février 1922 dans sa commune natale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Maurice fut déporté et mourut le 15 février 1943 à Auschwitz.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121225, notice MAURICE Jean [Rouen] par Marcel Boivin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 avril 2019.

Par Marcel Boivin, Claude Pennetier

Jean Maurice dans son dossier du Komintern
Jean Maurice dans son dossier du Komintern
Fiche d'évaluation de son autobiographie de 1938
Fiche d’évaluation de son autobiographie de 1938
RGASPI 495 270 4173

SOURCES : RGASPI, 495 270 7373, autobiographie 1938, classé A, 3 pages. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 1 MP 570. — Arch. Com. Rouen, réunions syndicales de 1926 à 1934. — St. Courtois, La Politique du PCF et ses aspects syndicaux, op. cit. — État civil.

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