MAZLIAK Michiel (ou Michel), dit FÉLIX

Par Jean-Michel Brabant

Né en 1900, mort en 1943 ; ouvrier fourreur ; militant des groupes juifs communistes de Paris ; oppositionnel trotskyste.

Émigré polonais, arrivé en France vers 1924, Michiel Mazliak participa à la fin des années vingt à l’animation des groupes juifs du Parti communiste. Exclu du PC à la conférence de Belleville (31 janvier-1er février 1928), il rejoignit le journal oppositionnel Contre le courant, dirigé par Maurice Paz (voir ce nom), et devint membre du comité de rédaction à partir de février 1929. Il y écrivit quelques articles jusqu’à la disparition de cette revue, à l’automne 1929. Après avoir collaboré quelques semaines au journal le Libérateur, qui succéda à Contre le courant, Félix rompit avec le groupe de Maurice Paz au début de 1930, en dénonçant son dilettantisme et se rallia à la Ligue communiste qui regroupait les partisans de Trotsky.

Dirigeant du groupe juif de la Ligue, il s’occupa de la publication du journal die Klorkejt et devint membre de la commission exécutive de l’organisation, en janvier 1931. Il fut réélu lors de la conférence nationale d’octobre. Durant cette période, il donna quelques articles à la Vérité, organe de la Ligue, traitant de la situation économique, de la main-d’œuvre étrangère ou portant sur la question syndicale. Il défendit, à ce sujet, la perspective d’un congrès de fusion syndicale entre la CGT et la CGTU

Après avoir soutenu « l’aile marxiste », tendance dirigée par Pierre Frank et Raymond Molinier (voir ces noms), devenue majoritaire au début de 1931, il s’en sépara par la suite. Le 18 août 1931, il écrivit une lettre à Alfred Rosmer pour l’informer de cette rupture. Félix fut alors accusé par Léon Trotsky de transformer le groupe juif en véritable fraction et de vouloir faire de la Ligue une fédération de groupes nationaux. S’opposant à Albert Treint qui venait d’adhérer à la Ligue, il quitta la commission exécutive au début de 1932. Finalement, en mai 1933, il démissionna de la Ligue pour rejoindre la fraction de la gauche communiste dont une partie fusionna, en novembre 1933, avec un groupe issu de la Ligue, pour former l’Union communiste. Félix milita, vraisemblablement jusqu’en 1939, dans cette organisation

Arrêté pendant la rafle du Vélodrome d’hiver en 1942, il fut exécuté à son arrivée en Allemagne. (Voir M. Mill, Élie Rösijansky, Paul Walfisz, Tchernobelsky).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121412, notice MAZLIAK Michiel (ou Michel), dit FÉLIX par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean-Michel Brabant

SOURCES : Contre le courant, 1929. — Le Libérateur, 1929. — La Vérité, 1930 et 1931. — Léon Trotsky, « Difficultés internes de la LC française », 5 septembre 1931, in Writings of Leon Trotsky (1930-1931), New York. — G. Vereeken, La Guépéou dans le mouvement trotskyste, Paris, 1975. — Coudène, Joubert, Revol, Trotsky, l’opposition de gauche et le GBL en France (1929-1936), Mémoire de Maîtrise, Grenoble, 1968. — R. Hirsch, Le Mouvement trotskyste en France de 1929 à 1933, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974.

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