MERCIER André, François, Arsène

Par Claude Pennetier

Né le 7 juillet 1901 à Paris (XVIe arr.), mort le 22 novembre 1970 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ; secrétaire du syndicat CGTU des Hôtels, Cafés, Restaurants et Bouillons de la Seine ; député communiste de Paris (IIIe arr.) en 1936, de l’Oise de 1945 à 1958 ; participa le 27 mai 1943 à la première réunion du Conseil national de la Résistance.

André Mercier
André Mercier

Fils d’un cocher de fiacre et d’une cuisinière et couturière, André Mercier obtint le certificat d’études, fit un an de cours complémentaire et bien qu’ayant obtenu une bourse pour entrer à l’École Colbert, il débuta en août 1915 dans l’industrie hôtelière comme garçon de restaurant puis devint limonadier-restaurateur. A partir de 1928-1929, il se révéla militant politique (adhésion en janvier 1929) et surtout syndical. Deux de ses frères étaient membre du Parti communiste : l’un dirigeait une section de l’ARAC à Paris et l’autre le mouvement des chômeurs.

En 1928, il adhéra au syndicat CGTU des Hôtels, Cafés, Restaurants et Bouillons de la Seine dont il devint, en 1931, trésorier. A l’issue du congrès d’avril 1933, il entra à la commission exécutive de la Fédération unitaire des travailleurs de l’Alimentation dont il devint peu après secrétaire général. Permanent jusqu’à la réunification syndicale en janvier 1936, il n’appartint plus ensuite qu’au bureau de son syndicat. En janvier 1938, il fut désigné comme secrétaire à la propagande et, trois mois plus tard, fit partie de la commission exécutive de l’Union départementale de la région parisienne.

Conjointement, André Mercier avait adhéré au 1er rayon du Parti communiste et s’était présenté en 1929 aux élections municipales dans le quartier de Port-Royal. Secrétaire depuis 1931 avec Jean Chauvet et Raymond Baudin du Secours rouge international, il s’occupait principalement du service juridique, de l’émigration et des groupes d’enfants. En 1931, il rendit quelques services à Maurice Tréand pour l’organisation de réunions avec des militants illégaux. Membre du rayon du Xe arrondissement où il habitait, il se représenta en 1935 aux élections municipales mais, cette fois, dans le quartier des Enfants-Rouges (IIIe arr.) et brigua un siège au conseil général dans la deuxième circonscription de Sceaux (Seine, Hauts-de-Seine). Candidat aux élections législatives en mai 1936, il obtint au premier tour 4 147 voix sur 15 488 votants et 17 273 inscrits et fut élu au second tour, battant Gignoux, président de la Confédération générale du patronat français. À la Chambre, il appartint aux commissions du Travail, du Commerce et de l’Industrie. En novembre 1938, il entra au comité régional de Paris-Ville du Parti communiste.

Mobilisé en 1939 comme infirmier à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine), André Mercier vint assister le 9 janvier 1940 à l’ouverture de la session parlementaire. Ayant refusé comme son ami Charles Michels, Fernand Grenier et Raymond Guyot de se lever pour saluer avec les autres députés « les armées de la République », il fut expulsé et déchu de son mandat. Démobilisé en octobre 1940, il entra alors dans la clandestinité. En 1941-1942, il était responsable du Parti communiste clandestin parmi les petits commerçants. Pendant le premier semestre 1943, il fut chargé des négociations avec les envoyés du général de Gaulle (Passy, Brossolette*, Moulin*) et participa le 27 mai 1943 à la première réunion du Conseil national de la Résistance au 48 rue du Four. Après un passage à Londres, il gagna Alger où il siégea, dès sa constitution en novembre 1943, à l’Assemblée consultative provisoire dont il fut le vice-président.

Après la Libération, Mercier fut réélu vice-président de l’Assemblée nationale constituante, fonction qu’il conserva en 1952 et 1955 à l’Assemblée nationale. Il fut élu député communiste de l’Oise de 1945 à 1958. Il fut également conseiller municipal de Creil.

Marié en 1928 à Paris (XVIIIe arr.), André Mercier était titulaire de la rosette de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121704, notice MERCIER André, François, Arsène par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 21 décembre 2018.

Par Claude Pennetier

André Mercier
André Mercier
André Mercier, Charles Michels et leurs épouses
André Mercier, Charles Michels et leurs épouses
André Mercier (à gauche) au mariage de Claude Darracq et Norbert Gentil (enfants de fusillés), à droite Claude Marty
André Mercier (à gauche) au mariage de Claude Darracq et Norbert Gentil (enfants de fusillés), à droite Claude Marty
Le 30 décembre 1961 à la mairie du IVe arrondissement de Paris, rue Lobau

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 22. — Arch. Jean Maitron, fiche Batal. — Arch. PPo. 300. — Bulletin d’information du SRI, juin 1932. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit.Dictionnaire des parlementaires français, t. 7. — S. Courtois, La politique du PCF et ses aspects syndicaux 1939-1944, op. cit.Le Monde, 24 novembre 1970.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément