MÉRIGNAT Joseph, Alexandre

Par Jean-Louis Broilliard, Jacques Girault, Michel Thébault.

Né le 4 février 1904 à Aubusson (Creuse), mort en déportation le 29 avril 1944 à Mauthausen (Autriche) ; instituteur à Aubusson ; militant socialiste ; résistant Libération – Sud puis MUR-AS.

Joseph Mérignat était le fils de François Mérignat, âgé de 28 ans à sa naissance, teinturier et d’Alice Marie Lemeunier âgée de 23 ans, ouvrière en tapisserie, domiciliés 11, rue Sarrazine. Ses parents exerçaient des professions caractéristiques de la classe ouvrière aubussonnaise. Entré à l’École Normale de Guéret, Joseph Mérignat devint instituteur. Il se maria le 21 septembre 1926 à Janaillat (Creuse) avec une institutrice Georgette Maria Côme, originaire de Janaillat (Creuse).
Secrétaire de la section socialiste SFIO d’Aubusson, il participa au congrès de la Fédération SFIO de la Creuse, le 19 avril 1931. Il s’abstint de voter le rapport moral s’estimant « insuffisamment informé ». Membre du comité de direction de La Creuse syndicaliste, il s’occupa du fichier du mensuel qui devint le journal de la Ligue antifasciste, puis du Front populaire.
Comme beaucoup d’instituteurs, il avait suivi durant ses années D’École Normale la Préparation militaire supérieure permettant de devenir durant son service militaire officier de réserve. Promu au grade de sous-lieutenant durant son service national, il avait accédé au grade de lieutenant de réserve. Réformé en 1935 pour cause de diabète, il ne fut pas mobilisé en septembre 1939. Il était alors avec son épouse, instituteur à Aubusson. Acquis rapidement à l’idée de résistance, il fut un opposant au régime de Vichy. Le 18 août 1941, le comité aubussonnais de la Légion des Combattants adressa au préfet de la Creuse un rapport pour s’opposer à la nomination de Joseph Mérignat comme directeur de l’école de garçons de la rue Châteaufavier (cité par Robert Petit op. cit.). Il y était accusé de refuser de lire les appels du maréchal Pétain aux élèves et de refuser d’organiser les collectes pour le Secours National.
Il fit partie à Aubusson du groupe appelé le « groupe du café du commerce ». Ce café tenu dans les années 40 par un ancien adjoint au maire d’Aubusson, François Chevalier, membre comme lui de la SFIO, devint un foyer de résistance spontané regroupant en particulier des représentants de la gauche aubussonnaise. Le groupe s’occupait essentiellement de propagande (distribution de tracts et de journaux clandestins, comme Combat) et s’affilia à Libération-Sud. Au début 1944, Joseph Mérignat était chef de secteur de l’Armée Secrète. La résistance fut active à Aubusson mais dut subir une répression féroce : entre le 21 février 1943 et le 23 mars 1944 six rafles successives entraînèrent l’arrestation de 68 personnes. Le 20 février 1944 une rafle organisée sous l’autorité de la SIPO-SD entraîna l’arrestation de Joseph Mérignat et de 12 autres personnes. Après avoir connu la prison à Limoges puis la détention à Compiègne, il en fut déporté vers Mauthausen, par le convoi du 22 mars 1944 (I.191). Privé des soins nécessaires à sa maladie (diabète), il y mourut vraisemblablement le 29 avril 1944.
Il obtint les mentions mort pour la France et mort en déportation (arrêté du 28 juillet 1995). Son nom est inscrit à Aubusson sur le monument aux morts et sur le monument de la déportation. Il figure également sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121778, notice MÉRIGNAT Joseph, Alexandre par Jean-Louis Broilliard, Jacques Girault, Michel Thébault., version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 mai 2018.

Par Jean-Louis Broilliard, Jacques Girault, Michel Thébault.

SOURCES : La Creuse socialiste, 2 mars 1946. — L’Action laïque creusoise, avril 1946. — Le Populaire du Centre, 1946. — Syndicalisme et enseignement, bulletin de juillet 1945. — "Ceux qui ne sont pas revenus", suppl. au Bulletin syndical de l’enseignement. — Jules Fourrier, Graine rouge, p. 144. — Témoignages de Jean Chareille et de Georgette Mérignat — Fondation pour la mémoire de la Déportation. — Robert Petit La collaboration, la Résistance et l’épuration à Aubusson (1940 – 1945) Ed. Alice Lyner 2013 — Mémorial genweb — État civil.

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