MERMET Jules

Par Yves-Claude Lequin

Né le 27 octobre 1867 à Villard-Saint-Sauveur (Jura), mort le 30 décembre 1957 à Saint-Claude ; diamentaire ; maire socialiste de Saint-Claude.

Fils d’un ouvrier diamantaire libre penseur, Jules Mermet, dit « Magistrat », frère d’Alfred Mermetet de Félix Mermet , fut lui-même diamantaire. En 1885, il devint trésorier de son syndicat (le premier de la ville) puis secrétaire à partir de 1889. Délégué pour faire partie de la liste du Cercle démocratique établie pour les élections de 1889, il fut pour la première fois élu conseiller municipal de Saint-Claude et réélu en 1892. Alors radical, il devint peu après socialiste mais ne fut pas réélu lors des élections partielles de 1893. La même année, il fut l’un des fondateurs du Cercle du travail de la ville. Il entra au conseil d’administration de la coopérative d’alimentation « La Fraternelle », base du mouvement coopératif sanclaudien et y demeura sa vie durant. En 1896, il fut l’un des fondateurs de la coopérative « Le Diamant » qu’il représenta en 1899 à Anvers pour négocier les diamants bruts. En 1901, en raison de sa mauvaise vue, il abandonna son métier d’origine, pour ouvrir une librairie. Dès lors son activité syndicale, déjà intermittente, prit fin.

En 1908, il entra pour la seconde fois au conseil municipal de sa ville, comme élu socialiste, mais ne fut pas réélu en 1912. C’est en décembre 1919 qu’il y retrouva son siège pour la troisième fois mais en compagnie d’une majorité de socialistes. Henri Ponard élu maire, Jules Mermet en fut le premier adjoint, faisant fonction de maire à partir de 1924 après l’élection de son ami comme député. Il le devint officiellement le 10 mai 1928 après la mort de celui-ci. C’est à cette époque également qu’il effectua un long voyage aux États-Unis et au Canada pour essayer de promouvoir dans ces pays le commerce de la pipe. Cette industrie, vitale pour Saint-Claude, entrait en effet dans une période difficile. Jules Mermet conserva ses fonctions de maire jusqu’à sa révocation par le gouvernement de Vichy au cours de l’été 1940.

Ses responsabilités dans le mouvement coopératif s’étaient également élargies puisqu’il était depuis 1920 président de « La Fraternelle ». Il devait le demeurer jusqu’à sa mort. Sous l’Occupation cette coopérative fut un centre important de la Résistance dans le Haut-Jura notamment pour l’impression de journaux clandestins et pour le ravitaillement des maquis. Le 7 avril 1944, tous les employés et administrateurs de « La Fraternelle » furent arrêtés par l’armée allemande. Jules Mermet était du nombre et il fut conduit au camp de Compiègne où son fils Georges, arrêté lors de la grande rafle du 9 avril, le rejoignit bientôt. En juin 1944, Jules Mermet évita de justesse la déportation en Allemagne, les sabotages effectués par des cheminots résistants ayant empêché le départ des trains. Il fut peu après libéré par les troupes alliées.

De retour à Saint-Claude, Jules Mermet fut réinstallé maire par le comité de Libération. Il ne se représenta pas aux élections de 1945 en raison de son âge mais aussi des épreuves familiales : son fils Georges mort en déportation, sa fille aînée décédée brusquement. Il n’eut plus d’activité militante.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121840, notice MERMET Jules par Yves-Claude Lequin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 31 mai 2020.

Par Yves-Claude Lequin

SOURCES : Arch. Com. Saint-Claude, dossiers non cotés, élections municipales. — Hubert Rouger, La France socialiste, t. 3. — Le Jura socialiste, 19 juin 1920. — Martelet, Le Mouvement ouvrier à Saint-Claude de 1880 à 1914, DES Besançon, 1966. — Témoignage de sa fille.

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