MERMET Roger, Léon, Joseph

Par Yves-Claude Lequin

Né le 23 janvier 1908 à Foncine-le-Haut (Jura), mort le 19 mai 1980 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ; inspecteur de la Jeunesse et des Sports de la Jura ; résistant.

Fils de Léon Mermet, frère de Jules Mermet, Félix Mermet et Alfred Mermet , Roger Mermet, ouvrier diamantaire, avait été choisi en 1907 pour diriger la succursale de la coopérative « Le Diamant » à Foncine-le-Haut. Roger Mermet vit ses études supérieures interrompues par la tuberculose. Répétiteur au lycée de garçons de Saint-Claude (Jura) de 1926 à 1929, après son service militaire en 1930-1931, il fut répétiteur au lycée de Lons-le-Saunier de 1931 à 1938, puis fut titularisé comme professeur adjoint au même lycée.

Roger Mermet adhéra en 1927 aux Jeunesses socialistes SFIO et assura en 1932 le secrétariat des JS de Lons-le-Saunier. Syndiqué depuis 1926 à la CGT, il devint en même temps secrétaire départemental adjoint de la Fédération CGT des fonctionnaires. Il dut à nouveau interrompre ses activités en 1934-1936, pour raisons de santé ; il les reprit en octobre 1936 et fut aussitôt élu secrétaire de l’Union locale de Lons-le-Saunier puis membre du bureau de l’UD-CGT. En 1937, il participa, avec André Panouillot au lancement de « Tourisme et Vacances pour tous » qui devint, peu après, avec le concours de la CGT, un mouvement national dont l’objectif était d’organiser des séjours de vacances pour les bénéficiaires des congés payés.

Roger Mermet se maria en janvier 1930 à Champagnole (Jura) avec une couturière. Le couple eut trois enfants.

Toutes ces activités furent interrompues en 1940. Sollicité pour entrer dans des organismes vichyssois, Roger Mermet refusa mais accepta de participer à la manifestation du 1er Mai 1941 « dans le but double de rassurer Vichy et de connaître les dirigeants locaux », selon ses propres termes. Au début de 1942, il participa à la création des groupes locaux de vigilance et d’action afin d’aider à passer la ligne de démarcation. En mai 1942, Valentin Abeille, chef départemental de l’Armée secrète (mouvement « Combat ») en fit son adjoint puis son remplaçant quand il fut obligé de fuir en octobre. Dès lors, il participa à la mise en place de différents services : faux papiers, ravitaillement, préparation d’atterrissages et de parachutages dans la région. Il faillit être arrêté par la Gestapo le 25 février 1943 et prit alors le maquis où il demeura sous le nom de « Minute » ou de « Requin ». Suspendu de son poste d’enseignant le 26 mars 1943, jugé par contumace en mai 1943, condamné à la peine de mort par le tribunal d’exception de Lyon, il entra dans le directoire départemental des Mouvements unis de résistance qu’il dirigea en février 1944 (chargé du NAP, du contrôle des maquis, des services politiques et économiques) après sa désorganisation complète à la suite d’opérations de représailles ; il se chargea de le reconstituer en recrutant de nouveaux dirigeants : Briche qui le remplaça comme chef en avril 1944, Panouillot, Renaud, etc... Arrêté par les troupes d’opération contre les maquis le 8 avril, il s’échappa deux jours plus tard avant d’être remis aux occupants. Membre du comité directeur du Mouvement de Libération nationale en mai 1944, à la mi-juillet à nouveau immobilisé par la maladie, il dut être soigné dans le maquis jusqu’à la Libération. Secrétaire du Comité départemental de la Résistance, il participa au lancement de La Libre Comté et fut l’organisateur du Tribunal militaire de Molinges. Il fut candidat aux élections de l’Assemblée nationale constituante sur la liste du Mouvement de Libération nationale en 1945.

Réintégré dans l’Education nationale en septembre 1944, à partir de 1945, Roger Mermet devint inspecteur à titre provisoire des Mouvements de jeunesse et d’éducation populaire à Lons-le-Saunier, puis en 1947 directeur départemental de la Jeunesse et des sports, titularisé en 1951. Il anima la section d’athlétisme de Lons-le-Saunier. Il continua à militer comme délégué académique de son syndicat et comme socialiste jusqu’en 1972 mais refusa lui-même tout mandat électoral.

Roger Mermet fut muté au service départemental de la Seine en 1963 et prit sa retraite pour invalidité en avril 1964.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121843, notice MERMET Roger, Léon, Joseph par Yves-Claude Lequin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Yves-Claude Lequin

SOURCES : Arch. Nat., F17 28343. — Arch. Dép. Jura, M suppl. 239. — Lettres de Roger Mermet, janvier et février 1975. — André Besson, Une poignée de braves, Les nouvelles éditions jurasiennes, pp. 17 à 42 et 81 à 108 — Sites Internet des « Amis des Mermet ». — Notes de Jacques Girault.

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