MESSER Victor

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 1er septembre 1901 à Paris (Xe arr.), mort en déportation le 12 avril 1945 ; tueur aux abattoirs de La Villette ; membre de la commission exécutive de la Fédération de l’Alimentation (1936) ; journaliste à l’Humanité ; résistant.

Né de père inconnu, Victor Messer perdit sa mère alors qu’il était âgé de huit ans. Il fut alors recueilli et élevé par une tante et un oncle employé à l’octroi de Paris et demeurant à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise). Il put commencer des études primaires. Victor Messer aurait aimé entrer au Conservatoire et apprit à jouer du violon. Mais la Première Guerre mondiale le contraignit à interrompre ses études. Il travailla d’abord comme saute-ruisseau pour le compte de la banque Gravereau qui comptait des bouchers en gros parmi ses clients. Victor Messer saisit bientôt une opportunité d’entrer comme apprenti-boucher aux abattoirs de La Villette.

Appelé en 1920 au service militaire, Victor Messer fut affecté au 508e régiment de chars d’assaut. Il épousa en mai 1921 une faux-collière parisienne, Inès Gaborit. Leur fille Yvette allait naître en octobre 1921 et leur fils Jean en septembre 1922. Libéré, Messer reprit son travail aux abattoirs de La Villette. Il adhéra au Parti communiste au début de l’année 1924. Syndiqué à la CGTU, il devint secrétaire général du syndicat des Abattoirs de la Seine au moment du Front populaire et siégea au sein de la commission exécutive de la Fédération de l’Alimentation. Il effectua un voyage en Union soviétique en décembre 1936, au cours duquel il rencontra les travailleurs des abattoirs de Moscou. Par ailleurs, il était secrétaire du Club sportif des abattoirs. Fort d’une bonne éducation de base et de sa culture de militant autodidacte n’ayant jamais cessé de beaucoup lire et écrire, il entra à l’Humanité en 1937 et fut affecté à la rubrique « front du travail ». A la même époque, il était secrétaire de la section communiste de Villiers-sur-Marne.

Mobilisé en septembre 1938 comme spécialiste des chars lors du rappel des réservistes, Victor Messer fut libéré le mois suivant. Il fut remobilisé le 26 août 1939 et de nouveau envoyé à Mulhouse où il fut affecté aux abattoirs.

Fait prisonnier en juin 1940, il fut interné au stalag 2 A de Stettin (Poméranie). Ayant réussi à simuler une maladie, il fut rapatrié sanitaire en mars 1941. Il entra dans la clandestinité. Sa femme Inès et son fils Jean furent arrêtés le 9 novembre 1941. Sa femme fut détenue en France jusqu’à la Libération. Ayant appris leur arrestation, Victor Messer prit contact avec sa fille, Yvette, pour tenter d’avoir de leurs nouvelles et fut arrêté le 21 février 1942. Condamné à une peine d’emprisonnement par le tribunal de Corbeil, il fut ensuite interné au camp d’Aincourt (Seine-et-Oise) à l’issue de sa peine, puis transféré au camp de Voves (Eure-et-Loir). Il fut déporté à Neuengamme (Allemagne). Victor Messer mourut d’épuisement le 12 avril 1945 alors que le camp venait être libéré.

Le Réveil du Val-de-Marne du 22 juillet 1977 signala le décès de sa fille, Yvette Blampain à 56 ans.

Son fils, Jean Messer, (1922-2014), fut un militant communiste déporté.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121908, notice MESSER Victor par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 mars 2016.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : RGASPI, 495 270 4307, Paris 24 septembre 1937, classé A. — Arch. PPo. 89. — Archives de l’Humanité. — Entretien avec Jean Messer. — État civil.

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