MÉTAY Louis, Joseph, Emile

Par Florence Regourd

Né le 12 septembre 1892 à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée), mort le 5 juillet 1978 à Cugand (Vendée) ; instituteur en Vendée ; militant syndicaliste du SNI ; militant socialiste.

Fils d’Émile, Jacques Métay, instituteur public à Saint-Aubin-les-Ormeaux, lui-même fils d’instituteur, Louis Métay naquit chez les parents de sa mère, Marie, Marguerite Prospéro, sans profession.

Il devint instituteur. Classe 1912, il fut réformé mais rappelé au début 1915 dans la 11e section d’infirmiers. Il passa en 1916 dans une unité de génie comme sapeur télégraphiste radio, alla sur le front d’Italie jusqu’en 1918 et ne fut démobilisé qu’en juillet 1919, avec une citation et la Croix de guerre.

Il se maria le 25 juin 1918 à Champagné-les-Marais (Vendée), avec Louise Bouin, institutrice.

En 1927, Louis Métay fut élu au conseil syndical départemental du Syndicat national des instituteurs(CGT) de Vendée et devint secrétaire rédacteur du Bulletin. Parallèlement, il militait au Parti socialiste SFIO ; il intervint au nom des socialistes vendéens au XXIVe congrès national à Lyon en 1927 (son nom fut orthographié Métais) puis participa, avec son épouse, au congrès fédéral de Vendée tenu à Luçon en 1928. Désigné pour représenter les instituteurs vendéens (ralliés à la CGT depuis 1921) à l’Union départementale CGT, il fut élu membre de la commission administrative à partir de 1928 et réélu par la suite. En 1930, délégué par les 684 adhérents du SNI de Vendée, il assista au congrès national du SNI à Nîmes. À partir de ce moment, la section vendéenne vit s’affronter deux personnalités et deux conceptions du syndicalisme à travers Robert Bailly et lui.

Louis Métay, bien que considéré comme « trop à gauche », fut élu secrétaire général de la section départementale du SNI en avril 1933. Figure originale, forte personnalité, il donna de nombreux articles au Bulletin de la section syndicale. Il fit voter (à l’unanimité), en 1932, un ordre du jour de grève générale contre la guerre, contribuait à la tribune libre avec un certain humour, dénonçant la tendance amicalo-syndicaliste (« Voyage au pays syndical », 1930). Militant antifasciste, il participa aux manifestations après le 6 février 1934 : grève du 11 et meeting du 12, création d’un comité permanent antifasciste départemental, actions contre les décrets-lois au sein du cartel départemental des Services publics confédérés. Il défendait une tendance « syndicaliste pure » selon sa propre expression, réclamant « l’action directe » contre la collaboration, sans toutefois céder un pouce de terrain aux unitaires. il se déclara partisan d’un front commun avec eux mais sur des points précis comme la lutte contre la guerre.

Il conserva la responsabilité du secrétariat général de la section départementale du SNI après la fusion de 1935, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et participa à ce titre aux congrès nationaux du SNI. Il en faisait le compte rendu dans le Bulletin départemental de Vendée. Il continuait d’assurer la liaison entre les instituteurs et les ouvriers de l’UD-CGT en tant que secrétaire de l’Union départementale à la propagande.

La lutte d’influence Bailly-Métay d’avant 1936 devint, après l’unité syndicale, une lutte Métay-Eugène Péaud (ex-unitaire), plus âpre, sur la question de l’organisation des tendances au sein du SNI. Métay renforça alors son action au sein de l’Union départementale et en fut élu secrétaire adjoint après le congrès départemental d’unité en décembre 1935. Il avait d’ailleurs contribué, dès octobre 1934, à la création d’un comité d’unité. Il aida, à L’Ile d’Elle où il avait été nommé, à la création du SNI de Vendée, participa au XXIVe congrès confédéral de la CGT à Toulouse en 1936 et garda ses distances par rapport au Front populaire, notamment sur la question de l’école. Prononçant une allocution à l’occasion de la venue du ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay, à Luçon en 1937, il défendit l’enseignement laïque rappelant que la Vendée était pour les instituteurs un véritable champ de bataille. Constamment réélu jusqu’en 1940, il démissionna de la commission administrative de l’Union départementale CGT en 1938, pour cause de désaccord avec la majorité confédérale. Il représenta ses collègues au Conseil départemental de l’enseignement primaire.

Gréviste le 30 novembre 1938, Louis Métay fut, en octobre 1940, avec sa femme Louise Métay, déplacé de l’Ile d’Elle, où il dirigeait l’école de garçons, à Saint-Vincent-Sterlanges, comme une trentaine d’instituteurs vendéens. Franc-maçon, il fut radié de l’enseignement le 25 novembre 1941. En contact avec un réseau de Résistance à partir d’avril 1943, il fournit des renseignements sur la côte vendéenne à partir de novembre 1943 dans le cadre de la préparation d’un éventuel débarquement, avec l’aide de Charrier, directeur d’école en retraite, et Jean Rousseau, également directeur d’école. Il fut contraint de fuir le département en septembre 1944 pour échapper à la Gestapo. Installé en Haute-Savoie, il y resta 14 mois en relations constantes avec l’important maquis de ce département. Son épouse, directrice d’école à Saint-Gilles-sur-Vie, fut expulsée de Vendée en décembre 1943 comme « gaulliste dangereuse », et réussit à le rejoindre en Haute-Savoie. Ils rentrèrent en Vendée en novembre 1944.

Louis Métay retrouva sa fonction de secrétaire général de la section du SNI à la Libération et Bailly le remplaça en 1946. Lors de la réunion du conseil national du SNI, à Pâques 1945, il fit partie de la commission chargée de rédiger la motion laïque. Directeur de l’école Saint-Gilles-sur-Vie, il devint le secrétaire de la section locale du Parti socialiste SFIO en mai 1951.

Après sa retraite, prise en 1951, il résida aux Sables-d’Olonne où son poste décéda en 1958. Il mourut 20 ans plus trad dans sa région natale de Vendée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121928, notice MÉTAY Louis, Joseph, Emile par Florence Regourd, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 18 avril 2021.

Par Florence Regourd

SOURCES : Arch. Dép. Vendée, 4 M 405-408, 11 M 215, 1 M 258, 301, 334 ; témoignage de l’intéressé sur la Résistance (site Internet des Arch. Dép.). — Archives de l’OURS, fédération socialiste SFIO Vendée. — Bulletins de la section départemental du SNI de Vendée, L’Ecole libératrice. — Comptes rendus de congrès SFIO. — La Résistance de l’Ouest, septembre 1944. — DBMOF, notice par F. Regourd. — Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

ICONOGRAPHIE : Congrès fédéral SFIO de Vendée, 1928, fonds PS 9 du CDHMOT avec Louis et Louise Métay.

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