MÉTAY Louis

Par Florence Regourd

Instituteur en Vendée ; militant syndicaliste du SNI ; militant socialiste.

Dès 1927, Louis Métay, instituteur en Vendée, fut élu au conseil syndical départemental et devint secrétaire rédacteur du Bulletin du Syndicat national (CGT) de Vendée. Il intervint au nom des socialistes vendéens au XXIVe congrès national de la SFIO à Lyon en 1927, (son nom fut orthographié Métais) et participa, avec son épouse, au congrès fédéral de Vendée tenu à Luçon en 1928. Désigné pour représenter les instituteurs vendéens (ralliés à la CGT depuis 1921) à l’Union départementale CGT, il fut élu membre de la commission administrative à partir de 1928 et réélu par la suite. En 1930, délégué par les 684 adhérents du SNI de Vendée, il assista au congrès national du SNI à Nîmes. A partir de ce moment, la section vendéenne vit s’affronter deux personnalités et deux conceptions du syndicalisme à travers Louis Métay et Robert Bailly*.

Métay, bien que considéré comme « trop à gauche », fut élu secrétaire général de la section départementale en avril 1933. Il conserva cette responsabilité dans la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1936 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et participa à ce titre aux congrès nationaux. Il en faisait le compte rendu dans le Bulletin départemental de Vendée. Il continuait d’assurer la liaison entre les instituteurs et les ouvriers de l’UD-CGT en tant que secrétaire de l’Union départementale à la propagande. Figure originale, forte personnalité, Métay donna de nombreux articles au Bulletin de la section syndicale. Il fit voter en 1932 un ordre du jour de grève générale (à l’unanimité) contre la guerre, participant à la tribune libre avec un certain humour, dénonçant la tendance amicalo-syndicaliste (« Voyage au pays syndical », 1930). Militant antifasciste, il participa aux manifestations après le 6 février 1934 : grève du 11 et meeting du 12, création d’un comité permanent antifasciste départemental, actions contre les décrets-lois au sein du cartel départemental des Services publics confédérés. Il défendait une tendance « syndicaliste pure » selon sa propre expression, réclamant « l’action directe » contre la collaboration, sans toutefois céder un pouce de terrain aux unitaires. Métay se déclara partisan d’un front commun avec eux mais sur des points précis comme la lutte contre la guerre.

La lutte d’influence Bailly-Métay d’avant 1936 devint, après l’unité syndicale, une lutte Métay- Eugène Péaud* (ex-unitaire), plus âpre, sur la question de l’organisation des tendances au sein du SNI. Métay renforça alors son action au sein de l’Union départementale et en fut élu secrétaire adjoint après le congrès départemental d’unité en décembre 1935. Il avait d’ailleurs contribué, dès octobre 1934, à la création d’un comité d’unité. Il aida, à L’Ile d’Elle où il avait été nommé, à la création du SNI de Vendée, participa au XXIVe congrès confédéral de la CGT à Toulouse en 1936 et garda ses distances par rapport au Front populaire, notamment sur la question de l’école. Prononçant une allocution à l’occasion de la venue du ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay, à Luçon en 1937, il défendit l’enseignement laïque rappelant que la Vendée était pour les instituteurs un véritable champ de bataille. Constamment réélu jusqu’en 1940, il démissionna de la commission administrative de l’Union départementale CGT en 1938, pour cause de désaccord avec la majorité confédérale. Il représenta ses collègues au Conseil départemental de l’enseignement primaire.


Gréviste le 30 novembre 1938, Métay fut, en octobre 1940, avec sa femme Louise Métay, déplacé de l’Ile d’Elle où il dirigeait l’école de garçons à Saint-Vincent-Sterlanges, comme une trentaine d’instituteurs vendéens. Franc-maçon, il fut radié de l’enseignement le 25 novembre 1941. En contact avec un réseau de Résistance à partir d’avril 1943, il fournit des renseignements sur la côte vendéenne à partir de novembre 1943 dans le cadre de la préparation d’un éventuel débarquement, avec l’aide de Charrier, directeur d’école en retraite et Jean Rousseau, également directeur d’école. Il fut contraint de fuir le département en septembre 1944 pour échapper à la Gestapo. Installé en Haute-Savoie, il y resta 14 mois en relations constantes avec l’important maquis de ce département. Son épouse, directrice d’école à Saint-Gilles-sur-Vie, fut expulsée de Vendée en décembre 1943 comme « gaulliste dangereuse » et réussit à le rejoindre en Haute-Savoie. Ils rentrèrent en Vendée en novembre 1944.

Métay retrouva son poste de secrétaire général de la section du SNI à la Libération et Bailly le remplaça en 1946. Lors de la réunion du conseil national du SNI, à Pâques 1945, il fit partie de la commission chargée de rédiger la motion laïque. Directeur de l’école Saint-Gilles-Croix-de-vie, il devint le secrétaire de la section locale du Parti socialiste SFIO en mai 1951.

Dans les années 1970, Métay habitait Les Sables-d’Olonne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121928, notice MÉTAY Louis par Florence Regourd, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 novembre 2018.

Par Florence Regourd

SOURCES : Arch. Dép. Vendée, 4 M 405-408, 11 M 215, 1 M 258, 301, 334 ; témoignage de l’intéressé sur la Résistance (site Internet des Arch. Dép.). — Archives de l’OURS, fédération socialiste SFIO Vendée. — Presse syndicale nationale et départementale. — Comptes rendus de congrès. — La Résistance de l’Ouest, septembre 1944. — DBMOF, notice par F. Regourd. — Notes de Jacques Girault.

ICONOGRAPHIE : Congrès fédéral SFIO de Vendée, 1928, fonds PS 9 du CDHMOT avec Louis et Louise Métay.

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