MÉTRAL Marcel, Alexandre

Par Maurice Moissonnier

Né et mort à Lyon (Rhône) : 24 avril 1914-28 décembre 1942 ; dirigeant des Jeunesses communistes, puis de la région lyonnaise du Parti communiste ; rédacteur de la Voix du peuple. Tué pendant l’Occupation par un groupe armé communiste.

Fils d’un ornemaniste, Marcel Métral, dessinateur en soieries, fit partie en 1931 de la direction des Jeunesses communistes de la région lorsqu’il fut accusé d’avoir, lors d’un meeting à Besançon le 10 décembre 1931, « invité les jeunes ouvriers en cas de guerre à tuer les officiers et les généraux ». Devant la cour d’appel de Besançon, tout en récusant l’accusation, il défendit les positions antimilitaristes des Jeunesses communistes. Il fut acquitté comme ayant agi sans discernement mais le tribunal ordonna « son internement dans une maison de correction jusqu’à sa majorité ».

En 1936, il accéda à la direction régionale du Parti communiste et devint rédacteur à la Voix du peuple, organe régional communiste créé en novembre 1936. La conférence régionale des 4 et 5 décembre 1937 le promut au poste de secrétaire régional chargé des problèmes de la presse et celle des 10 et 11 novembre 1938 le confirma dans ces fonctions. Il animait d’autre part un comité pour le développement du journal. Le 27 octobre 1937, il fut poursuivi en tribunal correctionnel avec Auguste Hugonnier sur plainte du directeur de l’Attaque, organe d’extrême-droite, futur directeur de l’Union française, organe de l’ambassade allemande en zone sud pendant les premières années de l’Occupation.

Il participa en 1939 à la conférence nationale du Parti communiste tenue à Gennevilliers. Après la signature du Pacte germano-soviétique, il fut arrêté alors qu’il était mobilisé. En 1940, selon le témoignage de Joanny Chabert il était en liberté et la direction clandestine du parti lui confia la publication d’une Voix du peuple illégale. Des entrevues eurent lieu avec lui et, après avoir considéré qu’il présentait des garanties de fidélité et de solidité, un rendez-vous fut pris où Chabert, chargé de la direction illégale, devait s’entendre définitivement avec lui. Une souricière était tendue place d’Helvétie, à l’angle du pont de Saint-Clair et Chabert, arrêté, aurait eu la surprise de reconnaître, mal dissimulé derrière une glace opaque du cabinet du chef de la Sûreté, Marcel Métral.

Marcel Métral fut abattu le 28 décembre 1942 à 20 heures place Voltaire à Lyon et mourut peu après à l’hôpital Édouard-Herriot. Il s’était marié en 1933 à Lyon (IIe arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121946, notice MÉTRAL Marcel, Alexandre par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 28 février 2011.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : RGASPI, 495 270 521. — Arch. Nat. F7/13033. — La Voix du peuple, 1936-1939. — Le Progrès, Lyon-Républicain, décembre 1931-octobre 1937. — Joanny Chabert, Rapport sur l’activité du PCF dans la clandestinité (région Rhône-Ain, 1939-1940), déposé à la Fédération du Rhône du PCF — Paul Garcin, Interdit par la censure, Éd. Lugdunum, novembre 1944. — Son acte de naissance ne comporte pas de mention de décès.

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