MEUNIER Auguste, Louis, Joseph

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 13 mars 1871 à Vouneuil-sur-Vienne (Vienne), mort le 24 septembre 1928 à Poitiers ; instituteur puis directeur d’école ; secrétaire de la Fédération socialiste de la Vienne.

Auguste Meunier
Auguste Meunier
Encyclopédie socialiste

Son père, Augustin Meunier, était menuisier, sa mère, Augustine Rimbert, sans profession. Auguste Meunier devint instituteur dans la Vienne. En octobre 1891, il s’engagea pour trois ans pour bénéficier de l’engagement décennal des instituteurs mais rompit son engagement militaire en mars 1892. Il effectua donc son service militaire, de novembre 1892 à fin mai 1893, au 32 régiment d’infanterie qu’il termina au grade de caporal. Il reprit son enseignement à Châtellerault.

Entré dans une organisation socialiste en 1898, Auguste Meunier ne cessa jamais de mener une action politique par la plume et la parole, dans la Vienne. Dans ses différents postes d’instituteur à Savigné près de Civray, à Lencloître puis à Poitiers, il influa sur la vie politique locale. Dans l’arrondissement de Civray de 1899 à 1903, il contribua à créer de nombreux groupes socialistes, comités républicains et sections de la Ligue des droits de l’Homme. À Lencloître en 1905, il créa une section de la Ligue et un groupe socialiste. À Poitiers en 1908, il relança la section socialiste dont il assura le secrétariat. Vers cette époque, il fonda la loge maçonnique « L’Avant-garde du Poitou » affiliée au Grand Orient de France.

Auguste Meunier fut rappelé en août 1914 dans l’infanterie territoriale, où il demeura jusqu’en septembre 1917, date à laquelle il fut affecté spécial comme instituteur et ne fut démobilisé que le 20 décembre 1918. C’est en cette fin d’année qu’il devint secrétaire de la Fédération socialiste.

Dès janvier 1919 il lança un appel public « aux républicains sincères, socialistes unifiés et indépendants, travailleurs de tous ordres » à se grouper autour de son parti, « le parti d’avant-garde et de progrès qui lutte pour l’instauration d’une paix mondiale et l’émancipation des travailleurs ». Sa fédération soutint les grèves du printemps et son congrès fédéral du mois de juillet se prononça contre le traité de Versailles « faisant peser sur le prolétariat allemand en train de s’émanciper, le fardeau qui devrait incomber aux seuls responsables, c’est-à-dire aux capitalistes du monde entier ». Le professeur Jean-Richard-Bloch avait certainement joué un rôle important dans cette résolution, représentant l’aile des « bolchévistes » comptant environ le tiers des 3 à 400 adhérents.

Aux élections législatives du 16 novembre 1919, troisième sur une liste de six candidats socialistes, Gaston Meunier obtint le plus grand nombre de voix : 9 698 (moyenne de la liste : 9420, le quotient électoral étant de 12162 pour obtenir un siège). Il fut candidat le même mois aux élections municipales de Châtellerault mais ne fut pas non plus élu ; au conseil général dans le canton nord de Poitiers, il obtint 790 suffrages et 1 260 au second tour contre 1 329 à Château, candidat de droite, élu.

En février 1920, il assura le secrétariat de la Fédération socialiste, entouré de Boutin (secrétaire adjoint), Bourdin (trésorier), Jolly (trésorier adjoint). En avril 1920, il reçut un blâme du ministre de l’Instruction publique, pour « ses agissements pendant la grève des cheminots ».

La Fédération avait placé 325 cartes en 1914, 430 en 1918, 700 en 1919 et 1920. Sous l’influence de Meunier, elle donna au congrès national de Strasbourg (25-29 février 1920) dix-sept mandats à la motion « reconstructrice » et neuf pour l’adhésion immédiate à la IIIe Internationale. Au congrès fédéral du 19 décembre 1920, tenu à la Bourse du Travail de Poitiers, Auguste Meunier se déclara hostile à la motion Cachin-Frossard. Les militants lui donnèrent pourtant trente-huit mandats, vingt-neuf aux motions Blum-Longuet et déléguèrent au congrès national de Tours (25-30 décembre 1920), P. Jouteau, A. Day, Laverré. Ce dernier céda sa place au secrétaire fédéral. Les représentants de la Vienne donnèrent douze mandats à la motion Cachin-Frossard, deux à Longuet et trois à Blum. Meunier intervint le 26 décembre « au nom des neuf mandats que nous appellerons la minorité » ; après avoir rendu hommage à l’ancien dirigeant socialiste de la Vienne, G. Sadoul, il mit en cause le sérieux de la consultation sur l’adhésion : « J’ai constaté que Poitiers, qui compte 220 membres, n’a eu que 84 votants ; Châtellerault sur 750 membres n’a eu que 159 votants ; une troisième section de notre département, Loudun, n’a que 81 membres, qui ont oublié de se réunir depuis de longs mois. » Meunier resta favorable au courant « reconstructeur » : « Nous entendons bien qu’à la conférence de Vienne, Moscou soit avec nous. » P. Jouteau intervint ensuite en faveur de la IIIe Internationale.

Réuni le 16 janvier 1921, le comité fédéral tira les conséquences de la scission en votant l’adhésion au Parti communiste : Meunier et Gallais (d’Availles-Limouzine) quittèrent la salle. Meunier resta secrétaire de la Fédération socialiste groupant une centaine de militants de Poitiers, une quinzaine de Châtellerault (130 allaient au PC), tout le groupe d’Availles-Limouzine et quelques adhérents de Loudun, Lencloître et Neuville.

ain Dalançon, La Fédération ne groupait que neuf sections en 1922. Ses six candidats aux élections cantonales de mai 1922 obtinrent 4 546 voix. Malgré les efforts de propagande de Meunier, les effectifs stagnèrent : 230 adhérents en 1923, 205 en 1924, 250 en 1925, 270 en 1926, 265 en 1927. Meunier entra au conseil municipal de Poitiers en mai 1925. La candidature du secrétaire fédéral aux élections législatives d’avril 1928 dans la circonscription de Poitiers ne rassembla que 1,8 % des voix des électeurs inscrits. Après la mort d’Auguste Meunier, survenue le 24 septembre 1928, Henri Pétonnet prit la direction de la Fédération socialiste de la Vienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121981, notice MEUNIER Auguste, Louis, Joseph par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

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Encyclopédie socialiste

ŒUVRE : Meunier collabora aux journaux socialistes locaux : L’Avant-Garde de Poitiers (1902-1903) ; Le Socialiste de l’Ouest (1905-1906), de Niort ; Le Populaire de l’Ouest ; L’Écho des Travailleurs de la Vienne (1906-1910).

SOURCES : Arch. Nat. F7/13022. — Arch. Dép. Vienne, M3, M4, état civil, registre matricule. — Le Prolétaire de la Vienne, 1920-1921. — Le Socialiste de la Vienne, 1925. — L’Action sociale, 1928. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, op. cit. — Compère-Morel, Grand dictionnaire socialiste, op. cit.Dictionnaire, t. 14. — Alain Dalançon, L’opinion publique à Poitiers, novembre 1918-décembre 1919, mémoire de DES, Poitiers, 1965 .

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 98.

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