MIQUEL Albert, Édouard, Jacques

Par Francis Roux

Né le 12 juin 1903 au Havre (Seine-Inférieure), fils d’un sous-brigadier des douanes, Albert Miquel fut d’abord élève au cours complémentaire de Hyères (Var) puis à l’École normale d’instituteurs d’Avignon (Vaucluse) de 1920 à 1923. C’est là qu’il commença à militer notamment pour protester contre la préparation militaire obligatoire. Il occupa ensuite successivement les postes de Crillon, Vitrolles, Villedieu, avant d’être nommé en octobre 1928 à Velleron.

Membre du Parti communiste à partir de 1925, Miquel créa une cellule à Villedieu puis une autre avec Marius Clerc* dès son arrivée à Velleron. Il en devint le trésorier et l’animateur, secondé par son épouse. En février 1929, Miquel fonda avec Denante* et Sarda* un syndicat de l’enseignement laïque du Vaucluse affilié à la CGTU. Il y était délégué aux relations internationales. Cette année-là, il fit l’objet d’une plainte pour propagande parmi les élèves.

Miquel suivit le mouvement d’abstention au jury du CEP préconisé par la Fédération CGTU pour protester contre la non-revalorisation des traitements. Il participa aussi aux réunions et manifestations organisées contre les déplacements d’office et la direction d’école. Il faisait partie de la minorité oppositionnelle révolutionnaire (MOR)

En mars 1932, candidat au conseil départemental, il déclara : « Au syndicalisme de compromission nous opposons un syndicalisme de lutte de classe. » Il avait été l’objet d’une réprimande officielle pour avoir chanté l’Internationale sur une place de Carpentras le 14 juillet 1930.

Ayant participé aux cours de la Fédération espérantiste prolétarienne à Lesconil (Finistère), il prit part à l’action antifasciste des années 1934-1936 et à la grève du 30 novembre 1938 qui lui valut une suspension de quatre jours sans traitement.

Mobilisé en 1939 à la base aérienne d’Istres, il organisa une pétition à Velleron en faveur des communistes arrêtés. Déplacé le 7 mars 1940 à la Tour-d’Aigues (Vaucluse), il ne reprit son service que pour peu de temps : il fut relevé de ses fonctions et mis à la retraite d’office le 22 février 1941.

Sous l’Occupation, Miquel appartint au Front national et participa avec les frères Aristote (voir Aristote Fernand*) à la réorganisation du Parti communiste clandestin. En mai 1943, menacé d’être arrêté à La Tour-d’Aigues (Vaucluse) investie par les soldats italiens et la police de Vichy, il gagna le maquis du Luberon.

A la Libération, Miquel reprit ses fonctions à La Tour-d’Aigues en 1945 puis fut nommé à Avignon en 1947 où il resta jusqu’à sa retraite en 1958. Toujours membre du Parti communiste, il abandonna progressivement son activité militante. Il mourut le 8 mai 1987 à Avignon.

Sa femme, Andrée, Jeanne Miquel née Pirot le 30 avril 1898 à Guingamp (Côtes-du-Nord), institutrice, milita avec lui au Parti communiste. Elle assista à des réunions clandestines après septembre 1939, fit partie du comité local de Libération de La Tour-d’Aigues et créa le mouvement de l’UFF de la vallée d’Aigues. Elle mourut le 21 septembre 1985 à Avignon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article122437, notice MIQUEL Albert, Édouard, Jacques par Francis Roux, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Francis Roux

SOURCES : Arch. Nat. F7/13130 et 13749. — Arch. Dép. Vaucluse, 1 M 825, 826, 842, 10 M 36. — F. Bernard, L. Bouët, M. Dommanget, G. Serret, Le Syndicalisme dans l’enseignement, op. cit., t. III, passim.

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