MOINIER Lucien

Par Alain Dalançon, Yves Dauriac et Jean Maitron

Né le 12 mars 1887 à Rochefort (Charente-Inférieure) ; mort le 16 novembre 1984 à Sèvres (Hauts-de-Seine) ; ouvrier chaudronnier, militant socialiste et syndicaliste de la CGT.

Fils de Victor Moinier, charpentier, et de Justine Bertin, Lucien Moinier travaillait à l’Arsenal de Rochefort comme chaudronnier et militait à la CGT. Il se maria le 25 avril 1907 à Rochefort avec Eugénie Guillot et effectua son service militaire au 4e dépôt des équipages de la flotte à Rochefort de 1907 à 1909.

En 1912, il était fiché « syndicaliste révolutionnaire antimilitariste à surveiller », et fut élu membre du conseil d’administration du Syndicat des ouvriers réunis du Port après la démission de Rémy Boguenet et l’élection d’Arthur Prévaudeau.

En août 1914, il fut mobilisé au 128e Régiment d’infanterie puis fut réaffecté en 1915 au port de Rochefort. En 1917, il était toujours membre du syndicat des ouvriers réunis du Port.

Militant du Parti socialiste SFIO, il fut élu en décembre 1919 conseiller municipal de Rochefort sur la liste de la SFIO.

De juillet 1919 à 1925, il était en même temps secrétaire général du Syndicat des ouvriers de l’arsenal et des Travailleurs réunis du Port, secondé par Albert T’Kint puis H. Robert. Il était aussi à partir de 1922 secrétaire adjoint du bureau de la Bourse du Travail dont Louis Bernard était secrétaire.

Avec ce dernier, il eut à gérer la difficile période de réduction de l’activité de l’arsenal dont la fermeture fut préconisée dès 1919 par le Conseil supérieur de la Marine. Les rapports de police le décrivait comme un « garçon intelligent et d’esprit pondéré », ayant su s’attirer « la sympathie de ses camarades et l’estime de ses chefs », faisant preuve d’un « robuste bon sens » et « s’inclinant devant l’inévitable, tout en cherchant à tirer le meilleur parti d’une situation des plus délicates. » Très bon orateur, Lucien Moinier se fit particulièrement remarquer lors du meeting du 1er Mai 1921 où, à côté des revendications traditionnelles sur les salaires, il réclama le respect de la dignité des travailleurs, des assurances sociales et un contrôle ouvrier des finances des entreprises. Mais ce fut la dernière fois que le Syndicat de la CGT appela à chômer le 1er mai.

Le syndicat unitaire des ouvriers de la Marine de l’Etat et du port de Rochefort dirigé par Fernand Julien ne comptait qu’une centaine d’adhérents lors de sa création en 1922 et n’en avait plus que 43 en 1923. Ce fut donc le syndicat réformiste de la CGT, dirigé par Moinier et Bernard, qui comptait encore 700 adhérents en 1924 qui fut le principal interlocuteur des autorités de la Marine, en lien avec la municipalité à majorité socialiste, dirigée par le socialiste Auguste Roux qui organisa, comme en 1913, un comité de défense.

Quand le gouvernement décida en 1922 la suppression de 400 postes, les objectifs du syndicat se limitèrent à limiter les effets des licenciements sur le personnel auxiliaire, au profit du départ à la retraite des ouvriers les plus anciens.
Le 25 janvier 1925, Moinier fut élu ou réélu secrétaire de l’union départementale CGT (congrès de La Rochelle) par 28 délégués représentant 22 syndicats. Il était assisté par Aimé, secrétaire adjoint, S. Dubois, trésorier, Janon, trésorier adjoint. Cette même année, Moinier quitta Rochefort pour Paris où il se remaria dans le XVe arrondissement, le 25 septembre 1926, avec Andrée Braucher ; il habitait 7 rue Ferdinand Fabre. Il laissa alors à Louis Bernard la responsabilité du syndicat de Rochefort.

Franc-maçon, il était membre de la loge L’Accord Parfait (Rochefort) en 1923.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article122565, notice MOINIER Lucien par Alain Dalançon, Yves Dauriac et Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 mars 2021.

Par Alain Dalançon, Yves Dauriac et Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat. F7/12978, 13642. — Arch. Dép. Charente-Maritime, 4 M2/25, 14 M2/11, 1937 W 1-27 ; état civil de Rochefort ; registre matricules. — Benoît Julien, « La fermeture de l’arsenal de Rochefort vue à travers les archives de la police (1918-1927) », in L’arsenal de Rochefort de la Restauration à la fermeture, CERMA, t. 24, 2007, p. 91-109.

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