MOREAU Jean

Par Jean Maitron

Né le 7 août 1900 à Saint-Junien-sur-Vienne (Haute-Vienne), mort le le 14 janvier 1940 à Paris ; instituteur ; militant socialiste pivertiste.

Jean Moreau était le neveu de Philippe Rogerie, le cousin de Pierre Desvalois (voir ces noms) et le premier fils de Jacques Moreau, ouvrier gantier qui avait participé aux grèves des gantiers de Saint-Junien.

Elève de l’École Normale d’instituteurs d’Angoulême, Jean Moreau devint instituteur en 1918. S’orientant vers l’enseignement technique il fut, en 1919, maître interne à l’École nationale professionnelle de Vierzon où il se lia d’amitié avec Antoine Lacroix (voir ce nom). Mobilisé fin 1920, il fut affecté au Collège de la Mission laïque de Beyrouth comme professeur. En 1923, il obtint un poste d’instituteur à Bourg-la-Reine et se maria avec Annette Bouyat, également originaire de Saint-Junien, qui lui donna deux enfants. En 1931, il obtint le Certificat de licence de littérature française à la Sorbonne, et poursuivit des études historiques, assistant notamment aux cours d’Albert Mathiez. En 1933, il fut muté dans le XVème arrondissement de Paris.

Membre de la section socialiste de Saint-Junien depuis son adolescence, il continua à militer à l’Ecole Normale et à l’ENP. Il fut profondément marqué par le courant pacifiste. Les lettres qu’il adressait à ses amis en 1918, alors qu’il était encore à l’Ecole Normale, exprimaient une forte hostilité à l’encontre des "jusqu’au boutistes" et de Clémenceau, ainsi qu’un fort anti-militarisme. Il fut, en 1921, initié à la franc-maçonnerie à Beyrouth. Elu Vénérable de la loge de Bourg-la-Reine (Grand Orient), il noua des contacts et des relations d’amitié avec des intellectuels vivant à Sceaux. Il fit la connaissance de Jules Isaac de Cornélissen et de membres des familles Reclus et Kropotkine. Il connut également Achille Dauphin-Meunier et la belle-famille de Jean Nocher (voir ces noms). Il milita au SNI et appartint à des organisations coopératives et mutualistes.

Après la crise de 1929, il s’intéressa aux courants modernistes de Jean Nocher, de Georges Valois (voir ce nom). Il participa avec Dauphin-Meunier au lancement de la revue "L’homme réel" et adopta très tôt une attitude critique à l’égard de l’Union Soviétique.

À Paris, il poursuivit les mêmes activités et devint un pivertiste actif de la XVème section. Jean Moreau fut également membre du Comité du Front populaire du XVème. Orateur passionné, il intervint dans de nombreuses manifestations au cours des années 34-38. Il participa étroitement à l’activité de la tendance Gauche révolutionnaire de la SFIO. Il fit partie du groupe de militants chargés d’organiser l’envoi d’armes aux républicains espagnols. Il assura le secrétariat d’un groupe discret ("Spartacus") qui réunit dans des dîners périodiques les francs-maçons "révolutionnaires". Il succéda à Charles Pivert à la présidence du Patronage laïque du XVe et suivit Marceau Pivert au PSOP, après avoir été munichois. Au SNI comme ailleurs, il fut de tous les combats du pacifisme mais à partir de 1938 son état de santé se dégrada fortement. Il fut obligé de suspendre la plupart de ses activités militantes. Il contribua néanmoins, comme vice-président du Patronage laïque, à la création d’un Foyer d’éducation ouvrière, installé dans une usine désaffectée du XVe arrondissement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123042, notice MOREAU Jean par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 24 avril 2021.

Par Jean Maitron

SOURCES : Ancienne notice DBMOF.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément