MOREL Jean, Louis

Par Michel Dreyfus, Roger Gaudy

Né le 13 novembre 1886 à Champlin (Nièvre), mort le 27 juillet 1960 à Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise) ; secrétaire de la Fédération CGT de l’Éclairage de 1923 à 1936.

Charretier à l’usine à gaz de la Villette, Jean Morel dont le père était cocher fut en septembre 1920 avec Charles Biot élu secrétaire de la Fédération CGT de l’Éclairage et Forces motrices lorsque les deux fédérations — gaziers et électriciens — fusionnèrent. Ensuite Jean Morel appartint à la commission exécutive de la Fédération CGT de l’Éclairage juste après la scission lors de la conférence-congrès du 4 juin 1922. En juin 1923, il entra au secrétariat fédéral, succédant à V. Passerieu. Jusqu’à la réunification, il fut secrétaire permanent de la Fédération, aux côtés de Charles Biot dont il fut le second et avec qui il était proche de Léon Jouhaux. Il fut délégué à tous les congrès confédéraux de la CGT. Il se retira de la direction au congrès d’unification de 1936 ; il en présida la dernière séance et prononça au nom de l’ex-Fédération confédérée l’un des discours de clôture. Lors du banquet de clôture, les congressistes lui offrirent un bronze. Au XVe congrès en juin 1937, il fut « chargé de mission éventuelle » par le bureau fédéral (Biot était « chargé de mission permanente ») : c’était là sans doute une volonté de Marcel Paul, nouveau secrétaire général et d’Émile Pasquier, secrétaire général adjoint, d’associer étroitement l’ancienne direction confédérée.

Lors du remplacement de la direction élue en 1937 par une nouvelle équipe (Gabriel Borie et Clément Delsol) en novembre 1939, Jean Morel, contrairement à Charles Biot, accepta de travailler avec la nouvelle équipe, toujours en tant que « chargé de mission éventuel » et participa à toutes les séances de la commission exécutive réunie seize fois de novembre 1939 à juin 1944. Dans Force, organe de la Fédération « légale », mars 1940, il écrivit un article pour justifier son attitude, en s’abstenant toutefois, à l’inverse de Clément Delsol et de Gabriel Borie, de critiquer l’ancienne direction. Lors de la Commission exécutive du 8 novembre 1941, il estima que la Fédération de l’Éclairage devait essayer « de tirer de la Charte le maximum possible ». Il présida les deux premières séances de la conférence nationale de la Fédération « légale » de l’Éclairage réunie à Paris les 18 et 19 décembre 1943, prononça le discours d’ouverture et y présenta les résultats d’une enquête que la Fédération avait menée auprès de 125 syndicats fédérés au sujet des Comités sociaux d’entreprise. La question posée portait sur l’efficacité de ces comités pour le ravitaillement, les cantines, jardins ouvriers, etc... : 38 syndicats répondirent de « passable » à « très bien » et 87 eurent un jugement très négatif. Lors du Comité fédéral du 18 mars 1944 qui suivait de deux jours l’accession de [ Marcel Déat au ministère du Travail et sa rupture avec la Fédération légale puisque désormais, elle refusait la Charte, J. Morel, avec Louis Poucy, continua de défendre la « politique de présence ». Il remettait en cause l’orientation fédérale en raison de la nécessité d’être partout « où se discutent les intérêts des ouvriers et des employés ». Mais cette proposition fut rejetée par la majorité du Comité fédéral qui estima qu’il n’y avait pas lieu de revenir sur la décision prise en décembre 1943.

À la Libération, Jean Morel resta à la commission exécutive jusqu’au XVIe congrès en septembre 1946 qui ne le réélut pas. En 1948, il prit publiquement position, comme son ami Charles Biot, contre la scission : « La scission ouvrière, d’où qu’elle vienne, à quelque moment et dans quelque circonstance qu’elle se produise, est plus qu’une faute, elle est un crime. Pour opérer un travail constructif, on ne brise pas l’outil que l’on a entre les mains » (tract de la Fédération CGT, début 1948). Il souffrait alors de la vue tout en continuant de s’occuper de la section fédérale des agents en inactivité. Dans ses dernières années, il perdit complètement la vue. Le 14 décembre 1949, il fut élu au second conseil d’administration du Conseil central des œuvres sociales (CCOS). Au XIXe congrès fédéral en juin 1953, il entra au bureau fédéral (peut-être y avait-il déjà été élu au précédent congrès, en novembre 1950) ; il y représentait les retraités. Il fut réélu aux congrès de 1956 et de 1959.

Jean Morel s’était marié à Aubervilliers (Seine) le 24 septembre 1912.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123109, notice MOREL Jean, Louis par Michel Dreyfus, Roger Gaudy, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 juillet 2013.

Par Michel Dreyfus, Roger Gaudy

SOURCES : Arch. FNE-CGT. — La CGT... op. cit. — Arch. PPo. Ba/168. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982. — B. Weiss, La Fédération légale de l’Éclairage CGT (1936-1944), mémoire de maîtrise, Paris VII, 1995. — Renseignements recueillis par M. Rault.

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