MORENON Alfred, Jean

Par Jacques Girault

Né le 20 février 1900 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 9 juin 1980 à Fréjus (Var) ; employé dans l’Énergie industrielle du Sud-Est puis à l’EDF ; militant syndicaliste ; militant communiste ; résistant ; adjoint au maire de Saint-Raphaël (Var).

Fils du socialiste Francis Morenon, représentant de commerce, Alfred Morenon, seulement baptisé, obtint le Certificat d’études primaires. Réformé, il se maria en octobre 1920 puis se remaria en mars 1929 à Saint-Raphaël ; il eut quatre enfants. Ouvrier peintre, il adhéra au Parti communiste en 1924 et assurait le secrétariat de la cellule locale sous le Front populaire.

Secrétaire du syndicat CGTU constitué en 1926 pendant la grève des carriers, Alfred Morenon remplit les fonctions de trésorier de la coopérative placée sous la présidence de son père. Lors de la réunion extraordinaire de la commission exécutive de l’Union régionale CGTU, en juillet 1926, il siégea au bureau.

Alfred Morenon entra à l’Énergie industrielle du Sud-Est, en mai 1927 comme conducteur de batterie à gaz. Devenu ouvrier manutentionnaire magasinier en juillet 1931, passé chef magasinier en janvier 1936, il fut révoqué après la grève du 30 novembre 1938. Cette sanction frappait le secrétaire général du syndicat depuis 1934, le membre du comité fédéral de la Fédération CGT de l’Éclairage depuis 1937, le secrétaire général de l’intersyndicale du personnel de l’Énergie industrielle et de ses filiales depuis 1937, le secrétaire-adjoint de l’Union locale CGT de Fréjus-Saint-Raphaël. Le 10 juillet 1937, il fut désigné pour siéger à la commission exécutive de l’Union départementale CGT (élu par 206 mandats) comme titulaire de l’extérieur (à la région toulonnaise). Vice-président de la Caisse de retraite de l’entreprise depuis 1936, après sa révocation, il exposa par lettre d’information sur sa situation, en janvier 1940 ; ne retrouvant pas d’emploi, il ne survivait que grâce à la blanchisserie que tenait son épouse. Interrogé à diverses reprises sur le pacte germano-soviétique, il se déclara personnellement contre sans que sa position puisse engager la responsabilité de son organisation syndicale. Aussi fut-il écarté de toutes ses responsabilités syndicales.

Mobilisé le 17 avril 1940, Alfred Morenon fut réformé définitif le 25 mai. Verbalisé en novembre 1939 pour s’être rendu à une réunion syndicale à Paris sans sauf-conduit, il démissionna, le 16 novembre 1939, de l’Intersyndicale, protestant par lettre "contre la volonté répressive du gouvernement".

Le 14 juin 1940, un arrêté d’internement fut pris contre lui par le préfet du Var. Arrêté le 2 août, envoyé aux centres de séjour surveillé de Chabanet (Ardèche), puis de Nexon (Haute Vienne), malade, il fut libéré le 1er mars 1941. Il avait signé la déclaration nécessaire après avoir consulté Lucien Thomazo. De retour à Saint-Raphaël, Alfred Morenon participa à la reconstitution clandestine du Parti communiste, le magasin de son épouse servant de boite à lettres. Après diverses perquisitions à son domicile, il entra dans la clandestinité à partir du 1er septembre 1943, travaillant en liaison avec l’organisation des Francs tireurs et partisans du Var et des Alpes-maritimes.

Membre du Comité local de Libération de Saint-Raphaël au titre de la CGT, quatrième adjoint, Alfred Morenon conserva cette responsabilité dans la délégation municipale mise en place le 2 septembre 1944. Candidat aux élections municipales sur la liste « Front national et union patriotique », il fut élu le 29 avril 1945 avec 1 708 voix sur 5 429 inscrits. .

Réintégré comme chef-magasinier dans son entreprise, bientôt nationalisée, Alfred Morenon retrouva ses responsabilités syndicales : comité fédéral de la Fédération CGT de l’Éclairage et des forces motrices (1946-1948), secrétaire de l’intersyndicale du personnel de l’Énergie industrielle, secrétaire du syndicat local qu’il représenta au congrès confédéral (8-12 avril 1946), commission exécutive de l’Union locale, présidence, puis vice-présidence de la caisse de retraite du personnel. En outre, il fit partie de la commission d’épuration régionale de Marseille pour le gaz et l’électricité. De janvier 1945 à mai 1946, il travailla comme chef du personnel de l’ancienne Énergie industrielle de Menton (Alpes-maritimes). De juin 1946 à la fin décembre 1957, il fut chef du service du personnel, et alors secrétaire du syndicat CGT du personnel du centre de Nice, puis détaché comme président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS) Nice-Côte d’Azur. De janvier 1947 à décembre 1949, il avait été administrateur suppléant du Conseil central des œuvres sociales (CCOS).

En congé de maladie pendant trois années, il prit sa retraite en 1960. Retiré à Saint-Raphaël, Alfred Morenon, appartenait toujours au Parti communiste français quand il décéda à l’hôpital de Fréjus.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123135, notice MORENON Alfred, Jean par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 août 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13107. — Arch. Dép. Var, 4 M 54, 56 10, 59 4 4, 7 M 12 1, 18 M 86, 96, 3 Z 4 29, Cabinet. — Arch. Com. Saint-Raphaël. — Archives Jean Charlot* (Centre d’histoire sociale du XXeme siècle. — Presse locale et nationale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon. — Archives P. Besombes. — Éclairage et Force motrice, mars-avril 1936. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps Actuels, 1982.

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