MOURET Jean, Eugène.

Par Yves Lequin et Justinien Raymond

Né le 18 août 1863 à Montpellier (Hérault), mort vers 1926 ; représentant de commerce ; militant socialiste de la Loire et de la Seine ; député.

Jean Mouret
Jean Mouret

Cousin germain de Barthélémy Mayéras , Jean Mouret, orphelin de bonne heure, vint à Paris, fut coupeur en chaussures et, tout en gagnant sa vie et en militant dans son syndicat et au mouvement socialiste, s’instruisit et devint représentant de commerce. Il était membre de la IVe section socialiste. Jean Mouret était venu s’installer très jeune à Paris, où il avait adhéré au socialisme en s’affiliant à un groupe des Jeunesses dès 1882 ; il militait dans le XIIe arr. quand il fut appelé à Saint-Étienne (Loire), par Joannès Sagnol. Il y demeura plusieurs années, participant activement à la vie des organisations ouvrières locales, collaborant un temps au Réveil des Mineurs, l’organe des militants hostiles au modérantisme de Michel Rondet ; à ce poste, il encourut une condamnation pour ses campagnes contre les compagnies minières. En décembre 1890, il succéda à Jules Ledin au secrétariat du comité de vigilance chargé de surveiller les élus municipaux du Parti ouvrier ; en janvier 1891, il fut, sur examen, choisi pour professer un cours de sociologie qu’envisageait de fonder la mairie. Mais en novembre, il démissionna de ses fonctions au comité devant la désorganisation et le manque d’activité du Parti ; hostile au modérantisme et aux compromissions de sa ligne politique, il rejoignit la fraction minoritaire intransigeante groupée autour de Soulageon. Avec lui, il fut délégué au IXe congrès national du POF à Lyon où ils représentaient la fédération du Bâtiment. Il le seconda au cours des années suivantes, pour faire naître une organisation socialiste révolutionnaire.

Revenu à Paris — quand ? — son action s’exerça dans la 14e section de la Seine. Il entra au conseil d’administration de l’Humanité et appartint à la CAP du parti socialiste SFIO. La fédération socialiste de la Seine le délégua aux congrès nationaux d’Amiens (1914) et de Strasbourg (février 1920). Pendant la guerre, il appartint au mouvement minoritaire et fut un des fondateurs du Populaire. Le 16 novembre 1919, il fut élu député de la Seine sur la liste J. Sadoul dans la 3e circonscription de la Seine, par 42 095 voix sur 254 182 inscrits ; il ne fut pas réélu en 1924.

Signataire de l’appel du Comité pour la reconstruction de l’Internationale (6 novembre 1920), puis du manifeste du Comité de Résistance socialiste (l’Humanité, 6 décembre 1920), bien qu’il n’ait pas été délégué au congrès de Tours (décembre 1920), Mouret fut désigné à la commission des conflits et à celle de la presse, en tant que membre de la commission administrative de l’Humanité depuis 1918, dès l’ouverture du congrès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123406, notice MOURET Jean, Eugène. par Yves Lequin et Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 août 2015.

Par Yves Lequin et Justinien Raymond

Jean Mouret
Jean Mouret

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Arch. Dép. Loire, 10 M 97 et 14 M 7. — Comptes rendus des congrès du Parti socialiste. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, III, op. cit., pp. 219-220. — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires, op. cit., t. VII. — La Vie socialiste, 18 décembre 1926.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 219.

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