MURBACH Adolphe [Murbach Georges, Adolphe]

Par Léon Strauss

Né le 12 juillet 1902 à Sundhoffen (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine), guillotiné le 1er juin 1943 à Stuttgart (Allemagne) ; menuisier à Colmar (Haut-Rhin) ; militant du Parti communiste et de la FSGT ; conseiller municipal de Colmar (1935-1940) ; résistant.

Adolphe Murbach
Adolphe Murbach

Adolphe Murbach était le fils de Georges Murbach, cheminot, et de Catherine Boeschlin. La famille résidait à Sundhoffen, village protestant situé à cinq kilomètres de Colmar. Devenu menuisier, Adolphe Murbach s’établit à Colmar, où il épousa le 24 août 1928 Marie-Thérèse Schobing (morte le 11 février 1992). Le couple eut un fils, décédé en 1957 lors d’une catastrophe minière à Staffelfelden (Haut-Rhin). Membre des Jeunesses socialistes en 1919, militant communiste depuis le congrès de Tours, correspondant de l’édition régionale de l’Humanité, Murbach fonda la société de gymnastique ouvrière « Liberté » à Sundhoffen, puis devint président de la société qui portait le même nom à Colmar. Il fut aussi président de la FSGT de Colmar et membre de son comité régional. Secrétaire de la section communiste de cette ville, il fut élu au second tour des élections municipales de 1935 sur la liste du Front populaire, dite de « Propreté politique » d’Édouard Richard. Mobilisé en 1939, il fut exclu du conseil municipal en mars 1940 par le tribunal administratif à la suite de la dissolution du PCF. L’un des chefs du parti communiste clandestin en Haute-Alsace sous les ordres de Georges Wodli à partir de 1941, il fut arrêté par la Gestapo le 20 mai 1942. Interné au camp de Schirmeck (Bas-Rhin) jusqu’en novembre 1942, il fut ensuite emprisonné à Bühl (Bade). Jugé avec cinq autres « membres d’une bande illégale bolchevique de Haute-Alsace » par le premier Sénat du Volksgerichtshof (cour de justice populaire) siégeant à Strasbourg sous la présidence de Roland Freissler le 23 janvier 1943 pour avoir « de mai 1941 à mai 1942, rédigé et diffusé des écrits de haute trahison et collecté des armes abandonnées par les troupes françaises en 1940 », il fut condamné à mort.
Guillotiné à la prison de Stuttgart avec Eugène Boeglin, René Birr, Auguste Sontag, il fut inhumé avec ses camarades dans un charnier à Heidelberg. On avait envoyé à sa veuve (qui fut ensuite internée avec son fils dans un camp de travail en Allemagne et fut rapatriée le 23 mai 1945) sa chemise tachée de sang. Médaille de la Résistance à titre posthume (1946).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123608, notice MURBACH Adolphe [Murbach Georges, Adolphe] par Léon Strauss, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Léon Strauss

Adolphe Murbach
Adolphe Murbach

SOURCES : RGASPI, 495 270 4147 : autobiographie, Colmar, 11 novembre 1937. – L’Humanité, Metz, 26 avril 1935. – Strassburger Neueste Nachrichten, 27 et 28 janvier 1943. – Kolmarer Kurier, 6 juin 1943. – Républicain du Haut-Rhin, 24 mai 1945. – M.-J. Bopp, L’Alsace sous l’occupation allemande, Le Puy, 1945, p. 279, 326. – L’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 28 janvier 1945, 2 mars 1945, 4 avril 1945, 21-22 janvier 1946. – Heimat unterm Hakenkreuz, 1953, p. 41. – C. Béné, L’Alsace dans les griffes nazies, IV, Raon-l’Étape, 1978. – Allocution prononcée par J.-M. Schuller, maire de Sundhoffen, le 8 mai 1993 ; L’Alsace, Mulhouse, 7 et 11 mai 1993 ; Dernières Nouvelles d’Alsace, 11 mai 1993 ; L’Humanité, supplément d’Alsace et de Lorraine, du 24 juin1993. – A. Irjud, « Pas de grâce pour les traîtres », Saison d’Alsace, Strasbourg, no 121, automne 1993, p. 25. – Témoignage écrit de M. A. Buhler, ancien gymnaste, Colmar, 27 août 1995. – Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, no 27, Strasbourg, 1996, p. 2780 (photo).

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