NADALON Fernand

Par Jacques Girault

Né le 25 octobre 1901 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 9 février 1989 à Puilboreau (Charente-Maritime) ; instituteur en Haute-Vienne ; militant syndicaliste du SNI ; résistant ; militant socialiste puis communiste.

Fils d’un voyageur de commerce devenu artisan cordonnier, et d’une culotière devenue épicière, Fernand Nadalon reçut les premiers sacrements catholiques. Élève d’un cours complémentaire à Limoges, il entra à l’École normale d’instituteurs de Limoges en 1917 et obtint plus tard un diplôme de pédagogie. Il devint instituteur dans différentes localités de la Haute-Vienne puis à Limoges (école Montjovis).

Il effectua son service militaire dans l’infanterie et, sergent, fut réformé à la suite d’un accident à la fin de la période, en 1923. Il se maria religieusement en août 1926 à Limoges. Divorcé, il se remaria en janvier 1935 à Limoges, avec Marie-Louise Jalageas, couturière, militante communiste.

Fernand Nadalon, dès ses débuts dans l’enseignement en 1920, adhéra au syndicat en formation. Membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national (CGT) en 1925, il devint secrétaire de la section en 1927 et membre de la commission administrative de l’UD CGT.

Par la suite, il demeura membre du conseil syndical du Syndicat national des instituteurs jusqu’en 1939, secrétaire adjoint en 1934-1935, puis 1937, membre de deux commissions (corporative, jeunes et fêtes) et délégué de SUDEL. Il participa aux activités enseignantes du collège de travail CGT en 1938. Gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938, il fut sanctionné de huit jours de suspension de salaire. Délégué ave Henri Aigueperse au Rassemblement universel de la Paix, au congrès du SNI de Nantes (1938), il se prononça pour la motion du Gers, favorable aux thèses d’André Delmas et appuya le Centre syndical d’action contre la guerre. Il signa un « appel à l’opinion publique », dans Le Populaire du Centre, le 28 septembre 1938, "On ne sauve pas la paix par la guerre", avec des dirigeants socialistes et syndicalistes. Il confirma son choix lors du congrès de Montrouge en 1939. À la fin des années 1930, sous le pseudonyme de « Stadius », il assurait la tribune sportive dans la presse de la CGT à Limoges. Il avait participé à la création de la Ligue de l’enseignement dans le département et en avait été le secrétaire général de 1932 à 1934.

Fernand Nadalon adhéra au Parti socialiste SFIO en 1926 et fut chargé au niveau fédéral de l’organisation des réunions et de la propagande électorale. Il fut également secrétaire du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1936.
Mobilisé sur sa demande le 19 février 1940, démobilisé en juillet 1940, il retrouva son poste d’instituteur. Il fit revivre l’Amicale des anciens élèves de l’école normale dont il était secrétaire général et organisa le service de rapatriement des réfugiés. Ayant fait l’objet d’une première demande d’internement en juillet 1940 qui ne fut pas suivie d’effet, il fut déplacé dans Limoges même (1er septembre 1940) puis à Néons-sur-Creuse, au nord de l’Indre, le 25 mars 1941.

Surveillé par la police, en avril 1942, il se fit mettre en congé de maladie et devint clandestin. Affilié au réseau "Franc-Tireur" à partir du 25 mai 1942, il fut désigné, en octobre 1942, comme chef régional adjoint à Limoges du mouvement, responsable de l’organisation des corps francs, puis de l’AS. Il participa au début de 1943 aux réunions de fusion de "Combat", "Libération", "Franc-Tireur". Lorsque la Gestapo vint pour l’arrêter le 1er mars 1943, il s’enfuit et continua son activité de résistance à Paris, de mai à août 1943, où il fut chargé de la diffusion des journaux dans le XIVe arrondissement et de l’accueil de réfractaires au Service du travail obligatoire. En contact avec Louis Moreau dans la région d’Etampes (Seine-et-Oise), il revint dans l’Indre pour devenir, en octobre 1943, directeur adjoint des Mouvements unis de Résistance de l’Indre (organisation des maquis, des parachutages). Il participa à la création, au Blanc et dans la région, des premiers comités locaux de Libération. Membre du Comité départemental de Libération, il prit part à la libération de Châteauroux comme lieutenant FFI et fut désigné, en août 1944, directeur administratif de La Marseillaise du Berry. Son épouse avait été arrêtée par la Gestapo le 14 avril 1943.

De retour à Limoges à la fin de 1945, Fernand Nadalon devint directeur administratif de La Marseillaise du Centre. Il reprit son emploi d’instituteur puis directeur d’école à Limoges à partir de 1947. Déplacé le 22 mai 1950 après un article dans la presse critiquant le ministre de l’Éducation nationale, il retrouva son poste et l’occupa jusqu’à sa retraite.

Il redevint membre du conseil syndical de la section départementale du SNI en 1947, et le demeura jusqu’à sa retraite. Il présenta plusieurs propositions dans l’organisation ou dans la presse (L’Echo du Centre essentiellement) sur les questions de la paix au début des années 1950.

Fernand Nadalon milita à nouveau au Parti socialiste au début de 1946 puis le quitta pour adhérer le 1er décembre 1946 au Parti communiste français. Secrétaire d’une cellule communiste à Limoges, membre du comité de la section communiste de Limoges-Nord, il devint membre de la commission de contrôle financier de la fédération communiste de 1956 à 1964. Il fut membre du bureau départemental des Combattants de la Liberté.

Il présidait sur le plan départemental la Fédération sportive et gymnique du Travail, membre du comité de l’aéro-club populaire. Secrétaire général jusqu’en 1957 de l’Amicale des anciens élèves de l’école Montjovis qu’il avait créée en 1928, il était aussi secrétaire général du centre culturel de Limoges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123660, notice NADALON Fernand par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressé (1975). — Archives du comité national du PCF. — DBMOF, notice non signée. — Presse syndicale. — Le Populaire du Centre, 28 septembre 1938. — M. Jouanneau, L’organisation de la Résistance dans l’Indre. — Paul Delanoue, Histoire du syndicalisme pendant la Résistance, p. 169-170.

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