NAEGELEN René [NAEGELEN Gaston, René]

Par Justinien Raymond

Né le 27 août 1894 à Belfort (Territoire de Belfort), mort le 5 juillet 1976 ; journaliste et militant socialiste.

Frère cadet de Marcel-Edmond Naegelen, René Naegelen exerça surtout la profession de journaliste, maniant une plume alerte et acérée. Toutefois, lors des élections législatives de 1932, candidat à Belfort-Campagne, il était présenté comme confiseur.

Il fit la Première Guerre mondiale comme sergent au 172e régiment d’infanterie. Dans Les Suppliciés (Paris, Colbert, 1966, 232 p.), il a témoigné du drame vécu devant Amiens, Verdun et ailleurs, par un jeune soldat aux prises avec les misères du combattant. Il avait adhéré tout jeune au Parti socialiste SFIO. Au lendemain de la scission de Tours (décembre 1920), il suivit la majorité et fut un temps secrétaire de la Fédération socialiste SFIC du Haut-Rhin et Belfort et rédacteur en chef de son organe Germinal. En 1921, il fit partie de la délégation du Parti communiste au IIIe congrès de l’Internationale communiste et publia un compte rendu de voyage dans le Communiste de Normandie et demeurait 44 rue d’Offemont à Belfort. Il revint assez vite à la SFIO dont il se sépara encore pendant quelques mois en 1928. Néanmoins, cette année-là, il avait été son candidat aux élections législatives à Belfort-Campagne où, dernier de tous les candidats, il obtint 1 371 voix sur 9 843 suffrages exprimés à l’unique tour de scrutin qui vit la réélection d’André Tardieu. Il fut encore l’adversaire malheureux de celui-ci dans les mêmes conditions en 1932 et ne recueillit que 1 104 voix sur 9 827 suffrages exprimés. En 1936, R. Naegelen se battit sous les couleurs de la SFIO dans la 1re circonscription de Belfort, soit Belfort-Ville. Sur 15 019 inscrits, il rassembla 2 400 voix et se désista pour le député radical-socialiste sortant Miellet qui fut réélu. À compter du 15 février 1931, il fut pendant quelques années secrétaire de la Fédération du Parti socialiste SFIO dans le Territoire de Belfort.

Dans l’Effort du 8 mai 1942, R. Naegelen mit l’accent sur l’utilité du Conseil national créé par Vichy en janvier 1941. Il expliqua son attentisme dans son livre Cette vie que j’aime (tome III, Hachette, 1968) : "J’ai vécu, le front baissé, voguant discrètement de Pétain à de Gaulle, tout comme 99 % des Français." En zone sud, il assura le secrétariat général du journal le Mot d’ordre, fondé par LO Frossard le 19 août 1940. R. Naegelen fut élu à la seconde Assemblée constituante en juin 1946 mais au mois d’août il abandonna son mandat. De 1948 à 1963, il dirigea le quotidien de la SFIO, le Populaire. Il quitta cette fonction en 1963 et il expliqua, en juin, devant le congrès d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qu’il s’en allait parce que, s’étant proposé d’ouvrir le journal à des non-socialistes, Guy Mollet, secrétaire, le menaça d’exclusion du parti. Il fonda Rencontres d’aujourd’hui et fut éditorialiste à la Nouvelle République du Centre-Ouest, à Tours. Il prônait une SFIO "plus ouverte", une alliance avec les centristes. En 1970, il suggéra par lettre au nouveau secrétaire général de la SFIO, Alain Savary, d’abandonner, comme siège du parti, la cité Malesherbes parce que "le fantôme de Guy Mollet flottait encore dans cette maison". Il n’adhéra pas au nouveau Parti socialiste.

Comme son frère, R. Naegelen écrivit plusieurs ouvrages. Cette vie que j’aime lui valut, en 1966, le prix Louis Pergaud.

Marié en 1922 à Belfort, divorcé en 1952, R. Naegelen se remaria en 1953 au Plessis-Robinson (Seine). Il fut inhumé à La Villeneuve (Haute-Vienne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123670, notice NAEGELEN René [NAEGELEN Gaston, René] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 janvier 2022.

Par Justinien Raymond

SOURCES : La Vie socialiste, 5 février 1921, 14 mai 1932. — La Tribune de l’Est, 1928. — La Tribune du Doubs, 2 mai 1936. — L’Information historique, n° 1, 1969. — Le Monde, 14 juillet 1976. — G. Lachapelle, Les Élections législatives, op. cit. — M. Sadoun, Les socialistes sous l’Occupation, Paris, 1982.

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