NAVES Laurent, Daniel

Né le 27 avril 1899 à Rosières (Tarn) ; mort le 14 juillet 1979 à Albi (Tarn) ; instituteur au Maroc puis dans le Tarn ; militant syndical ; militant socialiste puis communiste.

Laurent Naves était fils d’un cordonnier socialiste. L’enfant eut l’occasion de voir Jaurès dans la maison familiale et son admiration pour le leader socialiste resta vive. Navés appartint aux Jeunesses socialistes. Il entra à l’École normale d’instituteurs d’Albi en 1916, fut mobilisé en 1918, puis la réintégra en 1921-1922.

Sorti de l’ENI, il enseigna au Maroc, à Settat, et fonda, à la fin des années vingt, une petite section socialiste SFIO dont il assura le secrétariat. Il était également le secrétaire du syndicat régional des fonctionnaires. Ses articles paraissaient dans le journal [Maroc socialiste, dans la presse syndicale du protectorat et, occasionnellement, dans L’École libératrice. Personnalité chaleureuse et généreuse, il quitta le Maroc en mai 1937, à regret, pour raison de santé, et y conserva des amitiés fidèles. Navès avait rejoint la Franc-maçonnerie au Maroc et occupé des fonctions de dignitaire, avant d’en démissionner le 5 avril 1935.

Rentré en France, il enseigna à Faussergues (Tarn) puis à l’école de Saint-Juéry. Très lié à Augustin Malroux, il cotisait toujours au Parti socialiste.

La situation politique de l’année 1940 ébranla ses convictions : "J’acquis alors la certitude que l’effondrement de la SFIO ne tenait pas seulement à des flottements de doctrine, mais aussi aux méthodes de sélection de ses cadres, autrement dit à la structure interne et à l’esprit même de ce parti qui n’avait plus rien de commun avec celui que Guesde et Jaurès avaient fondé" (Mon chemin, p. 170). Il fut révoqué en février 1943 comme dignitaire de la Franc-maçonnerie, refusa de demander sa réintégration et travailla en usine. La Résistance le rapprocha du Parti communiste. Son fils Robert, né en 1926, entra dans un maquis FTP en 1944 et fut tué dans la colonne Fabien : "Le lendemain de la mort de Robert, nous allâmes, ma femme et moi, nous faire inscrire au Parti communiste." Le couple s’installa à Albi où il entretint avec le communisme "Une fidélité". Très lié à Roger Garaudy, Laurent Navés se serait éloigné "sans bruit" du PCF dans les dernières années de sa vie.

La publication des souvenirs et l’édition de la correspondance de Lucien Naves, son cousin paysan du Ségala qui avait connu Jaurès, contribuèrent à la mémoire du jauréssisme dans le Tarn.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123766, notice NAVES Laurent, Daniel , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 10 octobre 2022.

ŒUVRE : Mon Chemin, collection "Souvenirs", Éditions sociales, 1968, 272 p. — Lucien Naves, paysan du Ségala. Fragments de correspondance, conférences, articles et textes divers, Rodez, 1969, 215 p. — Une fidélité, Albi, 1974, 62 p.

SOURCES : Livres cités à ŒUVRE. — Bulletin de la société d’études jaurésiennes, n° 78, juillet-septembre 1980.— Thèse de Pierre Roche.

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