NICOLAS Georges

Par Jean-Luc Pinol

Né le 7 octobre 1891 à Montmorency (Seine-et-Oise), fils d’une domestique, Georges Nicolas représenta en juillet 1920 le syndicat des menuisiers de Bordeaux (Gironde) au IXe congrès de la Fédération CGTU du Bâtiment. Il appartenait à la minorité fédérale favorable au Parti communiste. Lors du vote sur l’orientation syndicale, il approuva la motion Teulade qui affirmait "l’indéfectible attachement de la Fédération à l’ISR." Cette motion fut repoussée et la minorité fut écartée de la direction fédérale. Elle s’organisa et Nicolas devint secrétaire du comité de la minorité ; Teulade en était le secrétaire adjoint, Le Bihan, le trésorier. La commission exécutive de ce comité comprenait Berlui, Dessay, Destor, Georges, Pardonnet et G. Vésine. En 1923, lors du congrès de Bourges, Nicolas fut élu membre suppléant de la commission exécutive de la CGTU.

Lorsque la majorité fédérale quitta la CGTU et passa dans l’autonomie, Georges Nicolas joua un rôle important dans la réorganisation de la Fédération unitaire du Bâtiment (fin 1924-début 1925). Mais il rompit bientôt avec les syndicalistes communistes. Secrétaire du syndicat unitaire de la Maçonnerie-pierre de la Seine, il donna son adhésion à la Ligue syndicaliste et appartint à la minorité de la CGTU. Lors du congrès fédéral de Bordeaux, en septembre 1927, les deux premières séances furent consacrées à une attaque en règle contre lui. La majorité communiste l’accusa d’être membre de la Ligue syndicaliste, de collaborer à la Révolution prolétarienne et de régner sur son syndicat en utilisant la brutalité. Teulade lui reprocha d’avoir voulu, lui ancien communiste, faire le jeu des autonomes. Le secrétaire fédéral, Brout, systématisa les critiques mais Nicolas ne fut pas exclu de la CGTU. Le 5 décembre 1928, l’Humanité annonça que Nicolas et Chaput, du syndicat des stucateurs, étaient partisans de l’autonomie. Quelques jours plus tard, Nicolas et le conseil syndical furent accusés d’avoir brutalisé un communiste. Après une série de réunions houleuses, le syndicat éclata. Le syndicat unitaire, dirigé par Roby, regroupa 102 membres et un syndicat autonome se constitua. Ce dernier comptait 78 membres et le secrétaire en était Bachet. Les adversaires de Nicolas commentèrent : "Nicolas est un fou, mais il connaît les questions syndicales à fond et il est à craindre qu’il n’entraîne derrière lui une majorité d’ouvriers."

Plus tard, Nicolas réintégra la CGTU. En février 1935, il était secrétaire de la chambre syndicale unitaire de la Maçonnerie-pierre de Paris qui comptait 500 adhérents.

Georges Nicolas mourut le 19 avril 1975 à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article123949, notice NICOLAS Georges par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 septembre 2019.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Nat. F7/13650-51. — Arch. PPo. 300. — Le Travailleur du bâtiment, mars 1924. — La Révolution prolétarienne, septembre 1925.

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