NIGRA Bernard

Par Odette Hardy-Hémery

Né le 5 mars 1919 à Ozenia (Italie), fusillé le 15 décembre 1942 au fort du Vert-Galant à Wambrechies (Nord) ; mineur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Bernard Nigra était le fils de Guglielmo Nigra, petit exploitant agricole d’Italie, et de Césarina Orlando. En 1921, Guglielmo Nigra et son frère émigrèrent en France. Guglielmo partit avec sa femme et son fils Bernard. Il travailla d’abord dans la région lyonnaise puis vint dans le Nord comme mineur à la Société Houillère de Thivencelle : il vint avec sa famille habiter Fresnes-sur-Escaut alors que son frère trouvait un emploi d’ouvrier agricole. Guglielmo Nigra fut finalement employé au jour à transporter au domicile des clients le charbon de la société. Son épouse et son fils s’occupaient de la gérance d’un café implanté au stade de Condé. Une fille, Caterina, naquit en mai 1925, la mère mourut en février 1936.
En 1939, à la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne, Guglielmo Nigra, citoyen italien non naturalisé français, retourna à Ozenia en Italie : il pouvait rester en France en se naturalisant mais préféra repartir en Italie. Bernard Nigra, n’ayant pas l’intention de servir Mussolini, resta en France. Par la suite, lors de l’occupation allemande, il fut considéré comme déserteur par le consulat italien et dut vivre dans une clandestinité partielle. En 1939, il alla se réfugier avec sa sœur chez son oncle Martino Nigra et sa tante Arduina dont la famille comptait alors cinq enfants. Martino avait pour sa part opté pour la nationalité française. Ensuite, Bernard Nigra et Caterina Nigra trouvèrent l’hospitalité chez Norina et Gaetano Bandiera, originaires de Bologne (Italie). Ces antifascistes convaincus tenaient à Condé-sur-l’Escaut (Nord) le bar du Théâtre, fréquenté par les travailleurs de la localité. Ils avaient été très amis avec les frères Rossi qui vivaient à Lille et qu’ils fréquentaient beaucoup. Quand des assassins de la droite française, à l’instigation de Mussolini, assassinèrent les frères Rossi, Gaetano Bandiera assista aux funérailles ; il transmit son idéal de liberté à Bernard Nigra qui resta en France pour combattre le fascisme.
Quand Caterina Nigra repartit en Italie à la fin de 1939, Bernard Nigra fut embauché comme mineur à la Société Houillère de Thivencelle, puis à la fosse de Sessevalle de Somain. Il fut logé à Fresnes-sur-Escaut dans une famille d’origine polonaise, les Bartoviak, et se fiança avec la fille de ses hôtes, Hélène. Dès l’été 1941, Bernard Nigra s’engagea dans la résistance armée (il était membre des Francs-tireurs et partisans français [FTPF] depuis 1941) et fit partie d’un groupe d’action composé de Georges Rerat (de Valenciennes), Arthur Garçon, Léon Fondu, René Caby, Roger Crepinge d’Iwuy. Bernard Nigra participa à de nombreuses actions : sabotage de trois wagons-citernes à Fresnes ; sabotage de la ligne Valenciennes-Lille près d’Orchies (Nord) en juillet 1941 ; attaque de deux gendarmes à Abscon. Blessé au cours d’une attaque de mairie le 21 juin 1942 à Wattignies-les-Lille, il fut soigné clandestinement et guéri par un médecin de Lambersart. Bernard Nigra fut arrêté par la gendarmerie française, pour activité communiste et constitution de groupes de francs-tireurs.
Il fut condamné à mort le 3 décembre 1942 par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 678 de Lille. Un peloton d’exécution allemand le fusilla le 15 au fort du Vert-Galant, à Wambrechies, avec Léon Fondu, Georges Rerat, Jean Waysand, René Caby et Georges Bouhour.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124005, notice NIGRA Bernard par Odette Hardy-Hémery, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 mars 2021.

Par Odette Hardy-Hémery

SOURCES : DAVCC, Caen, B VII 0714 et 0716, B VIII 3 (Notes Thomas Pouty). – Arch. du Musée de la Résistance à Denain (Nord). – Notes Frédéric Stévenot.

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