NORANGE Pierre [NORANGE Georges, Pierre]

Par Justinien Raymond et Claude Geslin

Né le 5 avril 1871 à Bléneau (Yonne), mort le 9 février 1958 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) ; employé ; militant du POF dans la Seine, dans le Pas-de-Calais, dans l’Aube et dans la Creuse.

Pierre Norange était le fils d’un fermier. Venu jeune à Paris, il s’engagea dans l’action socialiste au sein du POF, dans le XVIIe arr. Il en représenta la 2e circonscription électorale au congrès de la salle Japy (1899) en même temps que le syndicat guesdiste des palissonneurs en couleurs de Grenoble (Isère). Après avoir été secrétaire de Jules Guesde, il devint, sur recommandation de ce dernier, secrétaire de la mairie d’Avion (Pas-de-Calais). Il fut le véritable fondateur et l’animateur, comme secrétaire, de l’Agglomération du POF du bassin houiller. Il dirigeait son journal Le Prolétaire. Au congrès de la salle Wagram (1900), il porta les mandats du groupe n° 5 du POF d’Avion et de celui de Vendin-le-Vieil. Il était également délégué du Nord. Au lendemain de ce congrès, il resta fidèle au POF et tint tête à Émilr Basly et à Arthur Lamendin passés à l’autonomie. Mais, en 1901, la préfecture parvint à le compromettre dans l’affaire de l’usine à gaz d’Avion. Néanmoins, aux élections législatives de 1902, il se présenta contre Basly dans la 2e circonscription de Béthune : il recueillit 792 voix contre 15 525 à Basly élu au premier tour.

Norange quitta le Pas-de-Calais, fit un bref séjour à Paris (1902) pendant lequel il anima la section du XIXe arr. du PS de F. Devenu secrétaire de mairie des Riceys (Aube), il continua à militer au sein du POF et collabora à son organe local La Défense des Travailleurs. Un article contre les marchands de vins des Riceys lui valut une condamnation. Au cours de ces années, il participa aux congrès nationaux du POF et du PS de F. à Ivry (1900), Roubaix (1901), Reims (1903) et Lille (1904). La perte de la mairie des Riceys par le POF, en 1904, obligea Norange à quitter l’Aube pour Paris. Il entra dans la SFIO en 1905, fut délégué du Nord au congrès d’unité de la salle du Globe (avril 1905), de l’Aube aux congrès de Chalon-sur-Saône (octobre 1905) et de Limoges (1906), de la Haute-Marne au congrès de Nancy (1907). Son action se porta ensuite dans la fédération socialiste de la Creuse à laquelle il donna une vive impulsion comme propagandiste, comme secrétaire fédéral avant 1914 et comme candidat. À l’élection législative partielle de 1912 pour pourvoir au remplacement de Simonet élu sénateur, Norange recueillit 1 886 voix contre René Viviani dans l’arr. d’Aubusson.

Pierre Norange, secrétaire à la Chambre de commerce et journaliste, se fixa à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) en 1914. Membre suppléant de la CAP de 1909 à 1911, devenu l’un des principaux responsables locaux du Parti socialiste SFIO, il fut désigné en 1921, avec Ernest Dalby et Henri Gautier, pour représenter la Fédération de la Loire-Inférieure au congrès national. Il fut pendant tout l’entre-deux-guerres président de l’Université populaire de Saint-Nazaire (qui s’était constituée en 1921) et durant de nombreuses années président du comité de défense de l’école laïque de l’arrondissement de Saint-Nazaire et du comité des patronages laïques.

En 1951, il reprit en mains l’Université populaire (il avait quitté Saint-Nazaire de 1942 à 1951) et fut à l’origine du développement des cours qui s’y donnaient.

Pierre Norange mourut le 9 février 1958 à Saint-Nazaire. La municipalité donna son nom à l’un des CES de la ville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124141, notice NORANGE Pierre [NORANGE Georges, Pierre] par Justinien Raymond et Claude Geslin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Justinien Raymond et Claude Geslin

SOURCES : Comptes rendus des congrès socialistes. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, op. cit. I, pp. 229-231, II, p. 431. — Cl. Willard, Les Guesdistes, op. cit., p. 637. — Le Travailleur de l’Ouest. —L’Ouest syndicaliste. — Arch. Com. Saint-Nazaire. — État civil.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, op. cit., p. 230.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable