NOUELLE Georges [NOUELLE Jean, Baptiste, Georges]

Par Madeleine Rebérioux et Justinien Raymond

Né le 30 août 1887 à Manzac (Corrèze), mort le 7 octobre 1966 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ; professeur d’École normale ; militant socialiste ; maire de Chalon-sur-Saône (1926-1944, 1953-1965), député.

À la différence de presque tous les militants de Saône-et-Loire, Georges Nouelle n’était pas originaire du département. Né à Cahors où son père était instituteur, il fut élève à l’École normale de cette ville, puis, en quatrième année, vint à Toulouse suivre les cours de mathématiques à la Faculté. Nommé ensuite surveillant d’internat au lycée d’Agen, puis, en 1909, professeur à l’École primaire supérieure d’Excideuil (Dordogne), il fut reçu en 1911 au certificat d’aptitude au professorat des Écoles normales. Il avait adhéré à la SFIO en 1910, sous la double influence, s’il faut l’en croire, des articles de Jaurès dans la Dépêche de Toulouse et de Paul Faure qui militait en Dordogne et avec qui il resta toute sa vie lié amicalement et politiquement.

Déplacé d’office en 1912 pour raisons politiques, Georges Nouelle fut nommé le 1er octobre à l’École normale de Chalon-sur-Saône. Dès le début de 1913, il devenait secrétaire de la section socialiste de Chalon. En juin 1914, on lui confiait le secrétariat fédéral.

Le 6 février 1920, le congrès fédéral socialiste de Haute-Saône vota pour l’adhésion avec réserves à la IIIe Internationale. Georges Nouelle signa en décembre la motion Longuet (19,5 %) mais la motion Cachin-Frossard recueillit 71 % des mandats en Saône-et-Loire. Après avoir été délégué au congrès de Tours, il resta à la SFIO et fut le secrétaire de la Fédération socialiste. Il s’était marié cette année-là.

Conseiller municipal depuis le 3 mai 1925, Georges Nouelle fut élu maire de Chalon le 7 mars 1926 et le demeura jusqu’au 9 septembre 1944. En 1924, candidat sur la liste de son parti, il fut élu député de Saône-et-Loire à la plus forte moyenne par 67 952 voix sur 142 530 votants. Son mandat parlementaire allait lui être renouvelé jusqu’à la Seconde Guerre mondiale dans la première circonscription de Chalon. En 1928, il obtint 11 377 voix contre 5792, 4 593 et 2 129 aux candidats d’Union nationale et des Parti communiste et radical-socialiste, Tisseyre, Victor Ponsot et Aublanc. Au ballottage, il l’emporta par 12 893 voix contre 6 680 et 3 082 à Tisseyre et Ponsot. En 1932, il fut réélu au premier tour par 12 365 suffrages contre 6 598 à Pineau, radical-indépendant et 3 418 à Ponsot communiste. En 1936, un "socialiste indépendant", Martin, fit le plein des voix de droite, ravit quelques suffrages de gauche et totalisa 8 049 voix tandis que Ponsot, communiste en rassemblait 5 559. Georges Nouelle vint cependant largement en tête avec 10 471 suffrages et bénéficiant du désistement communiste, battit Martin. Il siégea successivement ou simultanément aux commissions de l’enseignement et des beaux-arts, des boissons, du suffrage universel, des usines et forces motrices, de l’Algérie, des colonies et protectorats. Il présida cette dernière commission. Il défendit les autochtones contre l’administration coloniale, interpella en 1929 à propos d’une révolte en AEF et sur les conditions de travail dans la construction du chemin de fer Congo-océan. En 1931, son interpellation porta sur les troubles dans le comptoir indien de Pondichéry. Ses multiples autres interventions concernèrent les HBM, l’enseignement technique, les cheminots, les questions communales, les problèmes de l’électrification des campagnes, la justice militaire dont il demanda la refonte et les fonds secrets dont il refusait le principe. Il siégea à la commission spéciale chargée de rechercher les responsabilités dans l’affaire Stavisky.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota pour l’octroi des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Ses mauvaises relations avec les autorités d’occupation l’amenèrent à délaisser l’administration municipale. En novembre 1944, il fut exclu de la SFIO par son congrès extraordinaire de Paris. Il perdit aussi la mairie de Chalon. Mais, sous l’étiquette de socialiste indépendant, il redevint maire de Chalon de 1953 à 1965. Georges Nouelle était encore conseiller municipal et conseiller général (il avait été élu en 1956) à sa mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124177, notice NOUELLE Georges [NOUELLE Jean, Baptiste, Georges] par Madeleine Rebérioux et Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 novembre 2022.

Par Madeleine Rebérioux et Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires, t. VII. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit. — Compte rendu du congrès extraordinaire du Parti socialiste à Paris (novembre 1944). — Le congrès de Tours, édition critique, op. cit. — Le Monde, 9-10 octobre 1966. — Notes de P. Goujon. — État civil. — Le Socialiste de Saône-et-Loire. — Le Populaire de Paris. — Lettre de G. Nouelle.

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