PAGNEUX Charles, Hippolyte

Par Maurice Moissonnier

Né le 17 juillet 1896 à Louhans (Saône-et-Loire), mort le 15 octobre 1972 à Ouroux-sur-Saône. Instituteur ; trésorier de la Fédération communiste de Saône-et-Loire. Conseiller municipal d’Ouroux-sur-Saône.

Fils d’un garçon de café de Louhans et d’une ouvrière en chapellerie, Charles Pagneux obtint le brevet élémentaire en 1911 et entra à l’École normale de Mâcon et fut reçu au brevet supérieur en juillet 1914. Son père, devenu courtier en vins, était alors membre de la SFIO et gérait un café-hôtel à Tournus. D’octobre 1914 à juillet 1916, Charles Pagneux exerça à Ouroux-sur-Saône puis à La Chapelle-Thècle avant d’être mobilisé dans l’infanterie. Le 1er mars 1918, il fut fait prisonnier en Champagne et ne fut libéré qu’en septembre 1919. Il retrouva son poste d’instituteur dans le département de Saône-et-Loire à Ratenelle (1919-1922).

Appartenant à la "génération du feu", membre de l’Association républicaine des anciens combattants, il donna son adhésion au Parti communiste en 1924. Proche des populations paysannes, instituteur compétent, il exerçait une influence certaine en Saône-et-Loire. Il organisa l’action en faveur des chômeurs en 1932. En décembre 1933, il fut élu trésorier départemental du syndicat de l’Enseignement laïque à la suite d’un changement de majorité dans la direction (voir Messeau) et depuis octobre de la même année trésorier de l’Union locale des syndicats unitaires d’Autun. Avec sa femme, il fut le seul instituteur à faire grève à Autun le 12 février 1934. Il était devenu secrétaire du rayon communiste, qui groupait quatre cellules et soixante-quinze adhérents et faisait partie, en 1935, du comité de la région communiste de Saône-et-Loire.

En 1936, il devint secrétaire de l’Union locale CGT et joua un rôle important lors des grèves de juin. Victime de la répression anticommuniste, il fut déplacé, en janvier 1940 à Vauban, puis obtint, en 1948, le poste qu’il souhaitait à Ouroux où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1951. Secrétaire de la section communiste locale, il assuma alors, pendant plusieurs années, les fonctions de trésorier fédéral. Il était très lié avec les deux députés communistes de Saône-et-Loire, Rémy Boutavant et Waldeck Rochet. Ce dernier, dans l’Humanité du 4 juin 1953, rendit à son action un vibrant hommage dans un article intitulé "Ce que peut faire un instituteur communiste à la campagne". Il y analysait en détail l’action patiente que mena Charles Pagneux "pour aider les humbles à faire valoir leurs revendications, si petites soient-elles".

Plusieurs fois candidat communiste au conseil général pour le canton de Saint-Germain-du-Plain, il fut élu en 1965, alors qu’il était en retraite, conseiller municipal d’Ouroux-sur-Saône, sur une liste d’union. La maladie l’empêcha, en 1971, de solliciter le renouvellement de son mandat. Il exigea que ses funérailles eussent lieu sans fleurs ni discours sous les plis du seul drapeau rouge.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124624, notice PAGNEUX Charles, Hippolyte par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13744. — L’Humanité-Dimanche, édition de Saône-et-Loire, 22 octobre 1972. — L’Humanité, 4 juin 1953. — Documents familiaux. — Notes de P. Goujon.

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