PAILLET Georges, Edouard

Né le 2 juin 1892 à Angoulême (Charente), mort le 22 mars 1958 à Paris (VIIIeme arr.) ; professeur à Marseille (Bouches-du-Rhône) puis à Paris ; militant antifasciste puis communiste.

Fils d’un sous-chef de dépôt, puis inspecteur de traction à la compagnie de chemins de fer du Paris-Orléans, Georges Paillet obtint le baccalauréat en 1909 dans l’académie de Clermont-Ferrand. Après avoir été classé dans un bon rang au concours de l’École normale supérieure, boursier à la faculté des Lettres de Lyon, licencié en 1913, lauréat d’un diplôme d’études supérieures en 1914, il fut mobilisé. Envoyé sur le front en avril 1915 comme sous-lieutenant d’infanterie, blessé peu de jours après, le 25 avril, il fut très sérieusement blessé à Verdun, le 2 août 1916 (balles dans la tête et main droite). Trépané et hémiplégique, pensionné à 80 %, il se maria en janvier 1918 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) avec la fille d’un commissaire de police. Le couple eut un enfant.

Paillet, physiquement marqué, fut reçu à l’agrégation d’Histoire au concours de 1919 dans le contingent réservé pour les réformés de guerre. Après avoir occupé un emploi aménagé de répétiteur au lycée Louis le Grand le dernier trimestre de 1919, il fut nommé dans le Nord aux lycées de Tourcoing (1919) puis de Lille (1921). Il demanda un lycée méridional et fut nommé au lycée Thiers à Marseille en 1928. La deuxième année, dans son service, figura la classe de « coloniale » à laquelle s’ajouta, à partir de 1936 celle de préparation à l’école militaire de Saint-Cyr. Muté à Paris, il retrouva la classe de « coloniale » du collège Chaptal en 1937. Au début de la guerre, replié à nouveau au lycée Thiers, il réintégra son poste au collège Chaptal en octobre 1940 et habita Montrouge au Sud de la capitale. A la Libération, il obtint sa mutation pour enseigner uniquement dans les deux classes du lycée Louis le Grand de préparation au concours de l’Ecole nationale de la France d’Outre mer où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1957.

Dans les Bouches-du-Rhône, un rapport préfectoral présentait Paillet comme un « communiste notoire » ayant effectué plusieurs voyages à Moscou. La presse laissait supposer qu’il était membre du Parti communiste, responsable du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1935-1936 et secrétaire adjoint du comité de Front populaire de Marseille à la fin de 1935. Selon la police, communiste dissident, il aurait rejoint les rangs trotskystes, suivant Clément Chaussabelle* dans la tendance Raymond Molinier* lors de la scission de 1937. Mais, d’après les souvenirs de Denis Bizot*, il apparaissait comme sympathisant communiste. Il enseignait la géographie économique à l’Université ouvrière sous le Front populaire à Paris. Pendant la guerre et la Résistance, il fit partie du Front national universitaire et y joua un rôle actif.

Après la guerre, Paillet appartint à la cellule du Parti communiste français du lycée Louis le Grand. Il était en 1950 le vice-président de l’association France-Vietnam.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124650, notice PAILLET Georges, Edouard, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 1er juin 2013.

SOURCES : : Arch. Nat., 193600325 (rapport des RG sur PCF en 1950), 20010216/119/3160, F17/26915. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M◊6/10823 et 11379. — Rouge-Midi, 9 novembre 1935. — Sources orales. — DBMOF, notice non signée (Antoine Olivesi).— Notes d’Alain Ruscio et de Claude Pennetier.

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