PÉLISSIER Firmin, François, Joseph

Par Jean Maitron, André Balent

Né le 24 septembre 1884 à Cassagnes (Pyrénées-Orientales), mort le 7 juillet 1969 à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Militant du Parti communiste ; animateur national des Comités de défense de l’Humanité  ; directeur général de la Société nouvelle du journal l’Humanité.

Firmin Pélissier
Firmin Pélissier

Fils de paysans, Firmin Pélissier écrivit : il avaient "vie politique nulle" "c’est moi qui les ai entrainé dans la lutte anti religieuse".
Au début des années 1920, Firmin Pélissier exerçait la profession de courtier en vins à Perpignan. Militant communiste dès les années 1920, il s’imposa, à la suite de Sigismond Moszkowski, comme l’un des dirigeants les plus en vue de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales. Entre 1922 et 1925, il fut un des propagandistes les plus actifs de ce département. En 1922, il avait été l’un des artisans de la restructuration des organisations communistes. Le 7 janvier 1923, le comité fédéral l’élut au poste de trésorier fédéral. En 1924, il siégeait au bureau de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales en qualité de secrétaire fédéral adjoint. Il fut également, en 1924, secrétaire de la section de Perpignan.

Firmin Pélissier assura la tenue de multiples réunions dans tout le Roussillon contre l’occupation de la Ruhr et en faveur de l’amnistie des mutins de la mer Noire. Il tenait également des réunions pour la CGTU à laquelle pourtant il n’adhéra pas. Le 4 mai 1925, il se présenta aux élections municipales à Perpignan sur la liste du Bloc ouvrier et paysan et recueillit 587 voix. Le 19 juillet 1925, il fut candidat communiste au conseil général dans le canton de Perpignan-est. Au 2e tour, il affronta le député radical-socialiste sortant et obtint 658 voix sur 11 564 inscrits.

En mars 1925, lorsque les Pyrénées-Orientales furent rattachées à la nouvelle Région communiste du Languedoc dont le siège fut fixé à Béziers, Firmin Pélissier s’installa dans cette ville. Il fut secrétaire de la Région communiste du Languedoc et continua, pendant cette période, à venir fréquemment en Roussillon pour soutenir les organisations communistes. Le 5 novembre 1925, il fut condamné par le tribunal correctionnel de Perpignan à trois jours de prison et 200 F d’amende pour « violences, outrages et rébellion ». Le 19 décembre suivant, le tribunal correctionnel de Montpellier le condamnait à quatre mois de prison et 100 F d’amende pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Secrétaire de cellule à Béziers (Hérault) en 1926, il fut chargé par son parti d’organiser une campagne d’« Agit-Prop » dans la région languedocienne et, d’octobre 1926 au 22 août 1930, devint secrétaire permanent de la Région du Languedoc à Béziers. Il fut alors condamné le 26 juin 1930 par le tribunal correctionnel de Béziers à quinze jours de prison et 25 F d’amende pour « outrages » à la suite d’une manifestation.

En septembre 1930, Firmin Pélissier vint à Paris pour remplacer Raoul Calas au service de rédaction du journal l’Humanité dont il devint en avril 1931 administrateur délégué, secondant Dutilleul dans ses fonctions.

En février 1931, il publia dans les Cahiers du bolchevisme un compte rendu du premier congrès des Comités de défense de l’Humanité de la Région parisienne, tenu le 23 novembre 1930 à la Bellevilloise. Trois cent cinquante délégués y avaient représenté deux cent vingt-six comités rassemblant plus de six mille adhérents. Il indiquait que ces comités, nés dès 1929 et dans les premiers mois de 1930, constituaient, dès juillet 1930, une organisation de défense permanente de l’Humanité. En 1935, il présenta le rapport d’activité au IVe congrès national, tenu les 16-17 mars à la Bellevilloise. A ce moment, il faisait également office de gérant du bulletin mensuel des CDH : les Cahiers documentaires. En 1936, Pélissier devint secrétaire national et fut cité pour son action, par Marcel Cachin, lors du VIIIe congrès national du Parti communiste (Villeurbanne, 22-25 janvier 1936). En novembre 1936, les Cahiers du bolchevisme publièrent son article : « L’action des communistes pour l’Humanité.« Il fut à nouveau rapporteur au VIe congrès des CDH (Montreuil, mai 1937) après avoir effectué un séjour en Espagne républicaine (mars 1937) où il avait convoyé tabac et cigarettes pour les miliciens.

En janvier 1932, il avait été appelé au secrétariat du Parti pour remplacer Marcel Barrette placé à la direction de la région orléanaise. En mai 1932, Pélissier fut candidat du Parti communiste aux élections législatives en Charente-Inférieure, dans la circonscription de Saint-Jean-d’Angely. Il recueillit 88 voix sur 14 518 suffrages exprimés.

Membre du premier rayon de la Région parisienne du PC, il fut à plusieurs reprises interpellé ou arrêté : dans la nuit du 24 au 25 février 1933 alors qu’il participait à une manifestation de chômeurs ; le 14 janvier 1934 au cours d’une contre manifestation communiste organisée à l’occasion d’une cérémonie Croix de Feu dans le XXe arr.

A la suite du décret de dissolution des organisations communistes en 1939, Firmin Pélissier se réfugia dans le Midi. Arrêté, il fut interné administrativement le 13 avril 1940 au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Dans la nuit du 11 au 12 juillet 1943, il s’en évada et fut ensuite chargé de l’organisation clandestine dans la région languedocienne.

A la Libération, Firmin Pélissier apporta sa collaboration au journal communiste le Travailleur catalan puis, de retour à Paris en 1946, reprit ses fonctions à l’Humanité. Successivement responsable des CDH, chef de service, administrateur puis directeur de publication de 1953 à 1957, il fut enfin président-directeur général de la Société nouvelle du journal l’Humanité. Il se retira ensuite à Perpignan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article125355, notice PÉLISSIER Firmin, François, Joseph par Jean Maitron, André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 18 avril 2017.

Par Jean Maitron, André Balent

Firmin Pélissier
Firmin Pélissier

SOURCES : RGASPI, 495 270 8610, Paris, 10 janvier 1932. — Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, cabinet du préfet (16 septembre 1959), liasse 108 ; liasse 111. — Arch. PPo. Ba/1720. — Cahiers du bolchevisme. — L’Ordre communiste (Toulouse), 17 novembre 1923. — Le Cri catalan, 11 octobre 1924, 25 juillet 1925. — Le Travailleur du Languedoc, 1926-1938. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — H. Chauvet, La politique roussillonnaise de 1870 à nos jours, Perpignan, 1934. — L. Figuères, Jeunesse militante..., Éd. sociales, 1971. — Témoignages de É. Dardenne et J. Guisset. — Notes de Jean Sagnes.

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