PELOUZE Gabriel, Antoine

Par Claude Pennetier, Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Né le 8 janvier 1910 à Carcassonne (Aude), fusillé le 23 février 1944 à la centrale d’Eysses, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ; employé des PTT ; militant communiste de l’Aude ; résistant du Front national pour la liberté et l’indépendance de la France et du bataillon d’Eysses.

Gabriel Pelouze
Gabriel Pelouze
Photographie de groupe prise à Eysses, fin 1943 - début 1944.
© Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

Fils de Jules, tonnelier, et d’Eugénie Rivière, Gabriel Pelouze, titulaire du brevet élémentaire après des études au lycée Charlemagne de Carcassonne, travailla d’abord chez un chapelier d’Espéraza qui employait des sportifs. En effet, Gabriel Pelouze se révéla un remarquable trois-quarts centre dans l’équipe de Quillan. En 1929, il vint habiter Narbonne (Aude) et entra aux PTT comme opérateur manipulant. Il fit son service au 28e Génie et termina caporal. Il se maria le 30 janvier 1932 à Narbonne (Aude) avec Joséphine Baisse, dont il eut un fils, Alain, puis une fille, Yolande.

Il fut le candidat malheureux du Parti communiste aux élections cantonales de 1935 à Narbonne. Il fut élu secrétaire général de la CGT-PTT de Narbonne. Pendant la Guerre d’Espagne, il assura, avec l’aide de cheminots, le transfert vers la République espagnole de combattants des Brigades Internationales. Plus tard, il hébergera des familles espagnoles. Il devint secrétaire de section à la veille de la guerre.

Après la dissolution du parti communiste, il continua de militer au PC clandestin. Interné fin 1940 pour « propagande communiste » au camp de Rivel (Aude), il s’en évada mais fut arrêté à Saint-Étienne (Loire). Le tribunal de cette ville le condamna à trois mois de prison. Inculpé une seconde fois le 27 octobre 1941, il fut condamné le 11 novembre 1941 à vingt ans de travaux forcés par le tribunal militaire de la 16e division, à Montpellier, pour activité communiste.

Écroué à Carcassonne, il fut transféré en octobre 1943 à la centrale d’Eysses et affecté au préau 4. Au plus fort des combats du 19 février 1944, il conduisit le groupe de combat qui se lança à l’assaut de la porte Est (murée depuis l’évasion de janvier 1944) et du mirador attenant. Il était accompagné notamment de Jaime Sero et Félicien Sarvisse. Après la reddition, il fut pris comme otage au quartier cellulaire puis condamné à mort par une cour martiale du régime de Vichy. Dans la cour d’étendage, Pelouze fut attaché à un poteau à l’écart, le dos au mur extérieur est de la centrale, à dix mètres de l’angle. Non atteint par les balles des GMR et des gendarmes, il fut abattu d’une balle de revolver par le lieutenant commandant le peloton, un ancien condisciple du lycée de Carcassonne. René Filhol, (1898-2004), résistant communiste emprisonné au quartier cellulaire, l’aperçut sans savoir que c’était lui et ne le quitta pas des yeux.

Le 25 janvier 1945, le transfert de ses cendres au cimetière de Narbonne donna lieu à une impressionnante manifestation. La rue Lapeyrade où il demeurait à Narbonne fut rebaptisée rue Gabriel Pelouze. Le 17 décembre 1959, il fut nommé par le Général de Gaulle Chevalier de la Légion d’Honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palme. La citation mentionne « Premier résistant de l’Aude ».
Voir Site d’exécution : la centrale d’Eysses (commune de Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne), le 23 février 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article125423, notice PELOUZE Gabriel, Antoine par Claude Pennetier, Fabrice Bourrée, Dominique Tantin, version mise en ligne le 23 septembre 2013, dernière modification le 22 février 2020.

Par Claude Pennetier, Fabrice Bourrée, Dominique Tantin

Gabriel Pelouze
Gabriel Pelouze
Photographie de groupe prise à Eysses, fin 1943 - début 1944.
© Dépôt MRN, fonds Amicale d’Eysses. Droits réservés.

SOURCES : Arch. Dép. Aude, Mw 274. — L’insurrection d’Eysses , Éd. sociales, 1974. — RGASPI, 495 270 4192 (document du Komintern à son nom, pas consulté). — Notes de Fabien Garridou.— Corinne Jaladieu, Michel Lautissier, Centrale d’Eysses, Douze fusillés pour la République, Association pour la mémoire d’Eysses, 2004, p. 124-135. — État civil. — Notice in Musée de la Résistance en ligne

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