PERFETTINI Jean, Thomas [pseudonyme dans la Résistance : Yvan]

Par René Lemarquis, Marc Giovaninetti

Né le 18 mars 1907 à Casanova (Corse), mort le 11 août 1988 à Bastia (Corse) ; instituteur puis vérificateur des poids et mesures ; militant communiste ; secrétaire de la Fédération des Vosges du Parti communiste en 1937-1938 ; résistant FTP ; cadre dirigeant de la fédération de Corse du PCF ; maire de Casanova.

Jean Perfettini était le fils de petits paysans propriétaires corses, son père ayant longtemps travaillé à son village comme artisan-cordonnier. Il était membre du clan Landry-Campinchi. Après l’école primaire locale, Jean Perfettini poursuivit, grâce à l’aide d’oncles et tantes, ses études au cours complémentaire d’Ajaccio et fut admis à l’École normale d’instituteurs en 1923-1926. Il termina comme sergent son service militaire et se maria avec Angèle Pinzuti, institutrice communiste, fille de paysans petits propriétaires. Ils avaient, fin 1937, un enfant de 17 mois. Il commença à enseigner en 1926 à sa sortie de l’École normale. Instituteur jusqu’en 1930, il devint à partir de cette date vérificateur des poids et mesures.

Jean Perfettini adhéra réellement au Parti communiste le 1er janvier 1935. Sympathisant il avait déjà demandé son adhésion à Penta di Casinca où il était instituteur. Il reçut une carte mais n’assista à aucune réunion et il ne renouvela pas son adhésion. Devenu vérificateur stagiaire à Paris il craignait pour sa titularisation. Mais nommé à Cambrai, il fut secrétaire d’un Comité d’Amsterdam-Pleyel en liaison avec le PC. Déplacé en décembre 1934 pour son activité il fut nommé dans les Vosges à Neufchâteau où il adhéra définitivement. En juillet 1936 il fut nommé à Épinal et fut affecté à la cellule Thaelmann. Trésorier et membre du bureau de section à Neufchâteau, il occupa également ce dernier poste à Épinal et devint secrétaire départemental des Vosges en mars 1937. Il fut délégué au 9e Congrès national d’Arles en décembre 1937. Jean Perfettini était aussi trésorier de la section du syndicat CGT des Vérificateurs, membre du Secours populaire et de la Libre pensée. Il avait participé à l’organisation de la grève des ouvrières de la confection à Neufchâteau en juin 1936.

Candidat communiste au conseil général dans le canton d’Épinal en octobre 1937, il était en 1938 secrétaire régional et responsable de mille huit cents adhérents répartis entre soixante-dix-huit cellules locales et dix-neuf cellules d’entreprises. Inquiété en 1939, Perfettini fut nommé dans un autre département.

Jean Perfettini déclarait lire un nombre assez important de journaux, revues, brochures et écrits théoriques. Cependant la commission des cadres releva le fait que sa sœur et son beau-frère, instituteurs, avaient, bien que sympathisants du PC, suivi « la politique trotskysante des anciens dirigeants de la Fédération unitaire de l’enseignement (Aulas, Dommanget...) » (voir Jean Aulas, Maurice Dommanget), qu’il avait retrouvé à Paris un ancien collègue communiste passé au trotskysme qui l’avait sans doute abonné à La Vérité journal trotskyste, et enfin qu’il pensait « qu’à la base certains sous-trotskystes sont abusés par leurs chefs ». Ces remarques expliquant sans doute qu’il était noté B.

Sous le pseudonyme d’Yvan, il fut l’un des dirigeants de la résistance communiste en Corse. Il fut blessé lors des combats de libération de l’île. Il participa aux États-généraux de la Renaissance française, le 14 juillet 1945. Il était à la Libération secrétaire fédéral en Corse. Son nom apparaissait au début de la constitution de l’UJRF comme responsable des centres de formation (apprentissage). Il fut ensuite maire de sa commune, laquelle était toujours administrée en 2014 par un maire communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article125541, notice PERFETTINI Jean, Thomas [pseudonyme dans la Résistance : Yvan] par René Lemarquis, Marc Giovaninetti, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par René Lemarquis, Marc Giovaninetti

SOURCES : Arch. PPo. 88. — Vosges ouvrières, 1937-1939. — RGASPI : 495. 270. 2158, autobiographie du 31 novembre 1937. ― Maurice Choury, Tous bandits d’honneur, op. cit. — Notes d’un neveu de Jean Perfettini et de Léo Micheli.

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