PERRON René, Julien, Jean

Par Michel Dreyfus

Né le 4 juillet 1903 à La Plaine Saint-Denis (Seine), mort le 17 août 1973 à Nice (Alpes-Maritimes) ; forgeron ; syndicaliste CGTU puis CGT du gaz et de l’électricité, secrétaire général du syndicat du personnel des industries énergétiques de la région parisienne.

Fils d’un journalier, domicilié à Sarcelles (Seine-et-Oise), René Perron après des études primaires apprit le métier de forgeron. Embauché à l’atelier des forges de Renault à Billancourt, il en fut licencié pour faits de grève. En 1923, il adhéra au Parti communiste et devait y appartenir toute sa vie. En 1930, il entra comme forgeron à la centrale de Saint-Denis de la Société d’électricité de Paris (SEP, groupe Empain). Adhérent à la CGTU, il devint rapidement responsable du groupe des syndiqués de l’usine.

En 1934 il était secrétaire du syndicat des producteurs des industries électriques et gaz de la région parisienne. Ce syndicat avait deux secrétaires permanents rémunérés, l’un pour Paris, l’autre pour la banlieue : R. Perron fut chargé de la banlieue (quatre centrales de distribution : Nord Lumière, Sud Lumière, Ouest Lumière, Est Lumière et six centrales électriques : Saint-Denis, Ivry — du trust Empain —, Gennevilliers, Vitry — du trust Mercier —, Saint-Ouen et Issy-les-Moulineaux, filiale de la CPDE). Il remplaça à cette responsabilité Émile Loiseau. L’autre secrétaire pour Paris était Clément Baudoin. R. Perron développa l’organisation syndicale, notamment la CGTU à la Compagnie parisienne de chauffage urbain et il représenta aussi le personnel de la société TIRU.

Il fut l’animateur d’une campagne lancée par Marcel Paul en 1933 pour l’assimilation des électriciens de banlieue au statut de la CPDE. Le mot d’ordre en était : « à consortium unique et dispatching unique, statut unique ». La même année, il représenta son syndicat au congrès d’Amsterdam contre la guerre avec Clément Baudoin et Émile Loiseau. Le 4 juillet 1936, l’assimilation fut obtenue et un protocole signé avec les sociétés par Clément Baudoin, Raymond Durault, André Girard, Marcel Paul, René Perron pour le syndicat des producteurs et Émile Pasquier au nom du syndicat des employés et contremaîtres. Durant ces mêmes années, R. Perron participa à l’activité de la Fédération CGTU des services publics et à l’intersyndicale des services publics de la région parisienne, tous deux dirigés par Marcel Paul. Après la réunificatrion syndicale de 1936, il devint secrétaire général de l’Union syndicale des producteurs et distributeurs de la région parisienne.

En 1937, il devint secrétaire permanent du syndicat du personnel ouvrier et employé de la TIRU. Déclaré à la préfecture de la Seine le 21 octobre 1937, le syndicat comptait environ 1 350 adhérents. Lors du XVe congrès de la Fédération CGT de l’Éclairage (juin 1937), René Perron fut élu suppléant au comité fédéral. À la suite du Pacte germano-soviétique, il ne fut plus permanent syndical mais la SEP refusa de le reprendre. Mobilisé en 1939, il fut gravement blessé en 1940 : il eut le corps criblé d’éclats d’obus et devait en souffrir toute sa vie. Fait prisonnier, il fut rapatrié comme grand blessé puis démobilisé. Il fut repris à la SEP — le directeur de la centrale adhérait à un réseau de la Résistance. René Perron fut un des animateurs du Comité populaire et de la CGT clandestine à la centrale de Saint-Denis.

À la Libération, à la demande d’Eugène Hénaff, il reprit la direction du syndicat avec Lucien Baujard, Guy Delaunay et Joseph Dumas et en fut le secrétaire général jusqu’en 1948. Ce syndicat fusionna alors avec celui de la Compagnie du gaz de Paris pour former le syndicat du personnel des industries énergétiques de la région parisienne. Avec Maurice Duon, René Perron en fut le secrétaire général. Il fut également membre du bureau provisoire de la Fédération réunifiée de l’Éclairage puis à partir de décembre 1944, il en fut avec Clément Baudoin un des deux secrétaires non permanents. Lors du XVIe congrès de la Fédération en septembre 1946, il fut élu à sa commission exécutive. Il fut ensuite élu à son bureau lors des XIXe (juin 1953), XXe (octobre 1956), XXIe (novembre 1959) et XXIIe congrès (mars 1963). En 1947, il était secrétaire général du syndicat de la région parisienne (Électricité et Gaz). Administrateur d’EGF jusqu’en 1952 ainsi que d’Électricité et gaz d’Algérie (EGA) avec Pierre Liddi et A. Salesse, il fut également élu administrateur du CCOS lors des élections qui se tinrent le 14 décembre 1949. De 1947 à 1963, il fut le président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS) unique des centres de la région parisienne et à partir de 1951, il joua un rôle important au sein du Comité de coordination des CMCAS. Enfin en 1956, René Perron fut élu secrétaire général adjoint du syndicat de la production et du transport d’énergie de la région parisienne dont le secrétaire général était Pierre Delplanque.

René Perron pris sa retraite en 1953.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article125750, notice PERRON René, Julien, Jean par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 juillet 2013.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Arch. PPo. 325. — CCAS Information, janvier 1974. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps Actuels, 1982. — Notice rédigée par Pierre Delplanque.

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