PIOT Jean [PIOT Joseph, Jean, Pierre]

Par Pierre Broué

Né le 6 juillet 1909 à Lyon (II arr.), mort le 4 août 1990 à Bron (Rhône). Ouvrier fileur. Militant de la CGTU puis de la CGT et du Parti communiste.

Son père, militant du Parti socialiste puis de l’ARAC, était manœuvre et sa mère faisait des ménages. Jean Piot quitta l’école à treize ans sans s’être présenté au Certificat d’études primaires et entra comme apprenti en février 1923 aux usines de draperie Gaudin à Vienne (Isère). Il travailla ensuite pendant cinq ans aux usines de draperie Frenay, puis pendant deux ans à l’usine Dyant, et à l’usine Vaganay quelques mois avant son départ pour le service militaire. Il y fut réembauché à sa démobilisation et y travaillait lorsqu’éclata en février 1932 la grève des Textiles de Vienne.

Élu au comité central de grève, il en fut bientôt le secrétaire et adhéra à la CGTU puis au Parti communiste. Son rôle fut important dans ce dur conflit qui se termina par une défaite, et lui valut d’être inscrit sur la « liste noire » de la Chambre syndicale du patronat viennois. Après la fin de la grève, il fut envoyé à Paris, pour suivre pendant un mois, les cours d’une école centrale de la CGTU et, dès son retour, fut désigné comme secrétaire du syndicat du Textile de Vienne. Licencié de l’usine Vaganay en juin 1932, il réussit à trouver du travail chez Frenay, puis chez Denolly et fut à partir de cette date l’un des principaux dirigeants ouvriers de Vienne. À nouveau licencié en novembre 1935, il ne put retrouver d’emploi régulier. Il avait été candidat aux élections cantonales du 7 octobre 1934 dans le canton de Condrieu (Rhône) et il le fut encore aux élections municipales de mai 1935 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan. La liste socialiste l’emporta. En 1936, le gonflement des effectifs syndicaux consécutif aux grèves de juin permit la désignation, à Vienne, d’un secrétaire permanent du syndical local du Textile de la CGT qui venait d’être réunifiée : Piot assura cette fonction jusqu’à sa mobilisation en septembre 1939.

Classé dans le service auxiliaire, il fut bientôt affecté au « service armé » en 1939-1940. À sa démobilisation, il revint à Vienne, mais ne put y trouver de travail. Il était encore chômeur quand il fut arrêté, le 3 octobre 1940, en même temps que Francisque Terry, secrétaire de la section de Vienne du Parti communiste. Tous deux furent transférés et internés à Fort-Barraux, où ils retrouvèrent d’autres militants comme François Campiglia* et le rédacteur de l’Humanité, Lucien Sampaix*. Jean Piot fut envoyé, avec une cinquantaine d’autres internés, dans une « compagnie spéciale » employée à la construction d’une digue sur la Durance. Peu après son retour à Barraux, il fut, ainsi que d’autres militants communistes transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), en février 1941. Il profita alors d’une permission pour laquelle il avait obtenu une prolongation de trois jours pour s’évader à la veille de la date prévue pour son retour.

Piot rejoignit le Parti communiste dans la clandestinité et, à partir de 1942, fut affecté dans les FTP successivement dans l’Ain, le Jura, la Saône-et-Loire sous le nom de Léon, puis en Savoie, Haute-Savoie et Isère (moins la région viennoise) sous celui de Gaston, utilisant dans ses liens avec la direction le pseudonyme de Poulet. En 1944, il était capitaine FTP, attaché à l’état-major du colonel Rolland (Mudry). Il était à Grenoble le jour de la libération de cette ville et participa aux préparatifs de la publication des Allobroges sous leur forme légale. Il revint peu après à Vienne, reprit ses fonctions de permanent syndical pour les textiles locaux, et le demeura jusqu’en 1953, où le poste fut supprimé, faute de ressources, par la CGT. Il alla alors travailler à Lyon chez Brandt où il resta pendant quatorze ans, jusqu’à sa retraite. Toujours militant du Parti communiste, il fut pendant plusieurs années, secrétaire de la section de Vienne, et c’est dans cette dernière ville qu’il se retira.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article126475, notice PIOT Jean [PIOT Joseph, Jean, Pierre] par Pierre Broué, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 1er août 2021.

Par Pierre Broué

SOURCES : Arch. Nat. F7/13130. — Arch. Dép. Isère, 166 M 23, 52 M 119. — J. Simonnet, La grève des ouvriers du textile de Vienne en 1932, TER Grenoble, 1974. — La Voix du peuple, octobre 1934-avril/mars 1935. — Entretiens de l’intéressé avec J. Simonnet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément