PLANTIER Charles

Par Jean-Michel Gaillard

Né le 27 décembre 1891 à Canaules-et-Argentières (Gard), mort le 29 juin 1965 à Canaules ; secrétaire général de mairie ; militant communiste du Gard ; maire de Canaules élu en 1919 et encore maire à sa mort.

Photo de Charles Plantier dans son dossier du Komintern
Photo de Charles Plantier dans son dossier du Komintern

Charles Plantier était le fils de Casimir Plantier-Noguier, propriétaire vigneron, qui fut maire de Canaules, conseiller général du Gard jusqu’à son décès en 1912 et membre influent du Parti socialiste SFIO. Sa mère, Jenny Plantier, était sans profession au moment de sa naissance. Charles Plantier se maria le 15 novembre 1917 à Nîmes avec Julie Lapirre, puis le 22 juillet 1926 à Moissac avec Ida Meynadier.

doté d’une instruction secondaire (CEP puis brevet), adjudant pendant son service militaire, il adhéra à la SFIO dès 1906 (1907 selon son dossier de Moscou, 1914, selon Compère-Morel*) et au Parti communiste lors de sa création en 1920.

Maire de Canaules dès 1919, il le demeura jusqu’à sa mort et prit part à toutes les luttes politiques du département à l’échelon des responsables de la région Gard-Lozère et de la section d’Alès. Il fut notamment candidat aux élections législatives en 1928 dans la circonscription du Vigan et recueillit 1 227 voix au 1er tour puis 1 368 au second sur 13 106 inscrits. En 1932, il organisa l’Union des municipalités ouvrières et paysannes du Gard. Conseiller général d’Alès-est pendant six ans, secrétaire général de la mairie d’Alès, secrétaire de l’Union des municipalités, animateur de "L’Enfance ouvrière au grand air", secrétaire général du "Cercle du prolétariat" ouvert à Alès le 1er janvier 1935, ce militant communiste, secrétaire de la cellule de Canaules (douze adhérents), se rendit en URSS en 1932 pour six semaines à l’occasion du XVIe anniversaire de la Révolution d’octobre. Le 14 décembre 1933, il rendit compte de ce voyage à la Maison du Peuple de Tamaris et le 22 décembre 1933 au théâtre municipal d’Alès. Il fit ensuite en 1934 une série d’articles dans le Cri d’Alès, journal local hebdomadaire du rayon communiste, articles portant sur "Un kolkhoze en Géorgie", "Les crèches en URSS", "Comment est organisé le pouvoir en URSS" etc... et de nouvelles conférences, notamment sur la situation de la jeunesse en Union soviétique.

Sollicité par la commission des cadres pour rédiger un autobiographie fin 1937, il répondit de façon télégraphique éludant mêmes les questions délicates comme la question 42 sur les trotskistes.
Charles Plantier fut interné administrativement en 1940 à 1943. Il fut libéré du camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), le 15 mars 1943, et se retira à Canaules. Cependant, la gendarmerie, s’appuyant notamment sur les renseignements fournis par Alexandre Durand, président de la délégation spéciale de Canaules et conseiller départemental, proposa son assignation dans une résidence éloignée, le 6 novembre 1943. D’après ses informations, les communistes du village se montraient plus remuants depuis son retour, il recevait des visites de responsables communistes d’Alès (Gard), il se déplaçait beaucoup et, même s’il n’y avait pas d’éléments précis, il était soupçonné d’aider avec ses camarades les réfractaires de la région. Le préfet régional prit, le 9 décembre 1943, un arrêté l’astreignant à résider à Saint-Firmin (Hautes-Alpes). Il mit fin à cet arrêté le 24 février 1944, mais cette décision ne fut pas notifiée au préfet des Hautes-Alpes. C’est pourquoi il n’était toujours pas de retour à Canaules le 26 mai 1944. Charles Plantier avait rejoint la Résistance communiste des Hautes-Alpes. Il participa à l’organisation du XIIIe bataillon FTPF avec lequel il prit part à la libération de Gap. Rentré dans le Gard, il fut désigné comme membre du comité départemental de Libération et du comité local de Libération de Canaules.

Il fut directeur des régies municipales d’Alès et conseiller général d’Alès-Ouest.

Charles Plantier mourut en mars 1965, toujours maire de Canaules. Achille Ratier lui succéda jusqu’en mars 2001. La municipalité était toujours communiste, sous la direction d’Annette Guibal, au début des années 2000.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article126615, notice PLANTIER Charles par Jean-Michel Gaillard, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 13 janvier 2021.

Par Jean-Michel Gaillard

Photo de Charles Plantier dans son dossier du Komintern
Photo de Charles Plantier dans son dossier du Komintern

SOURCES : RGASPI, 495 270 4780, autobiographie, Alès, 24 juin 1937, classé A. — Arch. Nat. F7/13116, 13129, 13130. — Arch. Dép. Gard, 6 M 2044. — Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 208. — Le Cri d’Alès. — Compère-Morel*, Grand dictionnaire socialiste, op. cit. L’Information municipale, mars 1952. — État civil de Canaules-et-Argentières. — Notes de Claude Pennetier et de Jean-Marie Guillon.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément