PLAUD René, Louis

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 6 août 1921 à Viry-Châtillon (Seine-et-Oise, Essonne), fusillé comme otage le 14 avril 1942 à Clairvaux (Aube) ; ingénieur des Arts et Métiers ; militant communiste ; résistant du Front national.

Les fusillés de Villejuif
Les fusillés de Villejuif
copyright Pierre Cardon

Fils d’Auguste Plaud, mécanicien, et de Louise, née Delion, René Plaud demeurait place de la Mairie à Villejuif (Seine, Val-de-Marne). Sa mère était la concierge de la mairie, et son père homme de service. Ce dernier était un militant actif du Parti communiste du rayon de Villejuif, membre de la CGTU, puis de la CGT des ouvriers des communes de la Seine.

Selon José Gotovitch, René Plaud, jeune communiste français, aurait joué un rôle dans les services, notamment en liaison avec des militants belges.
Le 9 septembre 1941, une baraque en planches à usage d’habitation appartenant à Auguste Plaud, au 50 rue de Gentilly à Villejuif, fut perquisitionnée. Sous le plancher, les policiers découvrirent des notes manuscrites, trois cents tracts ; l’Humanité, 27 septembre 1940 ; L’Avant-Garde, novembre 1940, mars 1941, « À bas les camps de travail », « Coup de force contre le sport français » ; des listes de souscription ; des papillons ; des brochures, etc. Ce matériel était destiné, outre Villejuif, aux localités de L’Haÿ-les-Roses, Fresnes, Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly et Arcueil.
La loge et le logement furent perquisitionnés, diverses pièces d’identité et des pesetas démonétisées datant de la République espagnole emportées. Auguste Plaud fut soupçonné d’être le responsable d’un groupe de propagandistes. Il y eut six interpellations, dont le locataire du jardin où était édifiée la baraque sans locataire ; mais les auditions les disculpèrent. Seul Auguste Plaud fut inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Interné à Voves (Eure-et-Loir), déporté à Neuengamme (Allemagne) le 21 mai 1944, il y mourut à une date inconnue.
Il apparut que René Plaud, fils d’Auguste, était le détenteur du matériel. Il travaillait comme manœuvre à la Société Entreprise Industrielle pour le compte des autorités allemandes au champ d’aviation de Dreux (Eure). René Plaud habitait dans une chambre d’hôtel, 190 rue de Paris à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis). Il y fut arrêté vers 21 heures le vendredi 21 novembre 1941, quinze autres jeunes garçons et filles âgés de seize à vingt-trois ans furent appréhendés. Deux jeunes femmes, Gilberte Deslouis et Marie Matéos, déportées à Ravensbrück (Allemagne), rentrèrent après la libération du camp par l’armée soviétique le 30 avril 1945.
René Plaud fut incarcéré à la Santé (Paris, XIVe arr.), et condamné par la Section spéciale de la cour d’appel de Paris, le 2 mars 1942, à cinq ans de prison et mille deux cents francs d’amende pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Incarcéré à la maison centrale de Clairvaux, il a été fusillé comme otage le 14 avril 1942, en représailles à un attentat commis à La Courneuve (Seine, Seine-Saint-Denis) contre un soldat allemand.
Il obtint la mention Mort pour la France et fut homologué résistant.
Un monument fut édifié en l’honneur des vingt et un otages fusillés en ce lieu sur la commune de la Ville-sous-la-Ferté (Aube). Sur le côté gauche de l’édifice figure un otage attaché à un hêtre, regardant les victimes, gravés sur un mur. André Marty, député communiste de Paris, inaugura le lieu en septembre 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article126645, notice PLAUD René, Louis par Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2012, dernière modification le 16 mars 2021.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Les fusillés de Villejuif
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copyright Pierre Cardon

SOURCES : CAC, 20010216/126/3381. – Arch. PPo., 77W 128, 77W 1738. – Arch. André Marty, E VII (CRHMSS). – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 / FN (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Centre de documentation pédagogique de l’Aube. – Mémorial GenWeb. – État civil, Viry-Châtillon.

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