POUILLART Jules, Zéphirin, Désiré

Par Alain Dalançon

Né le 7 avril 1876 à Montigny-sous-Marle (Aisne), mort le 18 août 1958 à Tergnier (Aisne) ; instituteur, directeur d’école ; militant socialiste, maire de Tergnier (1934-1958).

Fils de Jules, Zéphirin Pouillart, instituteur, et de Marie, Henriette Liebert, sans profession, Jules Pouillart, terminait sa formation initiale à l’École normale d’instituteurs de Laon (Aisne), quand il s’engagea volontaire pour trois ans au 45e régiment d’infanterie, pour bénéficier de la loi réduisant à un an la durée du service militaire des jeunes instituteurs ayant souscrit l’engagement décennal. Il fut effectivement renvoyé en septembre 1897 et commença à exercer à La Chapelle puis à Chauny en 1898.

Il se maria avec Marie, Léonie Thiery, institutrice adjointe à Chauny, le 21 août 1901, à Aouste, village ardennais dont elle était originaire. Le couple fut nommé ensuite à Bucy-lès-Pierrepont puis à Saint Gobain. Bien que passé dans la territoriale en 1909, Jules Pouillart fut remobilisé dès le 4 août 1914 comme adjudant. Il passa en 1917 dans différents corps d’infirmiers et ne fut libéré qu’en janvier 1919. Les maladies qu’il contracta au cours de la guerre lui valurent, non sans difficultés, d’être pensionné à 80%.

Après un bref passage à Vélizy dans la région parisienne, il revint à la rentrée 1919 à Saint-Gobain puis fut nommé à Tergnier où il devint directeur d’école, promu à la distinction d’officier d’instruction publique en 1930.

Après la guerre, Jules Pouillard était devenu militant du Parti socialiste SFIO et de la Ligue des droits de l’homme. Conseiller municipal de Tergnier élu en 1929, il provoqua la démission du maire radical, et de deux autres conseillers, rendant nécessaire des élections complémentaires pour trois sièges. La liste socialiste qu’il conduisit l’emporta largement en mars 1933, si bien qu’il fut élu maire. Réélu aux élections normales de 1935, il devait rester maire de sa ville jusqu’à sa mort, en 1958.

Tergnier, cité ferroviaire d’un peu plus de 4000 habitants au milieu des années 1930, connut de durs combats en mai 1940, devint un centre important de la Résistance cheminote (Libération-nord, FTPF, OCM, Défense de la France) fortement réprimée par les Allemands, puis la ville fut très durement touchée par les bombardements alliés en avril et en juin 1944. Le site de la ville indique qu’en dépit de toutes ces épreuves, « la population, à l’exemple de son maire, Jules Pouillart, eut une attitude courageuse et digne ». Tergnier abrite aujourd’hui un musée de la Résistance et de la déportation en Picardie.

La ville se reconstruisit et comptait près de 6000 habitants à la fin de la décennie 1950.

Une rue porte le nom de Jules Pouillart à Tergnier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article127131, notice POUILLART Jules, Zéphirin, Désiré par Alain Dalançon, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES :Rens. mairie de Tergnier et site de la ville (Tergnier et les guerres) . — Le Cri, 18 mars 1933 ; Les Cahiers des droits de l’Homme (nombreux n°s entre 1928 et 1939).— Arch. Dép. Aisne et Ardennes, état civil et registre matricule. — Courte notice DBMOF non-signée.

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