PROST Lucien [PROST Pierre, Lucien]

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

Né le 2 mars 1914 à Cronat (Saône-et-Loire), mort le le 8 décembre 1989 à Cronat ; ouvrier du bâtiment ; militant communiste de Saône-et-Loire, résistant dans l’Yonne, militant communiste et syndicaliste CGT de Haute-Marne.

Fils d’un facteur des postes, Lucien Prost fut un des rares militants du Parti communiste de l’ouest du département de Saône-et-Loire dans les années 1930 ; il fit partie de la cellule de Digoin (Saône-et-Loire) dirigée par Titus Bartoli, cellule qui se trouvait à quarante-huit kilomètres de son domicile. En 1937, Prost créa une cellule à Bourbon-Lancy.

Lucien Prost appartint au syndicat des Métaux de Bourbon-Lancy (usine Puzenat) et fut licencié pour activités syndicales en juin 1938.

Après l’interdiction du Parti communiste, il fut en contact avec Jean-Marie Damichel et Henri Rebillard à Cressy-sur-Somme.

Résistant communiste, Lucien Prost fut un des initiateurs de la grève des mineurs de 1943 à Montceau-les-Mines ; après avoir dormi chez le père de Paul Dut , il harangua les mineurs sur les puits.

Responsable régional clandestin du Parti communiste dans l’Yonne en juin 1944, succédant à Gaston Monteille, il fut épaulé par sa femme, Simone, qui lui servait d’agent de liaison.

Premier secrétaire de la fédération de l’Yonne à la Libération, entouré de Eugène Bineau, Georges Lacoste, Roland Souday, Yves Labalette et Maria Valtat, il fut élu conseiller général de l’Yonne après la Seconde Guerre mondiale. Ultérieurement, il fut secrétaire fédéral du Parti communiste pour la Haute-Marne.

Élu du bureau fédéral à compter de 1952, il y siégea jusqu’en 1969 au moins. En 1961, Lucien Prost avait suivi une école centrale de quatre mois du PCF et militait à la section de Chaumont (jusqu’en 1965).

Lucien Prost poursuivit également après guerre ses activités syndicales. Secrétaire du syndicat du bâtiment en 1953, il devint l’année suivante permanent et secrétaire général de l’Union départementale CGT de Haute-Marne jusqu’en 1972.

À la retraite vers 1975 , il vint se réinstaller dans sa commune natale, à Cronat, et relança la section PCF de Bourbon. Il fut candidat PCF dans le canton de Bourbon aux élections de 1976, il entreprit d’écrire une histoire de la CGT en Saône-et-Loire, sans la terminer. La chute du mur de Berlin le choqua violemment ; il prononça un dernier discours le 11 novembre 1989 devant la stèle du maquis de Maringes et mourut quelques jours après, 8 décembre, à Cronat. Son épouse, Jeanne, militante active s’éteignit peu de temps après. Le couple avait eu une fille, Danièle, née avant 1940 , puis un garçon et une fille après la Libération.

Le couple fut enterré au cimetière de Cronat avec une cérémonie organisée par la section communiste et un discours de Louis Hubert.

Un autre Prost, Claude, mineur, trente ans en 1952, adhérent du PCF en 1946, était secrétaire de la section de Montceau-les-Mines et membre du bureau fédéral. Deplus un Raymond Prost, trente-cinq ans en 1957, mineur, adhérent de la CGT en 1955 et membre du comité fédéral en 1957.
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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article127485, notice PROST Lucien [PROST Pierre, Lucien] par Julien Lucchini, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. IHS-CGT (399 CFD 30). — Robert Loffroy, Souvenirs de guerre (1939-1945), tapuscrit, 2014, p. 246, 252, 318. — Notes de H. Louis. — Notes de Louis Hubert : témoignages Paul Dut, témoignages personnels, lettres et interventions, archives PCF Bourbon et ANACR Bourbon.

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