QUETÉ Gustave, Jules, Marie

Par Jacques Omnès

Né le 3 juillet 1890 à Saint-Hilaire-de-Talmont (Vendée), mort le 7 janvier 1979 à Saint-Berthevin (Mayenne). Instituteur ; secrétaire du syndicat de l’Enseignement laïque de la Mayenne.

Fils d’un instituteur républicain, Gustave Queté fréquenta l’École normale de 1907 à 1910. Nommé en Mayenne, successivement à Colombiers-du-Plessis, à Villaines-la-Juhel puis à Courcité, il adhéra à la section syndicale des membres de l’Enseignement laïc de la Mayenne en octobre 1913. Dès l’École normale, il s’était rendu plusieurs fois à la Bourse du Travail de Laval où il avait eu des contacts avec des instituteurs syndicalistes, notamment Camille Lhuissier* et Auguste Durand*.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la section syndicale décida de se transformer en un syndicat de l’Enseignement laïque de la Mayenne adhérent à la Fédération des syndicats de l’Enseignement laïc et à l’Union départementale CGT. Gustave Queté fut élu membre du conseil syndical. Il fut également chargé de l’administration du bulletin syndical mensuel, l’Émancipation.

Faisant partie des membres non rééligibles du conseil syndical, le 23 mai 1920, il resta cependant administrateur du bulletin. Il retrouva son mandat à l’assemblée générale du 31 mai 1923 où il remplaça Auguste Durand au poste de secrétaire. En 1924, il fut également secrétaire du Groupe d’entente pour la réintégration des révoqués. Le 9 octobre 1925, le conseil syndical fut remplacé par un bureau dont il devint le secrétaire.

À l’assemblée générale du 30 mai 1925, Gustave Queté réprouva « la campagne menée contre les camarades communistes qui dirigent actuellement la Fédération ». Il fit voter un ordre du jour allant dans le même sens. Quelques mois plus tard, rendant compte du congrès de Paris, auquel il avait participé, il réaffirma que le bureau fédéral n’était « ni directement, ni indirectement, sous les ordres du Parti communiste ». Il conserva le secrétariat une année de plus et fut remplacé le 22 juillet 1926 par Émile Goupil*. Le 23 janvier 1927, il fut désigné comme délégué à la propagande.

Au début de 1930, il fut à nouveau élu secrétaire du syndicat. Il fut remplacé à ce poste par André Guyard* au début 1932. Il remplaça Camille Lhuissier* dans les fonctions de délégué de l’École émancipée à l’assemblée générale du 19 octobre 1933.

Le 5 décembre 1935 eut lieu l’assemblée générale de fusion du syndicat unitaire des enseignants affilié à la CGTU et de la section mayennaise du SNI (CGT). Une commission administrative de seize membres, comprenant dix ex-SNI et six ex-unitaires, parmi lesquels Queté, fut élue. Le 12 décembre, la nouvelle CA le désigna comme membre de la commission pédagogique. Il devint également secrétaire de la commission « éducation sociale ».

Gustave Queté donna sa démission du conseil syndical au cours de la réunion du 5 novembre 1936. Par contre, il fut élu à la commission administrative en 1938. La section était dirigée par des militants ou des sympathisants du courant École émancipée, minoritaire au niveau national. Mais, au cours de l’assemblée générale du 30 juin, à laquelle participait le secrétaire national du SNI en personne, la majorité des présents approuva le rapport moral national, ce que la direction départementale interpréta comme un désaveu. Dans ces conditions, l’assemblée générale du 6 octobre 1938 enregistra la démission des minoritaires du bureau. Cette attitude leur ayant été vivement reprochée, Gustave Queté défendit la décision de ses camarades dans un article publié par la Voix syndicale de décembre, sous le titre « De la coupe aux lèvres ». Il ne se représenta pas aux élections à la commission administrative pour 1939.

Pendant la guerre, Gustave Queté fut déplacé d’office d’Andouillé à Chevaigné-du-Maine pour sa participation à la grève du 30 novembre 1938. Comme secrétaire de mairie, il put fournir des cartes d’alimentation à des Résistants. À la Libération, il fut nommé d’office à Andouillé puis prit sa retraite.

Bien que sympathisant communiste dans les années vingt, Gustave Queté n’avait jamais adhéré à un parti politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article127769, notice QUETÉ Gustave, Jules, Marie par Jacques Omnès, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Jacques Omnès

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne, 1 W 2892. — L’Émancipation, 1919-1927, octobre 1933, février 1934. — La Voix syndicale, 1936-1939, février 1972. — Témoignage de Gustave Queté.

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