QUILICI Paul

Par Antoine Olivesi

Né le 21 juin 1882 à Coti-Chiavari (Corse) ; fonctionnaire des PTT, militant syndicaliste.

Paul Quilici entra aux PTT le 29 août 1901 et adhéra immédiatement à l’Association générale des agents. Nommé surnuméraire à la ligne de Lyon en septembre 1901, il passa, deux ans plus tard, surnuméraire ambulant, mais, en novembre 1903, il fut mis en disponibilité pour appel sous les drapeaux. Il fut réintégré l’année suivante comme commis ambulant à la gare de Lyon. Militant syndicaliste, il fut, de 1906 à la guerre, délégué des postiers de la gare de Lyon à tous les congrès de l’association. En 1906, il fut l’un des quarante-deux agents à se solidariser avec les facteurs en grève et, en 1907, fut révoqué pour avoir signé la « lettre ouverte à Clemenceau » (voir Clavier*). En signe de protestation, ses camarades le présentèrent aux élections pour ce même conseil de discipline qui venait de prononcer cette sentence. Quilici fut réintégré en février 1908 ; l’année suivante, il fut à nouveau suspendu pour son rôle durant la grève de mars et menacé de changement de résidence par le conseil de discipline devant lequel il comparaissait à nouveau en mai 1909. Il fut d’ailleurs déplacé à Laon (Aisne) en mai 1910, suite, dit-on, au rôle qu’il avait joué dans la campagne électorale en s’opposant à la candidature de Millerand. Ayant refusé de rejoindre ce poste, il fut suspendu, puis révoqué en août 1910 ; il fonda alors à Paris une société ouvrière anonyme à capital variable : l’imprimerie « Posta » qui publiait des brochures et imprimait des textes publicitaires.

Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1906, Quilici fut candidat aux élections municipales de 1910 dans le XIIe arr. de Paris. En 1912, à Lyon et en 1914, à Amiens, il représenta la fédération socialiste de la Corse aux congrès nationaux du Parti SFIO.

En 1914, il rejoignit sur sa demande le 76e régiment d’infanterie et fut blessé grièvement le 31 août. Il retourna au front le 1er novembre 1915 et fut intoxiqué par les gaz en 1917. Il fut décoré de la croix de guerre.

Nous ignorons comment vécut Quilici de 1918 à 1930.

Le 15 avril 1931, Quilici sollicita, avec l’appui de Laval, sa réintégration. Celle-ci lui ayant été refusée, il essaya de rouvrir son atelier.

Secrétaire de la 14e section du Parti d’unité prolétarienne, constituée le 27 janvier 1931, Paul Quilici quitta Paris pour Marseille où il fut candidat en décembre 1934 de l’Union socialiste ouvrière dans le 9e canton. Il n’obtint que 77 voix et se retira pour le communiste Cristos. En mars 1936, Quilici était secrétaire général du comité départemental Front populaire des anciens combattants et président des Croix de bois.

Entre 1934 et 1937, Paul Quilici collabora régulièrement au Midi syndicaliste, journal de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône. Il était également journaliste au Petit Provençal. Dans sa chronique « Libre opinion d’un militant », il se montra favorable à l’unité syndicale en 1936. Pourtant, deux ans plus tard, devant la mainmise des communistes sur l’UD il fit partie de ceux qui signèrent, le 10 avril 1938, un appel se réclamant des amis de « Syndicats », tendance favorable à l’indépendance syndicale. Il signa ce texte au nom du syndicat des journalistes.

Il avait fait campagne pour Henri Tasso*, aux élections cantonales d’octobre 1937. Au congrès fédéral SFIO d’Arles, en mai 1939, il attaqua violemment Maurice Thorez et la politique du Parti communiste.

Paul Quilici a eu deux filles qu’il éleva seul très longtemps, sa femme étant décédée ou partie. L’aînée des filles, Paule, épousa Henri Jullien (voir ce nom).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article127799, notice QUILICI Paul par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 15 novembre 2016.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Archives Quilici (Centre d’Histoire du syndicalisme, Sorbonne). — Brochure : Trois agents des postes devant le conseil de discipline, 1907. — Bulletin officiel de l’AG des agents des PTT. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/10809. — Le Midi syndicaliste, 1934-1935. — Le Petit Provençal, 1937-1939. — Rouge-Midi, 8 décembre 1934. — M. A. Stagliano, Le Midi syndicaliste, op. cit. – Notes de Pierre Nourissier.

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