RADIGUET Paul, Lucien

Par Claude Pennetier

Né le 15 avril 1906 à Saint-Maur-des-Fossès (Seine), mort le 29 décembre 1981 au Vigan (Gard) ; aide-chimiste ; membre du comité central des JC élu en 1929 et 1932 ; envoyé comme instructeur communiste à Oran (Algérie) de décembre 1932 à mars 1933.

Fils du dessinateur-caricaturiste, Maurice Radiguet (1866-1941) et Marie-Louise Tournier (1884-1958). Paul Radiguet était le frère cadet de l’écrivain Raymond Radiguet (1903-1923). La famille comptait sept enfants. Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1923, notons que c’est l’année de la mort de la typhoïde de son jeune et déjà célèbre frère. il était aussi le frère de Jean Radiguet
Aide chimiste pendant quatre ans, il milita activement à la CGTU et siégea en 1927 à la commission exécutive de la Fédération unitaire des produits chimiques. Il fut permanent permanent responsable du travail parmi les enfants. Soldat d’avril 1928 à 1929, secrétaire de cellule de caserne, il fut élu membre du comité central des Jeunesses communistes à l’issue du congrès d’octobre 1929. Il entra au bureau des JC après le congrès de Montigny-en-Gohelle (voir Georges Charrière) et continua à diriger le bureau des enfants. Il est dit parfois, notamment pendant son séjour en Algérie, membre du comité central du Parti communiste, il ne l’ait pas formellement même s’il lui arriva d’assister à des réunions du CC. Sa participation aux grèves (mineurs du Gard, 1931 ; textile de Roubaix-Tourcoing, 1931) prenait la forme de l’organisation de groupes de pionniers avec les enfants des grévistes.

Envoyé en Algérie par la commission coloniale du Parti communiste pour relancer l’activité de la région algérienne qui était alors tombée à quelque 150 membres, il arriva fin 1932 et consacra l’essentiel de son activité à l’Oranais. Il fut arrêté huit jours pour avoir pris la parole dans un souk. En avril 1933, il écrivit un article dans les Cahiers du bolchevisme, « Les paysans d’Algérie en lutte contre les expropriations ». Le comité central du PCF prononça son exclusion le 16 juin 1935 pour « s’être laissé entraîner dans les luttes de fractions entre différents éléments douteux ». Il laissa à Oran le souvenir d’un cadre autoritaire dont la mission fut un échec. Longtemps après, en 1948, le dirigeant de la commission coloniale du PCF, Elie Mignot, reprit ses mises en cause dans le dossier d’exclusion d’Amar Ouzegane accusé d’avoir été un comparse de Paul Radiguet.

Paul Radiguet mourut le 29 décembre 1981 au Vigan (Gard).

Deux Radiguet de Saint-Maur-de-Fossès, de toute évidence de la même famille furent déportés "NN" et moururent en Allemagne :
Jean Radiguet, né le 7 juillet 1922, mort le 23 mars 1945 à Boelcke-Kaserne.
Robert Radiguet, né le 1er août 1924, mort à Dachau le 16 avril 1945.
Ils auraient été communistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article127922, notice RADIGUET Paul, Lucien par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 605. &#8212. — Arch. Nat F7/13085. — Cahiers du bolchevisme, 15 avril 1933. — Bernard Pudal, Claude Pennetier, Le souffle d’octobre 1917. L’engagement des communistes français, Les Éditions de l’Atelier, 2017, p. 237-239. — Notes de René Gallissot.— Base FMD.

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