RANAIVO Paul

Par S. Randrianja

Né et mort à Antananarivo (Madagascar) : 1902- 15 septembre 1962. Commerçant, militant anticolonialiste et syndicaliste, membre du Bureau politique du Parti communiste malgache (1937), membre de la Fédération de Madagascar du Parti socialiste ouvrier et paysan, puis membre du Bureau politique du Mouvement démocratique pour la rénovation de Madagascar.

Ce fut pendant les années trente, alors que le mouvement national malgache était à son apogée que Paul Ranaivo, marchand de tissus aux pavillons d’Analakely et tailleur occasionnel, se joignit à ce mouvement aux côtés de J. Ravoahangy, J. Ralaimongo et Paul Dussac*. Il devait être le bailleur de fonds du mouvement. Il finança par exemple le journal du mouvement, l’Aurore malgache. Ce journal fut fondé sous le "proconsulat" du gouverneur général Cayla. Celui-ci, dès son arrivée à Madagascar, s’en prit aux militants malgaches et français ainsi qu’à leurs associations : les coopératives de consommation créées par Dussac auxquelles appartenait Paul Ranaivo, les différentes sections du Secours rouge international. Ce vaste mouvement de répression concerté et planifié provoqua un développement rapide du mouvement national malgache et de la solidarité internationale. Paul Ranaivo n’échappa pas à la vague de répression et fut condamné plusieurs fois ainsi que ses camarades.

En 1936 et dans les années qui suivirent, Ranaivo prit une part active dans la fondation et l’animation du premier Parti communiste malgache fondé par Paul Dussac*. Il parcourut les villages et les provinces, profita des foires pour mener une propagande active en faveur de l’indépendance et du Parti communiste malgache, soutenant le Front populaire métropolitain. Lorsque le Parti communiste malgache, déjà moribond, fut désavoué par le Parti communiste français en 1938, il prit l’initiative de le dissoudre en 1939.

Lors des élections pour désigner le représentant malgache au sein du Conseil supérieur de la France d’outre-mer, en mars 1939, Paul Ranaivo se présenta contre le pasteur Ravelojaona après qu’il eût proposé à ce dernier un programme commun. Devant son refus, Paul Ranaivo mena sa propre campagne électorale. Son comité était dirigé par Maître Albertini, avocat qui défendait la cause malgache et Ranaivo fut soutenu par le groupe qui constituait auparavant le Parti communiste malgache. Au dernier moment cependant, Ranaivo se désista en faveur de son principal concurrent Ravelojaona et demanda à son comité de soutenir ce dernier après que celui-ci eût accepté d’établir un programme électoral sur la base du programme constitué par le groupe de Paul Ranaivo. Ce fut donc en partie grâce à lui que Ravelojaona fut élu sans ballottage.

La guerre et le ralliement du gouvernement de Madagascar à Vichy freinèrent considérablement le développement du mouvement national malgache qui avait aussi terriblement souffert du désaveu public du Parti communiste français à son encontre. Et ce n’est qu’en 1942 que Ranaivo forma et anima le Syndicat des marchands et commerçants d’Analakely, qui demandait principalement l’augmentation du quota d’importation pour les marchands malgaches. Boiteau et Gaubert l’aidèrent efficacement dans cette difficile tâche.

En octobre 1945, lors des élections législatives, Ranaivo mena la campagne électorale en faveur de Ravoahangy. Ces élections virent la victoire de Ravoahangy (10 000 voix) sur Ravelojaona (8 000).

Lorsque le Mouvement démocratique pour la rénovation de Madagascar fut fondé en métropole en 1946, Paul Ranaivo fit partie du Bureau politique de ce parti. À la suite d’une manifestation, il fut arrêté et accusé avec deux autres de ses amis d’en être les instigateurs. Arrêté le 25 juin 1946, il fut condamné quelque temps plus tard à deux ans de prison et gardé dans un camp militaire et ne put participer au soulèvement populaire de 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128073, notice RANAIVO Paul par S. Randrianja, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 7 avril 2014.

Par S. Randrianja

ŒUVRE : Tolom-pahafahana ho an’ny fahaleovantenan’i Madagasikara, Genève, Imp. genevoise, 1977, 136 p.

SOURCES : Tolom-pahafahana ho an’ny fahaleovantenan’i Madagasikara, imprimerie genevoise, Genève, 1977, 136 p. — L’Aurore malgache, 1930-1934.

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