RASCLE Jean-Baptiste

Par Y. L.

Né à Saint-Étienne (Loire) le 1er février 1882 ; ouvrier fraiseur ; militant syndicaliste révolutionnaire de la Loire.

Fils de commerçants bouchers, Jean-Baptiste Rascle fut condamné dès 1904 par la justice militaire à un mois de prison pour abandon de poste. Deux ans plus tard, il effectua dix jours de prison pour outrages à agents. Rascle fut acquitté par la Cour d’assises. Animateur des Jeunesses syndicalistes et du Groupe d’action syndicaliste de Saint-Étienne, Rascle fut, de 1910 à 1914, une des grandes figures de l’agitation révolutionnaire et antimilitariste dans la région. À la fin de l’année 1910, il était proposé pour l’inscription au carnet B. en même temps que Benoît Liothier, Jean-Marie Tyrlot, Urbain Malot, entre autres, pour avoir mené la campagne contre les bagnes militaires.

Il fut le délégué de la Bourse du Travail de Saint-Étienne dans quelques-uns des conflits les plus durs du moment. Lors de la grève nationale des cheminots de 1910, il conduisit avec Totti, le 15 octobre, le cortège des deux mille militants qui tentèrent d’occuper la gare de Châteaucreux ; face à la mobilisation de la police et de la cavalerie, la manifestation tourna à l’émeute, des barricades furent édifiées ; le 17, Totti et Rascle furent arrêtés pour leur rôle dans la journée. En juin et juillet 1911, il alla animer, pendant quarante-huit jours, la grève des chargeurs de wagons aux Aciéries de la Marine de Saint-Chamond ; en août et septembre, il était auprès des grévistes des aciéries de Lorette ; en novembre et décembre, auprès des mécaniciens-constructeurs en automobiles de la même ville. Il était alors signalé comme un des anarchistes les plus dangereux.

Il participa à la fondation, le 18 novembre 1911, de l’Union départementale au sein du syndicat de la métallurgie qui était à Saint-Étienne la place forte du syndicalisme révolutionnaire. La même année, il avait été délégué, en avril, au congrès de la Fédération des métaux à Paris où il était intervenu.

En 1913, aux côtés de Liothier, Totti et Mongour, Rascle prit une part active à la lutte contre la loi des trois ans, multipliant les tournées de propagande et les meetings ; en juin, il fut arrêté à Firminy alors qu’il vendait des chansons révolutionnaires au profit des soldats emprisonnés ; le tribunal correctionnel de Saint-Étienne le condamna à quinze jours de prison pour injures à agents. Quand la guerre éclata, Rascle fut du groupe d’antimilitaristes qui se cachèrent un temps dans les bois du Pilat.

En 1918, après avoir milité avec Bénetière au Comité de défense sociale, puis à l’ARAC, il participa à la constitution, en octobre 1920, du comité syndicaliste révolutionnaire, avec Soullier des typographes, Dieu des Métaux, Lorduron du Bâtiment et Pourreaux, trésorier de la Bourse du Travail. C’est lui qui avait pris contact à Paris avec la minorité syndicaliste où il avait rencontré en mai 1920 Godonnèche qui remplaçait alors à la tête des CSR Monatte emprisonné.

Militant du Groupe anarchiste d’études philosophiques, il salua en août 1920, les « bienfaits » du bolchevisme et fut représentatif du courant anarchiste révolutionnaire séduit par la Révolution russe.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128124, notice RASCLE Jean-Baptiste par Y. L., version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Y. L.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12994 et 13053. — Arch. Dép. Loire, 10 M 25 et 26, 19 M 10 et 19 M 25, 92 M 191 et 192, 92 M 194.

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