RENAUD Élisabeth

Par Justinien Raymond

Née le 8 août 1846 dans le Doubs, morte le 15 octobre 1932 ; institutrice ; militante socialiste depuis 1896 ; féministe ; hors du Parti socialiste à partir de 1914, convertie en 1925 à l’Adventisme du Septième Jour.

Institutrice, Élisabeth Renaud fut, avant la guerre de 1914, une active militante féministe et socialiste. Après la mort d’Aline Valette en 1899, elle fonda avec Louise Saumoneau le Groupe féministe socialiste (parfois désigné comme groupe des Féministes socialistes). En septembre 1899, le groupe diffusait un texte affirmant l’innocence d’Alfred Dreyfus. Au printemps de 1901, dans le vide créé par la disparition de L’Harmonie sociale, journal éphémère d’Aline Valette, Élisabeth Renaud créa le mensuel La Femme socialiste qui dura jusqu’en 1902 et, le plus souvent, se plaçait sur le terrain de classe. Mais le Groupe féministe socialiste, formé surtout de membres de l’enseignement et de travailleuses de l’habillement, connut de grandes difficultés. En 1900, le groupe adhéra à la Confédération des socialistes indépendants ; en mars 1900, une de ses réunions publiques était cependant présidée par Jean Allemane. En 1902, Élisabeth Renaud était la secrétaire de l’Union féministe socialiste de la Seine.

Élisabeth Renaud participa activement au congrès international de la condition et des droits de la femme qui se tint à Paris (5-8 septembre 1900). Aux élections législatives de 1910, le groupe féministe universitaire posa sa candidature dans la 2e circonscription de Vienne (Isère). Elle était aussi la candidate de la fédération socialiste SFIO. Elle recueillit 2 869 voix, évidemment considérées comme nulles. Dans le quartier de l’Odéon (VIe arr. de Paris), la fédération socialiste de la Seine posa sa candidature aux élections municipales de 1912 : soutenue par Jean Longuet, elle obtint 482 suffrages là où le candidat SFIO en avait obtenu 202.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128528, notice RENAUD Élisabeth par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 août 2020.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Hélène Heinzely, Le Mouvement socialiste devant les problèmes du Féminisme, DES, Paris, p. 97-98, 112, 168-169. — La Petite République, 1er, 8 et 17 mars 1900. — Le Parti ouvrier, 16 mai 1902. — L’Humanité, 25 avril 1910. — L’Action féministe, n° 8, juin 1910. — Notes de Julien Chuzeville.

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