REVEST Fernand, Victor, Adrien

Par Jacuqes Girault

Né le 6 mars 1903 à Bandol (Var), mort le 11 octobre 1968 à Toulon (Var) ; ouvrier à l’Arsenal maritime ; militant syndicaliste ; militant communiste ; adjoint au maire de Toulon .

Fils d’une journalière, Fernand Revest habita avec sa mère à Bandol jusqu’en 1919. Il devint alors apprenti ajusteur à l’atelier des machines (Constructions navales) de l’Arsenal maritime de Toulon, le 1er septembre 1919. Il habitait rue du Gars dans le quartier de Besagne et y demeura toute sa vie. Après son service militaire à partir d’avril 1923, il revint à l’Arsenal en novembre 1924. Syndiqué à la CGTU, il adhéra au Parti communiste en 1928. De grande stature, il était surnommé "le Grand".

Passé à l’atelier des torpilles en 1929, membre du conseil d’administration du syndicat CGTU depuis 1927, Fernand Revest était membre du comité de rédaction de L’Emancipateur de l’Arsenal, journal du syndicat CGTU dont il était devenu secrétaire aux procès-verbaux. Membre de la commission des jeunes de l’Union locale CGTU, il était, à la fin de 1930, membre de la commission exécutive de le neuvième Union régionale CGTU. Dans le répertoire saisi sur Georges Kraus, il était indiqué "bureau de rayon, commission Cri de l’Arsenal".

Secrétaire-adjoint du syndicat, délégué à la commission locale des salaires et à la commission mixte consultative du travail depuis 1931, membre du comité départemental du Secours rouge international, Fernand Revest devint, le 16 mai 1931, secrétaire du rayon communiste du Var. A ce titre, il faisait partie de la rédaction du nouvel hebdomadaire, Le Var ouvrier et paysan et fut le responsable de la campagne électorale de 1932 dans la deuxième circonscription. Le 15 mai 1932, au congrès du rayon communiste, il était renouvelé seulement comme membre du bureau du rayon et était secrétaire-adjoint de la cellule communiste de l’Arsenal maritime. Au début d’octobre 1932, il fut réélu membre suppléant de la commission locale des salaires et de la commission mixte consultative du travail, avec 2 211 voix sur 7 500 ouvriers inscrits environ.

Fernand Revest fut au cœur des actions corporatives des ouvriers de l’Arsenal dans la période suivante. Disponible, il était l’homme à tout faire, proche des ouvriers et apprécié de ceux-ci. Président de plusieurs réunions, qu’il s’agisse de réunions CGTU que de réunions du comité d’unité d’action, il jouait aussi un grand rôle dans le rapprochement avec la CGT dans l’établissement et sur le plan local. Secrétaire de l’Union locale CGTU depuis 1932, il participa au congrès national de la CGTU (24-27 septembre 1935), représentant aussi les syndicats du parc d’artillerie et des cheminots de Provence.

Aussi, en août 1934, Fernand Revest fut-il désigné comme candidat communiste pour le Conseil d’arrondissement dans le troisième canton de Toulon, mais fut finalement remplacé. Secrétaire-adjoint du rayon communiste du Var, il fut élu conseiller municipal de Toulon lors d’une élection complémentaire, sur la liste d’ "unité d’action" aux côtés de neuf communistes. Le 28 octobre 1934, il obtint 3 490 voix sur 27 938 et fut élu avec 5 034 voix au deuxième tour. Il siégea à la commission des travaux. A nouveau candidat, le 5 mai 1935, aux élections municipales, il réunit 2 611 voix sur 29 381 inscrits.

En tant que secrétaire de l’Union locale, Fernand Revest participa au bureau du premier comité de Front populaire à Toulon, le 20 août 1935. Lors du congrès d’unification de l’Union départementale CGT, le 22 décembre 1935, il devint secrétaire-adjoint. Elu suppléant, le 1er octobre 1936, à la commission locale des salaires, il remplaça le titulaire peu après. Réélu secrétaire-adjoint de l’UD, le 10 et 11 juillet 1937, après avoir été élu à la commission exécutive par 188 mandats, lors de la réunion extraordinaire avec Benoît Frachon et Léon Jouhaux, le 31 août 1937, il fut désigné dans la commission de six membres chargée de faire des propositions de réorganisation de l’UD. Toujours secrétaire-adjoint de l’UD et du syndicat CGT de l’Arsenal, il remplaça André Guès au poste de secrétaire général en février 1939.

Après l’élection comme député du communiste Jean Bartolini en juin 1935, puis en mai 1936, Revest fut le principal responsable communiste à l’Arsenal. Dès sa création, il fit partie du bureau régional communiste du Var.

Mobilisé le 3 septembre 1939 au camp de Caïs à Fréjus (Var) dans l’Infanterie, démobilisé le 22 juillet 1940, Fernand Revest reprit son travail à l’Arsenal. Par décret préfectoral du 4 septembre 1940, il fut interné au centre de séjour surveillé de Chibron (près de Signes, Var), le 10 septembre 1940 et fut transféré à Fort-Barraux (Isère), le 14 février 1941 à la fermeture du camp, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Apprenant son congédiement de l’Arsenal, le 23 novembre 1941, dans sa lettre de demande de réintégration, il indiquait qu’il avait sa mère à charge. Envoyé à la citadelle de Sisteron (Basses-Alpes), il participa à l’évasion collective du 6 juin 1944. Il combattit dans la deuxième compagnie du premier bataillon du premier régiment FTPF dans le Sud de la Drôme (région de Nyons) jusqu’au 25 septembre 1944 où il était sous-lieutenant.

Lors de la réunion de réorganisation du syndicat CGT de l’Arsenal maritime, en juin 1944, Fernand Revest fut maintenu comme secrétaire-adjoint. Réintégré avec effet rétroactif au 10 septembre 1940, dans l’établissement, il exerça les responsabilités de secrétaire-adjoint du syndicat jusqu’à son départ à la retraite, le 30 juin 1958. Du 20vjanvier 1955 au 22 octobre 1956, il bénéficia d’un statut protégé (exemption de travail, maintien de salaire, autorisation de circulation libre). Une autorisation semblable lui fut délivrée quand il devint secrétaire du syndicat, le 14 janvier 1957. Affecté à l’atelier des mouvements généraux de la DCAN, le 7 juillet 1947, il anima toute l’activité syndicale et fut plusieurs fois sanctionné :
- 4 décembre 1947, quinze jours de réduction de salaires pour prise de parole au restaurant, le 21 novembre 1947, en vue d’une grève ;
- 31 août 1948, deux jours de mise à pied à la suite de son attitude les 30 juillet et 2 août pour provoquer une grève ;
- 25 mars 1949, quatre jours de mise à pied pour avoir conservé des tracts de la CGT dans sa serviette ;
- 15 février 1950, quatre jours de réduction de salaire pour débrayage ;
- 18 et 25 octobre 1950, trente jours de réduction d’un échelon de salaire pour débrayage.
Inculpé avec d’autres syndicalistes et communistes varois en juillet 1952, Fernand Revest fut emprisonné jusqu’au 28 juillet 1952.

Membre du bureau de la fédération communiste, désigné à nouveau par la conférence fédérale de juin 1947, candidat aux élections municipales de Toulon sur la liste "d’Union républicaine et résistante", le 8 mai 1949, Fernand Revest obtint 16 960 voix et signes préférentiels. Sur la liste communiste, le 22 mai 1955, avec 13 746 voix et signes préférentiels sur 68 767 inscrits, il fut un des douze élus. Dans le cadre d’un accord avec les élus socialistes SFIO pour la gestion de la ville, il devint septième adjoint, délégué au service des eaux, à l’assainissement et aux abattoirs. Le maire Édouard Le Bellegou enleva aux adjoints communistes leurs délégations en décembre 1956 à la suite des événements de Hongrie. Ils démissionnèrent de leurs fonctions d’adjoints au début de décembre 1958 pour protester contre le vote positif des élus socialistes au référendum. Revest, à nouveau candidat aux élections municipales sur la liste "d’union de défense républicaine…" qui obtint, le 8 mars 1959, 15 374 voix sur 89 558 inscrits, fut réélu. Candidat au poste de sixième adjoint, il obtint 11 voix sur 32 votants, le 21 mars. Il figurait à nouveau sur la liste "d’union républicaine et laïque…" en 1965. Le 14 mars, elle obtint 13 644 voix sur 95 789 inscrits et, au deuxième tour, 15 907 voix. Il fit partie de différents comités de parrainage des candidats communistes lors des élections législatives ou cantonales.

Fernand Revest, responsable du syndicat CGT des retraités de l’Arsenal, s’occupait plus largement des questions des retraités à la Bourse du Travail.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128648, notice REVEST Fernand, Victor, Adrien par Jacuqes Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 septembre 2021.

Par Jacuqes Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13118, 13123, 13127, 13134, 13644. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 35 4, 4 M 46, 47, 48, 49 4 2, 3, 51, 54, 59 2, 4 1, 3, 4, 4 M 291, 16 M 19 4, 18 M 5, 14, 3 Z 2 6, 10, 23, 4 22, 29, 16 7, Cabinet. — Arch. IIIe Région mar. : 2 A 1 2206, registre matricules, mat. 14 165, dossier individuel — Arch. privées, Michel Goutier, Julien Sauli. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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