REVOL Désiré [REVOL Fernand, Désiré]

Par Roger Pierre et Maurice Moissonnier

Né le 24 janvier 1896 à Miribel (Drôme) ; formier ; militant communiste ; syndicaliste CGTU ; oppositionnel.

Fils d’un cultivateur, Désiré Revol, ouvrier en chaussures (formier) à Romans (Drôme), était secrétaire de la section communiste locale en 1922. Il y combattit l’influence de Jules Nadi* ; après l’exclusion de ce dernier, la démission de Jules Blanc* et la scission de 1923, il contribua à réorganiser la Fédération SFIC de la Drôme dont il prit la direction en 1924.

Militant aussi au syndicat des Cuirs et Peaux, Désiré Revol fut l’un des dirigeants de la grève générale au cours de laquelle plus de cinq mille ouvriers et ouvrières de la chaussure cessèrent le travail à plusieurs reprises et affrontèrent les dragons et les gendarmes. Inculpé de « violation de domicile et d’entrave à la liberté du travail », Revol fut condamné par défaut, le 15 mai, à six mois de prison sans sursis et 200 F d’amende (voir Lucien Bernizet*).

En 1925, Désiré Revol devint secrétaire de l’Union départementale des syndicats unitaires du Rhône ; il animait en outre le comité d’action contre le fascisme, fondé à Lyon avec le Parti communiste, l’ARAC et la CGTU en janvier 1925, qui joua un certain rôle dans la lutte contre la guerre du Maroc. Il appartenait à la commission syndicale régionale et au comité régional du Parti communiste. Il devint enfin administrateur de la Maison du peuple de Monplaisir-la-Plaine. Au IIIe congrès national de la CGTU (Paris, août 1925), c’est sur son rapport que fut décidé le remplacement des UD par des UR dont le nombre fut fixé finalement à 28.

Le 1er décembre 1925, à la réunion du comité central du PC tenue avec les secrétaires régionaux et les secrétaires des Unions départementales unitaires membres du parti, Désiré Revol contesta « la très mauvaise politique syndicale [poursuivie]. Il faut laisser, disait-il, aux syndicats une allure non communiste pour ne pas en éloigner les masses ». Il demanda la spécialisation des militants avec une réunion mensuelle des responsables de différentes branches. A la conférence régionale tenue à la Bourse du Travail de Lyon les 20 et 21 février 1926, il reprocha à René Fromage* envoyé du comité central pour redresser la situation dans la région, une direction trop personnelle et suggéra la régionalisation de l’Humanité par la création en quatrième page d’une rubrique régionale. Il fut délégué au congrès de Lille (juin 1926) du Parti communiste. En décembre, il devint secrétaire de la VIe Union régionale. En 1927, il était également secrétaire de l’UL de Lyon, remplaçant Serratrice, et présenta à la conférence régionale de mars 1927 un rapport sur la question syndicale. Il assista au IVe congrès de la CGTU (Bordeaux, 19-24 septembre 1927).

Le 26 août 1928, le comité confédéral enregistra sa démission du secrétariat général de la VIe URU, motivée par « son état de santé très précaire ». Claude Cellier*, des cheminots de Lyon, fut désigné à l’unanimité pour le remplacer.

En 1930, il était devenu responsable de l’Opposition unitaire à Lyon et participa à la 1re conférence nationale réunie le 28 décembre 1930 à Paris. Il utilisa le pseudonyme de Vore L. Il s’établit par la suite petit commerçant à Lyon et, après la Seconde Guerre mondiale, anima une association professionnelle qui combattit avec une grande vigueur les propositions du ministre communiste Ambroise Croizat* concernant l’affiliation des commerçants à la Sécurité sociale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128655, notice REVOL Désiré [REVOL Fernand, Désiré] par Roger Pierre et Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Roger Pierre et Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13014, 13032, 13090, 13095, F 22/42. — Arch. Dép. Drôme, 10 M 18, 9 M 25, 35 M 272. — Procès-verbaux (1922-1924) de l’Union des syndicats de la Drôme. — Le Bonhomme Jacquemart, Romans. — La Vie ouvrière, 2 octobre 1925, août 1927, 15 juin 1928. — Arch. du syndicat des maçons et aides, B. T. de Lyon. — BMP, microfilm n° 26, n° 91 et n° 252. — Notes de Jean-Michel Brabant. — Témoignage de Gabriel Vallier.

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