RICHET Gaston

Par Jacques Girault

Né le 30 octobre 1879 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 6 juin 1965 à Paris (XVe arr.) ; émailleur sur métaux et artiste peintre ; maire socialiste SFIO de Châtenay-Malabry (Seine) ; résistant.

Après avoir obtenu le brevet élémentaire, Gaston Richet suivit un enseignement artistique et effectua son service militaire dans l’infanterie. Il travailla pendant treize ans chez Tourrette, maître-émailleur puis s’installa rue Guénégaud (VIe arr.). Il vint en 1902 habiter Sceaux (Seine), au château des Imbergères, où il avait installé son atelier. Il adhéra au Parti socialiste SFIO en 1910. Mobilisé en 1914 dans l’infanterie, après avoir combattu sur le front de l’Argonne, ayant contracté la fièvre typhoïde et replié sur Orléans, il devint dessinateur du général, commandant de la région militaire.

Démobilisé en 1919, Gaston Richet vint se fixer à Châtenay-Malabry, en 1922. Il installa son atelier d’émailleur sur métaux, travaillant pour les bijoutiers parisiens. Il enseignait en outre à l’école des arts appliqués de la rue Dupetit-Thouars à Paris. Le 23 juin 1932, le conseil municipal de Châtenay-Malabry lui confia la décoration de la salle des mariages et de la salle du conseil municipal de la nouvelle mairie. Enseignant aussi le dessin dans les écoles primaires de la commune, il avait été diplômé à l’Exposition de 1937. Ses œuvres allaient de l’encrier et de l’ostensoir offert au pape par les catholiques français au coffret à bijoux de la reine Astrid de Belgique et à la restauration d’émaux des musées parisiens (Louvre, Cluny) ou du trésor de Notre-Dame.

Gaston Richet avait fait partie à Sceaux de la troupe théâtrale du Souvenir scéen. Longtemps vice-président, animateur de diverses fêtes, il en était le président honoraire en 1931. Il présidait en 1929 le groupe théâtral de Châtenay-Malabry. Aussi le conseil municipal le désigna-t-il le 17 mai 1929 comme membre de la commission des fêtes. Il devint, le même jour, membre du conseil d’administration du bureau de bienfaisance avant d’y siéger en 1932, comme délégué de la préfecture. Quand le bureau provisoire du patronage Voltaire se constitua lors de l’assemblée générale inaugurale, le 22 février 1930, il devint directeur général de l’association et le demeura jusqu’en 1934 avant d’en devenir le président. Secrétaire de la caisse des écoles depuis 1929, il exerçait toujours cette responsabilité en 1938. A ce titre, Gaston Richet fit partie du comité local antituberculeux formé en novembre 1930. Franc-maçon (Grand Orient de France), secrétaire adjoint de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme en novembre 1932, il devait faire partie du bureau provisoire du Cercle des amis de la bibliothèque constitué en novembre 1935 tandis que le conseil municipal le désignait en juin 1935 comme commissaire-répartiteur suppléant. Secrétaire du comité électoral de la liste d’entente républicaine et socialiste conduite par Jean Longuet[ pour l’élection municipale de 1935, Gaston Richet joua un rôle important dans la campagne électorale.

Élu lors de l’élection municipale complémentaire en 1938, Gaston Richet devint le 27 mars 1938 quatrième adjoint. Après la mort du maire Jean Longuet, Gaston Richet devint maire de la commune, le 21 octobre 1938. Il eut notamment à régler la procédure judiciaire engagée par la commune, défendue par l’avocat Édouard Depreux contre l’ancien secrétaire général.

Maintenu à la tête de la municipalité, le 9 mai 1941, Gaston Richet eut à proposer à la préfecture les nouveaux membres du conseil municipal définitivement réorganisé le 20 juillet 1941, puis le 1er mars 1942. Parmi les nouveaux édiles, figuraient de nombreux socialistes. Animateur d’un réseau de résistance affilié au mouvement Libération, il réorganisa le Parti socialiste clandestin. Président du comité local de Libération, le 12 août 1944, indiqué comme membre du Front national, il convoqua pour le 5 octobre 1944 la première réunion du conseil municipal provisoire qui le réélut maire à l’unanimité.

A la tête de la liste d’unité socialiste, républicaine et antifasciste, Gaston Richet arriva en 19e position le 29 avril 1945. Réélu maire, il ne se représenta pas aux élections municipales du 19 octobre 1947 mais présida, le dimanche suivant, la première séance du conseil nouvellement élu.

Gaston Richet quitta Châtenay-Malabry et cessa de travailler en 1959. Il habitait alors avenue de la Porte-Brancion à Paris (XIVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article128880, notice RICHET Gaston par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3/46 ; versement 10451/76/1. — Rens. fournis par G. Richet.

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