AMÉTER Léon

Par Yves Claude Lequin

Né le 24 juin 1893 à Fort-du-Plasne (Jura), mort le 24 septembre 1973 à Dôle (Jura) ; cheminot ; communiste du Jura.

D’origine modeste - ses parents étaient de petits fermiers qui peinaient à faire vivre leurs cinq enfants -, Léon Améter entra tôt dans la vie active notamment comme berger. Mobilisé en 1914, il connut les horreurs de la guerre et y perdit son frère.
Sans doute en 1917, il fut embauché comme wagonnier à la Compagnie PLM où il devint par la suite conducteur. Bien que sans tradition militante, il s’engagea dans l’action, la paix revenue, tant sur le plan revendicatif que politique et, en 1920, il prit une part très active aux grèves de sa corporation ; après leur échec et la répression qui suivit, il fut parmi les premiers à entreprendre la reconstitution du syndicat cheminot décapité et désorganisé.
À la même époque, Léon Améter avait adhéré à la SFIO. Partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale, il demeura toutefois quelque temps après le congrès de Tours dans la Fédération socialiste du Jura lorsqu’elle choisit l’autonomie en janvier 1921. Mais à la fin de l’année 1921 ou au début de l’année suivante, il fut de ceux qui s’attachèrent à constituer le Parti communiste dans la région ; ainsi en mai 1922 Léon Améter faisait partie du comité SFIC de la section de Dôle. Pendant la difficile période qui suivit, il continua à participer au travail dans cette section y compris sur le plan de la propagande municipale puisqu’il fut candidat à chacune des élections, recueillant 268 voix en mai 1925 sur 3 229 suffrages exprimés ; 188 en mai 1929 sur 3 251 et 298 en mai 1935 sur 3 364.
Léon Améter ne négligeait pas pour autant l’action syndicale parmi les cheminots et à la tête de l’Union locale CGTU dont il fut le secrétaire en 1927 et en 1928. Les années du Front populaire l’amenèrent à prendre de nouvelles responsabilités : il fut trésorier général du syndicat unifié des cheminots de Dôle en 1936 puis, au moins à partir d’avril 1939, trésorier général de la Bourse du Travail de la même localité.
Léon Améter paya une nouvelle fois tribut à la guerre : son fils fut tué lors du bombardement de Dôle et lui-même arrêté le 24 septembre 1942 dans son village natal et interné à Écrouves (Meurthe-et-Moselle). Libéré le 21 mai 1943, il reprit son travail à la SNCF et participa localement à la Résistance ; de nouveau recherché, il s’enfuit et se réfugia dans un village de la région.
À la Libération, Léon Améter fut l’un des communistes nommés conseillers municipaux de Dôle (24 septembre 1944). Il devait le demeurer près de seize années : confirmé par les élections du 29 avril 1945 (présenté sur une « liste résistance d’unité nationale », et rassemblant sur son nom 3 763 voix sur 6 311 suffrages exprimés) réélu en octobre 1947 et en avril 1953. Seule la suppression du scrutin proportionnel lui fit perdre son mandat en 1959. Le 24 novembre 1946, Léon Améter fut tête de liste du canton de Dôle aux élections des délégués au collège départemental (les grands électeurs) chargé d’élire le conseiller de la République. Parallèlement, il avait poursuivi son activité militante : il fut pratiquement jusqu’à sa mort, trésorier de la section locale du PCF et, lorsqu’à 80 ans, Léon Améter fut renversé et tué par une voiture, c’était au retour de sa vente hebdomadaire de l’Humanité-Dimanche.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129, notice AMÉTER Léon par Yves Claude Lequin, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 21 février 2012.

Par Yves Claude Lequin

SOURCES : Arch. Dép. Jura, M suppl. 127. — Arch. Mun. Dôle, 7F3 et série K13 : registre des délibérations municipales, 1K3, 1946. — B. Littardi, La Vie politique à Dôle à la Libération (1944-1946), Mémoire de Maîtrise, Université de Franche-Comté, 1993. — Fichier de Mme Baud, correspondante départementale du CHG. — Le Jura socialiste, 8 janvier 1921. — Lettre de la veuve et de la fille de Léon Améter, janvier 1975. — A. Besson, Une poignée de braves 1965, page 28.

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