RIVET Étienne. Pseudonyme : Jules

Né le 21 décembre 1884 au Vigen (Haute-Vienne), mort le 28 juin 1969 ; typographe puis imprimeur ; militant syndicaliste de Limoges ; résistant.

Fils de Jean River, maçon, et de Françoise Béchade, Étienne Rivet, typographe, participa en 1909 au mouvement de grève. Il partit ensuite travailler à Bordeaux où il resta trois ans. Il revint à Limoges (Haute-Vienne) et travailla comme typographe à l’imprimerie du Courrier du Centre, puis au Populaire du Centre. En janvier 1914, il était secrétaire du syndicat des typographes de Limoges et en 1920, secrétaire de la Bourse du Travail avec Louis Bert, en remplacement de Jean Rougerie.

Mobilisé en aout 1914, Rivet fut blessé en 1915 et 1916 et fut finalement réformé en 1917 du fait de ses blessures.

En 1924, Étienne Rivet s’établit imprimeur à son compte. Il s’associa en 1928 avec Knorring puis assura seul l’exploitation à partir de juillet 1930. Ayant embauché des femmes, il ne put pas obtenir le label syndical de la Fédération ouvrière de l’imprimerie. Il imprimait le journal communiste le Travailleur du Centre-Ouest et diverses publications communistes ou sympathisantes, des affiches et du matériel de propagande ainsi que des publications anarchistes : La Voix libertaire de Sébastien Faure, L’En dehors d’E. Armand, Le Combat syndicaliste de la CGT-SR (pour le compte de Pierre Pérrissaguet) et ses ouvrages, L’Encyclopédie anarchiste, dirigée par S. Faure et les brochures du philosophe Lucien Barbedette. Dans un rapport du 10 décembre 1936, le préfet notait qu’il effectuait tous les travaux qui lui étaient confiés « sans tenir compte des opinions politiques de ses clients. » En tant qu’imprimeur du Travailleur du Centre, il avait été condamné, avec le gérant, à une amende pour avoir nommé des personnes complices « des fusilleurs d’ouvriers ».

Pendant l’Occupation, Étienne Rivet fut imprimeur clandestin du Parti communiste et diffuseur de publications communistes. Conseiller municipal de Limoges du 13 mai 1945 au 19 octobre 1947, il brigua à nouveau siège, sans succès, en 1947 et 1953. Lorsque Rivet prit sa retraite, son imprimerie fut transformée en société anonyme « Imprimerie Rivet et Cie, Limoges » qui imprimait surtout des journaux et des publications communistes, entreprise encore très active en 2020, sous le nom de River Presse Edition.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129076, notice RIVET Étienne. Pseudonyme : Jules, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 7 mai 2020.

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne 1 R 642 (n°2002) registre matricule [en ligne]. - Arch. Nat. F7/13023. — Notes d’A. Perrier. — Rens. mairie de Limoges. — CAC, versement 19940500, fonds revenus de Moscou, 5152, préfet, 10 décembre 1936. - Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979, p. 295-296.

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