RIVOLLIER Auguste dit Philibert

Né le 22 septembre 1886 à Saint-Étienne (Loire), mort le 10 mars 1945 à Neuengamme (Allemagne), en déportation ; ouvrier verrier ; militant syndicaliste de la Loire ; résistant.

Ouvrier verrier à l’usine Roches frères dans sa ville natale, Philibert Rivollier, secrétaire du syndicat des verriers, participa en 1911 à la création de l’Union départementale dont il devint secrétaire adjoint. Membre actif du conseil d’administration de la Bourse du Travail, il prit part aux luttes contre la loi Millerand, fut l’un des organisateurs du 1er Mai 1912 (il alla présider le meeting de Firminy) et lança avec succès l’ordre de grève contre la guerre chez les verriers de la vallée de Gier. En 1912, il participa au congrès national de la fédération qui se tint à Chimay (Belgique) — à la place de Fourmies (Nord), site initialement prévu — pour cause de la condamnation de son secrétaire général Delzant à un an de prison et 100 francs d’amende, par défaut, pour « provocation au pillage » en application des « lois scélérates » de 1893-1894. Celui-ci s’était donc réfugié en Belgique et ne put obtenir un sauf-conduit pour revenir en France, afin d’assister au congrès.

Après la guerre, toujours secrétaire de son syndicat, il participa au XVIe congrès national des verriers qui se tint à Paris du 3 au 6 septembre 1919 où il présenta un ordre du jour en faveur de la IIIe Internationale qui fut repoussé par 58 voix contre 6. Lors du Comité national de la fédération, tenu du 21 février , 1er et 2 mars 1920 à Paris, avec Herman*, Sue* et Houg*, il déclara ne pas accepter l’ordre du jour voté à la réunion du Comité confédéral national relatif à l’exclusion des syndicats se prononçant pour l’adhésion à l’internationale de Moscou. Il était pour la liberté d’opinion et demanda au CN de protester avec lui.

Présent à Saint-Étienne au Ier congrès national de la CGTU (24-25 juin 1922), Philibert Rivollier présida la séance du 24 assisté de Florentin Destrées et Truyens. Ce congrès élut Sue et Herman comme secrétaire et ce dernier comme trésorier (par 23 voix contre 16 à Rivollier, sur 41 votants). En 1926, il participa au 3e congrès de celle-ci. Il était militant du groupe anarchiste-communiste de Saint-Étienne. Il adhéra au Comité pour l’indépendance du syndicalisme et pour l’unité syndicale (voir Maurice Chambelland).

A partir de 1936, il fut le secrétaire de la section fédérale du sud-Est de la fédération réunifiée des travailleurs du verre.

Exclu de la CGT en septembre 1939, le 6 octobre, il fut embauché comme manœuvre à la manufacture d’armes de Saint-Étienne. Le 11 avril 1940, il fut licencié pour motifs politiques, possiblement en raison de la dissolution du PCF par le gouvernement français à cause du pacte germano-soviétique. Résistant FTPF pendant l’Occupation, Rivollier fut arrêté le 14 juin 1944, interné à la caserne Desnoettes à Saint-Étienne puis à Compiègne et déporté le 15 juillet 1944 à Neuengamme où il mourut le 10 mars 1945.

Son nom figure sur le monument aux morts de la Résistance de la Manufacture d’armes de Saint-Étienne, parmi les 14 morts en déportation. Sa fiche sur le site de la fondation pour la mémoire de la déportation lui affecte la mention "Personnalité-otage".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article129127, notice RIVOLLIER Auguste dit Philibert , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 juin 2019.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13060. — Arch. Dép. Loire, 10 M 160 et 93 M 112. — La Voix des Verriers, février 1912, mai 1919, mai 1920, mars 1921, 1er mars 1924 (BNF) — L’Humanité, 30 juillet 1926, 7 décembre 1936) — Papiers U. Thévenon. — site web Forez-info. — Livre Mémorial des Déportés de France, F.M.D., Tome 2 p 1263. — MémorialGenWeb, Monument aux morts de la MAS de Saint-Étienne — Site sweb de la fondation pour la mémoire de la déportation, Transport parti de Compiègne le 15 juillet 1944 I.247 — Notes de Gilles Pichavant.

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